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CliniOutils

Échelle de Borg (perception de l'effort)

Cotation de l'intensité perçue d'un effort, de 6 à 20, pour guider l'entraînement et la réadaptation.

Version 1.0.0 — revu le 28/08/2026
Perception de l'effort

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À quoi sert cet outil ?

La fréquence cardiaque ne guide plus rien sous bêtabloquant, en fibrillation atriale ou avec un pacemaker — c'est-à-dire chez une grande partie des patients en réadaptation. L'échelle de Borg reste alors le seul repère utilisable, et elle a l'avantage d'intégrer la fatigue périphérique et la dyspnée, que la fréquence ignore.

Comment est-il calculé ?

L'échelle originale va de 6 à 20, construite pour qu'une cotation multipliée par dix approche la fréquence cardiaque d'un adulte jeune sain. La zone d'entraînement d'endurance se situe habituellement entre 12 et 14, où le sujet peut encore parler par phrases.

Interprétation

  • Intensité très faible

    Cotation de 6 à 10 : effort très léger, correspondant à un échauffement ou à une récupération. Insuffisant pour obtenir un bénéfice cardiovasculaire d'entraînement, mais approprié en début de réadaptation ou chez un sujet très déconditionné.

  • Intensité modérée

    Cotation de 11 à 14 : zone d'endurance, celle qui apporte le bénéfice cardiovasculaire. Repère simple : le sujet peut encore parler par phrases mais pas chanter. C'est l'intensité visée dans la plupart des programmes d'activité physique adaptée.

  • Intensité élevée

    Cotation de 15 à 16 : effort difficile, réservé au travail fractionné chez un sujet entraîné ou à un stade avancé de réadaptation. Une cotation élevée pour un effort modeste doit faire chercher une cause — anémie, insuffisance cardiaque, pathologie respiratoire, déconditionnement.

  • Intensité maximale

    Cotation de 17 à 20 : effort très difficile à épuisant. Ce niveau n'a pas sa place dans une activité physique adaptée non supervisée. Une douleur thoracique, un malaise ou une dyspnée disproportionnée imposent l'ARRÊT et une évaluation, quelle que soit la cotation.

Quand l’utiliser ?

En réadaptation cardiaque ou respiratoire, en prescription d'activité physique adaptée, et chaque fois que la fréquence cardiaque n'est pas exploitable.

Limites

  • La cotation est SUBJECTIVE et dépend de l'expérience du sujet : elle doit être expliquée avant la première utilisation, avec des repères concrets — le test de la parole est le plus simple.
  • La correspondance historique entre cotation et fréquence cardiaque — cotation × 10 — ne vaut que chez l'adulte jeune sain : elle ne s'applique ni à la personne âgée, ni sous traitement bradycardisant.
  • L'échelle originale en 6-20 et l'échelle modifiée en 0-10 sont DIFFÉRENTES : préciser laquelle est utilisée, sous peine de comparer des cotations incomparables.
  • Une cotation élevée pour un effort modeste doit faire chercher une cause : anémie, insuffisance cardiaque, pathologie respiratoire, déconditionnement, dépression.
  • Une DOULEUR THORACIQUE, un malaise ou une dyspnée disproportionnée imposent l'arrêt et une évaluation, quelle que soit la cotation.
  • L'échelle mesure l'effort PERÇU, non la dépense énergétique : deux sujets cotant 13 ne travaillent pas à la même puissance.

Questions fréquentes

Quand préférer Borg à la fréquence cardiaque ?
Sous bêtabloquant, en fibrillation atriale, avec un pacemaker — situations où la fréquence ne reflète plus l'intensité. Borg reste alors le seul repère utilisable, et il intègre en outre la fatigue périphérique et la dyspnée.
Comment expliquer l échelle à un patient ?
Par le test de la parole : autour de 12-14, on peut parler par phrases mais pas chanter ; au-delà de 16, on ne dit plus que quelques mots. C'est le repère le plus concret et le plus reproductible.

Références

  1. Borg GA. Psychophysical bases of perceived exertion. Medicine and Science in Sports and Exercise. 1982.

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