Vaginisme et douleur à la pénétration : ne pas forcer l’examen
Conduite devant une douleur ou une impossibilité de pénétration, où l'examen forcé aggrave durablement la situation.
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À quoi sert cet outil ?
La situation se reconnaît souvent au cabinet : l'examen est impossible, ou très douloureux, et la tentation est d'insister « juste un peu » pour vérifier. C'est précisément ce qu'il ne faut pas faire — chaque examen forcé renforce l'appréhension et la contraction, et referme la porte pour longtemps. Ce qui aide est de nommer le mécanisme, d'expliquer que la contraction n'est pas volontaire, d'écarter une cause locale sans imposer d'examen complet, et de dire qu'une prise en charge existe et fonctionne.
Comment est-il calculé ?
L'examen forcé malgré la douleur et l'absence de toute information sur les prises en charge existantes basculent seuls vers la reprise immédiate. Le mécanisme non expliqué, la cause locale non recherchée avec douceur, les violences antérieures non abordées, le retentissement sur le couple non évoqué et l'absence d'orientation élèvent le total. Une situation nommée avec une prise en charge proposée diminue le total.
Interprétation
- Situation nommée
Situation nommée, mécanisme expliqué, orientation proposée. Ne jamais reprendre un examen FORCÉ, même en cas d'urgence apparente de bilan.
- Aborder le projet
Projet de grossesse non abordé. Il change les DÉLAIS et la façon dont la prise en charge est reçue.
- Expliquer et orienter
Mécanisme non expliqué, cause locale non cherchée, violences non abordées, couple non évoqué ou aucune orientation. La contraction n'est pas VOLONTAIRE, et le dire lève une culpabilité constante.
- Reprendre sans attendre
Examen poursuivi malgré la douleur, ou aucune information donnée. Un examen FORCÉ referme la porte pour longtemps.
Quand l’utiliser ?
Devant une douleur à la pénétration, un examen gynécologique impossible ou une non-consommation.
Limites
- Un examen FORCÉ renforce l'appréhension et la contraction : il aggrave durablement la situation et ferme la porte pour longtemps.
- La contraction n'est pas VOLONTAIRE : le dire explicitement lève une culpabilité constante et change la façon dont la personne aborde la suite.
- Une cause LOCALE se recherche, mais avec douceur et progressivement : l'examen complet n'est pas un préalable au diagnostic.
- Des violences ANTÉRIEURES peuvent être en cause : la question s'ouvre sans insister, et ne se pose pas au premier rendez-vous par principe.
- Des prises en charge EXISTENT et fonctionnent : ne pas le dire laisse penser qu'il faudra faire avec, et fait renoncer à consulter.
- Cet outil ne pose aucun diagnostic, ne décrit aucune technique et ne remplace ni l'examen ni l'avis spécialisé.
Questions fréquentes
- Faut-il insister pour réaliser l’examen ?
- Non : chaque examen forcé renforce l'appréhension et la contraction, et aggrave durablement la situation.
- Que dire à la personne ?
- Que la contraction n'est pas volontaire, et que des prises en charge existent et fonctionnent. Les deux lèvent une culpabilité constante.
Références
- Reissing ED, Binik YM, Khalifé S, Cohen D, Amsel R. Vaginal spasm, pain, and behavior: an empirical investigation of the diagnosis of vaginismus. Archives of Sexual Behavior. 2004.
- Lahaie MA, Boyer SC, Amsel R, Khalifé S, Binik YM. Vaginismus: a review of the literature on classification, diagnosis, etiology and treatment. Women's Health. 2010.
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