Cirrhose : dénutrition et fonte musculaire
Repérage d'une dénutrition et d'une fonte musculaire au cours d'une cirrhose.
9 champs restants
Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.
À quoi sert cet outil ?
La dénutrition est constante et invisible : l'ascite et les œdèmes maintiennent un poids apparemment stable, voire en hausse, pendant que la masse musculaire fond. Deux conduites l'aggravent : un régime sans sel appliqué strictement, qui rend les repas immangeables et fait chuter les apports, et l'ancienne idée d'une restriction en protéines, qui n'a plus lieu d'être et prive le patient de ce dont il a le plus besoin.
Comment est-il calculé ?
La fonte musculaire majeure avec chutes et la restriction protéique appliquée basculent seules vers l'action urgente. Le poids suivi sans tenir compte de l'ascite, le régime sans sel restrictif, la collation du soir non conseillée, l'absence d'évaluation musculaire et le jeûne prolongé élèvent le total. Un état nutritionnel suivi et stable diminue le total.
Interprétation
- État nutritionnel préservé
État nutritionnel suivi, apports maintenus, masse musculaire stable. Continuer d'évaluer la MASSE MUSCULAIRE plutôt que le poids, trompeur en présence d'ascite.
- Quantifier les apports
Apports réels non quantifiés. Les estimer sur quelques jours révèle des écarts importants entre le régime PRESCRIT et ce qui est réellement mangé.
- Corriger les consignes
Poids mal interprété, régime sans sel restrictif, collation non conseillée, masse musculaire non évaluée, ou jeûnes prolongés. Le JEÛNE nocturne est mal toléré : une collation tardive est simple, efficace et rarement conseillée.
- Reprendre sans délai
Fonte musculaire avec chutes, ou restriction protéique appliquée. La restriction en PROTÉINES doit être levée : elle aggrave exactement ce qu'il faut préserver.
Quand l’utiliser ?
À chaque consultation de suivi d'une cirrhose.
Limites
- Le POIDS est trompeur : l'ascite et les œdèmes le maintiennent stable ou l'augmentent pendant que la masse musculaire fond. Se fier au poids seul fait manquer la dénutrition.
- La restriction en PROTÉINES n'a plus lieu d'être : elle prive le patient de ce dont il a le plus besoin, et elle est encore appliquée par habitude ou par crainte de l'encéphalopathie.
- Un régime sans SEL appliqué strictement rend les repas immangeables et fait chuter les apports globaux : l'objectif est un compromis tenable, pas une restriction maximale.
- Le JEÛNE nocturne prolongé est particulièrement mal toléré dans la cirrhose : une collation tardive est une mesure simple, efficace et rarement conseillée.
- L'évaluation de la MASSE MUSCULAIRE — force de préhension, difficultés à se relever d'une chaise, périmètre du bras — apporte davantage que le poids et ne demande aucun matériel.
- Cet outil ne fixe aucun apport, ne reproduit aucun score nutritionnel, et ne remplace ni l'évaluation diététique, ni l'avis hépatologique.
Questions fréquentes
- Pourquoi le poids est-il trompeur ?
- Parce que l'ascite et les œdèmes le maintiennent stable ou l'augmentent pendant que la masse musculaire fond. La force musculaire renseigne mieux.
- Faut-il restreindre les protéines ?
- Non : cette restriction n'a plus lieu d'être et prive le patient de ce dont il a le plus besoin. Elle est encore appliquée par habitude.
Références
- European Association for the Study of the Liver. EASL clinical practice guidelines on nutrition in chronic liver disease. Journal of Hepatology. 2019. DOI 10.1016/j.jhep.2018.06.024
- Dasarathy S, Merli M. Sarcopenia in cirrhosis: from pathogenesis to interventions. Journal of Hepatology. 2016. DOI 10.1016/j.jhep.2016.07.040
Outils associés
Cirrhose compensée : suivi et dépistage
Repérage des éléments du suivi d'une cirrhose compensée et des situations de décompensation.
Sarcopénie : repérage chez la personne âgée
Repérage de la sarcopénie et de son retentissement fonctionnel chez la personne âgée.
Élastographie hépatique : ce qu’elle dit et ne dit pas
Interprétation d'une mesure non invasive de la dureté hépatique et repérage des situations qui la faussent.
Première ascite : ce qui se décide d’emblée
Repérage de ce qui doit être fait dès la première décompensation ascitique, et des erreurs qui aggravent l'évolution.
1000 outils publiés sur cette plateforme. Cet outil est une aide à la pratique clinique et ne remplace pas le jugement du professionnel de santé.