Classification GOLD de la BPCO
Classement d'une bronchopneumopathie chronique obstructive par la sévérité de l'obstruction et par les groupes A, B et E.
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À quoi sert cet outil ?
La classification GOLD sépare deux dimensions qu'on confond souvent : la sévérité de l'OBSTRUCTION, mesurée au VEMS, et le retentissement CLINIQUE combinant symptômes et exacerbations. C'est la seconde qui détermine le traitement de fond — un patient très obstrué mais peu symptomatique ne relève pas de la même prise en charge qu'un patient peu obstrué mais exacerbateur.
Comment est-il calculé ?
Le stade d'obstruction se lit sur le VEMS rapporté à la valeur théorique, après bronchodilatateur, chez un patient dont le rapport VEMS sur capacité vitale forcée est inférieur à 0,70. Le groupe combine les symptômes — échelle mMRC ou questionnaire CAT — et les exacerbations de l'année écoulée. Depuis 2023, les anciens groupes C et D sont fusionnés en un groupe E.
Interprétation
- Groupe A — peu symptomatique, peu exacerbateur
Peu de symptômes et au plus une exacerbation sans hospitalisation. Groupe A : un bronchodilatateur de courte ou de longue durée d'action suffit. Sevrage tabagique, vaccination et activité physique sont les mesures les plus efficaces à ce stade, davantage que tout médicament.
- Groupe B — symptomatique, peu exacerbateur
Symptômes marqués — mMRC d'au moins 2 ou CAT d'au moins 10 — avec au plus une exacerbation sans hospitalisation. Groupe B : association de deux bronchodilatateurs de longue durée d'action, et réhabilitation respiratoire, dont le bénéfice est majeur à ce stade.
- Groupe E — exacerbateur
Au moins deux exacerbations dans l'année, ou une avec hospitalisation. Groupe E, qui remplace depuis 2023 les anciens groupes C et D : association de deux bronchodilatateurs de longue durée d'action, avec ajout d'un corticoïde inhalé si les éosinophiles sanguins dépassent 300 par microlitre. Réhabilitation respiratoire et plan d'action écrit.
Quand l’utiliser ?
À la confirmation spirométrique du diagnostic, puis à chaque réévaluation annuelle ou après une exacerbation, pour ajuster le traitement de fond.
Limites
- Le diagnostic exige une spirométrie AVEC bronchodilatateur montrant un rapport VEMS sur capacité vitale forcée inférieur à 0,70 : sans spirométrie, il n'y a pas de diagnostic de BPCO.
- Le rapport fixe de 0,70 sur-diagnostique la BPCO chez la personne âgée, dont le rapport baisse physiologiquement, et la sous-diagnostique chez le sujet jeune.
- Le stade d'obstruction est mal corrélé aux symptômes et à la qualité de vie : c'est le groupe, non le stade, qui détermine le traitement.
- La classification ne prend en compte ni les comorbidités — cardiovasculaires, dénutrition, ostéoporose, dépression — ni le tabagisme actif, pourtant déterminants du pronostic.
- Les exacerbations de l'année écoulée sont le meilleur prédicteur des exacerbations futures : leur recueil doit être précis, y compris celles non hospitalisées.
Questions fréquentes
- Stade ou groupe : lequel détermine le traitement ?
- Le GROUPE. Le stade décrit l'obstruction au VEMS, mal corrélée aux symptômes et à la qualité de vie. C'est la combinaison symptômes et exacerbations — le groupe A, B ou E — qui guide le traitement de fond.
- Que sont devenus les groupes C et D ?
- Ils ont été fusionnés en un groupe E dans le rapport GOLD 2023. La distinction reposait sur les symptômes chez les exacerbateurs, mais elle ne changeait pas le traitement : le nombre d'exacerbations prime.
Références
- Global Initiative for Chronic Obstructive Lung Disease. Global Strategy for the Diagnosis, Management, and Prevention of Chronic Obstructive Pulmonary Disease: 2023 Report. GOLD. 2023.
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