Paquets-années
Exposition tabagique cumulée, unité qui conditionne l'éligibilité au dépistage du cancer bronchique.
2 champs restants
Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.
À quoi sert cet outil ?
Le risque lié au tabac dépend de la quantité cumulée, non de la consommation actuelle. Le paquet-année en est l'unité universelle : c'est elle qui définit l'éligibilité au dépistage du cancer bronchique par scanner faible dose, et qui situe le risque de bronchopneumopathie chronique obstructive.
Comment est-il calculé ?
Un paquet-année correspond à un paquet de vingt cigarettes fumé quotidiennement pendant un an. Le calcul est le produit du nombre de cigarettes par jour divisé par vingt, et du nombre d'années de tabagisme.
Interprétation
- Exposition faible
Moins de 10 paquets-années. Exposition faible, mais aucun seuil n'est sans risque : le bénéfice de l'arrêt est immédiat et croît avec le temps. Proposer un accompagnement au sevrage.
- Exposition modérée
De 10 à 20 paquets-années. Le risque de bronchopneumopathie chronique obstructive devient significatif : rechercher une dyspnée d'effort et proposer une spirométrie. Accompagnement au sevrage, dont le bénéfice reste majeur à ce stade.
- Exposition importante
De 20 à 40 paquets-années. Seuil retenu dans plusieurs programmes de dépistage du cancer bronchique par scanner faible dose, chez les fumeurs actifs ou sevrés depuis moins de quinze ans, entre 50 et 74 ans. Spirométrie et accompagnement au sevrage indiqués.
- Exposition majeure
Plus de 40 paquets-années. Exposition majeure, associée à un risque élevé de cancer bronchique, de bronchopneumopathie chronique obstructive et de maladie cardiovasculaire. Dépistage, spirométrie et sevrage accompagné, dont le bénéfice reste démontré à tout âge.
Quand l’utiliser ?
À toute consultation abordant le tabac, avant une chirurgie, dans le bilan d'une dyspnée, et pour évaluer l'éligibilité au dépistage du cancer bronchique.
Limites
- La consommation déclarée est presque toujours SOUS-ESTIMÉE, en particulier en médecine du travail, en préopératoire et lors d'un bilan pré-greffe.
- Le calcul ignore le tabagisme passif, la profondeur d'inhalation et le type de tabac, qui modifient le risque à consommation égale.
- Le tabac roulé se convertit approximativement à raison d'un gramme par cigarette : les fumeurs de tabac roulé sous-estiment fréquemment leur consommation.
- Il ne prend en compte ni le cannabis, ni la chicha — une séance de chicha équivalant à plusieurs dizaines de cigarettes en volume de fumée inhalée.
- L'arrêt du tabac réduit progressivement le risque, mais le nombre de paquets-années reste acquis : il ne diminue jamais.
Questions fréquentes
- Le nombre de paquets-années diminue-t-il après l arrêt ?
- Non, jamais : c'est une exposition cumulée, définitivement acquise. Ce qui diminue avec le temps, c'est le SURRISQUE, qui décroît progressivement après l'arrêt sans rejoindre complètement celui d'un non-fumeur.
- Comment compter le tabac roulé ?
- Environ un gramme de tabac par cigarette. Un fumeur consommant trente grammes par semaine fume donc l'équivalent d'environ quatre cigarettes par jour — une conversion que les intéressés sous-estiment fréquemment.
Références
- US Preventive Services Task Force. Screening for Lung Cancer: US Preventive Services Task Force Recommendation Statement. JAMA. 2021. DOI 10.1001/jama.2021.1117
Outils associés
Test de Fagerström simplifié (indice HSI)
Évaluation en deux questions du degré de dépendance physique à la nicotine, à partir du nombre de cigarettes et du délai avant la première cigarette.
Classification GOLD de la BPCO
Classement d'une bronchopneumopathie chronique obstructive par la sévérité de l'obstruction et par les groupes A, B et E.
Arrêt du tabac : niveau d’accompagnement
Repérage du niveau d'accompagnement à proposer pour un arrêt du tabac, du conseil bref au suivi spécialisé.
Hémoptysie : gravité et orientation
Gradation d'une hémoptysie, dont la gravité tient à l'asphyxie et non à la déglobulisation.
1000 outils publiés sur cette plateforme. Cet outil est une aide à la pratique clinique et ne remplace pas le jugement du professionnel de santé.