Échelle de dyspnée mMRC
Gradation de la dyspnée d'effort en cinq niveaux, de 0 à 4, utilisée dans la classification et le suivi de la BPCO.
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À quoi sert cet outil ?
La dyspnée est le symptôme qui détermine la qualité de vie du patient bronchopathe, et elle est mal corrélée aux épreuves fonctionnelles respiratoires. L'échelle mMRC la cote sur cinq niveaux et entre directement dans la classification GOLD de la BPCO, qui conditionne le traitement de fond.
Comment est-il calculé ?
Cinq niveaux décrivent le seuil d'effort déclenchant l'essoufflement : dyspnée pour un effort intense seulement au niveau 0 ; à la marche rapide ou en légère pente au niveau 1 ; obligation de ralentir ou de s'arrêter en marchant à plat au niveau 2 ; arrêt après une centaine de mètres au niveau 3 ; impossibilité de quitter le domicile ou dyspnée à l'habillage au niveau 4.
Interprétation
- Dyspnée peu invalidante
Grade 0 ou 1. Dans la classification GOLD, ces grades placent le patient dans les groupes à faible retentissement symptomatique. Vérifier néanmoins le nombre d'exacerbations, qui pèse autant que les symptômes.
- Dyspnée invalidante
Grade 2. Seuil retenu par GOLD pour définir un retentissement symptomatique significatif. Une réhabilitation respiratoire est indiquée à partir de ce niveau, et le traitement de fond doit être réévalué.
- Dyspnée sévère
Grade 3 ou 4. Dyspnée très invalidante, limitant fortement l'autonomie. Réhabilitation respiratoire, évaluation d'une oxygénothérapie de longue durée, et recherche d'une cause associée — insuffisance cardiaque, anémie, déconditionnement.
Quand l’utiliser ?
À chaque consultation de suivi d'une BPCO ou d'une pathologie respiratoire chronique, pour classer le patient dans la stratification GOLD, décider d'une réhabilitation respiratoire et objectiver l'évolution.
Limites
- L'échelle est unidimensionnelle et ne mesure que le retentissement de la dyspnée sur la marche : elle ignore la toux, l'expectoration et l'impact psychologique, que le questionnaire CAT évalue mieux.
- Elle est mal interprétable chez le patient dont la marche est limitée par une autre cause — artériopathie, arthrose, insuffisance cardiaque — car le seuil d'effort n'est jamais atteint.
- Elle ne distingue pas l'origine respiratoire de l'origine cardiaque de la dyspnée : c'est un descripteur, pas un outil diagnostique.
- Sa granularité est faible : un patient peut s'aggraver nettement sans changer de niveau.
Questions fréquentes
- Quelle différence avec la classification NYHA ?
- Les deux gradent la dyspnée d'effort, mais mMRC est l'échelle de référence en pneumologie et entre dans la classification GOLD de la BPCO, tandis que NYHA est celle de l'insuffisance cardiaque. Chez un patient ayant les deux pathologies, les deux échelles sont souvent renseignées.
Références
- Bestall JC, Paul EA, Garrod R, et al.. Usefulness of the Medical Research Council (MRC) dyspnoea scale as a measure of disability in patients with chronic obstructive pulmonary disease. Thorax. 1999. DOI 10.1136/thx.54.7.581
Outils associés
Classification NYHA de l insuffisance cardiaque
Gradation fonctionnelle de la dyspnée dans l'insuffisance cardiaque, en quatre classes, de l'absence de gêne à la dyspnée de repos.
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