Acouphènes : orientation
Orientation devant un acouphène : formes justifiant une imagerie, et évaluation du retentissement.
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À quoi sert cet outil ?
L'acouphène chronique n'a pas de traitement médicamenteux dont l'efficacité soit établie, et l'errance thérapeutique aggrave souvent la souffrance. L'utilité d'une consultation est ailleurs : repérer les rares formes qui appellent une imagerie — pulsatile, strictement unilatérale — et évaluer un retentissement qui peut aller jusqu'aux idées suicidaires.
Comment est-il calculé ?
Deux caractéristiques déplacent l'acouphène hors du cadre banal : son caractère pulsatile, synchrone du pouls, qui oriente vers une cause vasculaire, et son caractère strictement unilatéral, surtout avec surdité. Le retentissement sur le sommeil, l'humeur et la vie quotidienne est évalué séparément, et les idées suicidaires basculent seules la situation.
Interprétation
- Acouphène sans signe d’alerte
Acouphène bilatéral, ancien et bien toléré. Expliquer le mécanisme, rassurer sur l'absence de cause menaçante, et donner les mesures utiles : protection contre le bruit, environnement sonore enrichi plutôt que silence, hygiène de sommeil. Aucune imagerie n'est nécessaire dans cette configuration.
- Bilan audiologique
Surdité associée, unilatéralité ou traitement ototoxique. Audiométrie et avis ORL. Devant une surdité associée, proposer un APPAREILLAGE : il améliore souvent l'acouphène en même temps que l'audition, et c'est l'une des rares mesures dont le bénéfice est constaté.
- Exploration ciblée
Acouphène PULSATILE, ou unilatéral avec surdité. Un acouphène pulsatile impose une imagerie vasculaire — fistule durale, sténose veineuse, tumeur du glomus. Un acouphène strictement unilatéral impose une IRM à la recherche d'un schwannome vestibulaire. Ces deux situations sortent du cadre de l'acouphène commun.
- Retentissement psychiatrique
Idées noires ou suicidaires. La souffrance liée à un acouphène peut être sévère et elle est fréquemment banalisée. Évaluation psychiatrique, et orientation vers une thérapie cognitivo-comportementale, qui a la meilleure démonstration sur le retentissement. Ne pas promettre de traitement médicamenteux : aucun n'a d'efficacité établie sur l'acouphène chronique.
Quand l’utiliser ?
Devant toute plainte d'acouphène, récente ou ancienne.
Limites
- Un acouphène PULSATILE, synchrone du pouls, n'est pas un acouphène banal : il impose une imagerie vasculaire à la recherche d'une fistule durale, d'une sténose veineuse, d'une tumeur du glomus ou d'une dissection.
- Un acouphène strictement UNILATÉRAL, en particulier avec baisse d'audition du même côté, impose une IRM à la recherche d'un schwannome vestibulaire.
- Il n'existe AUCUN traitement médicamenteux dont l'efficacité soit établie sur l'acouphène chronique. Le dire honnêtement, plutôt que d'enchaîner des prescriptions successives, évite l'errance et permet d'orienter vers ce qui marche réellement.
- Ce qui a la meilleure démonstration porte sur le RETENTISSEMENT, pas sur le bruit lui-même : thérapies cognitivo-comportementales, et appareillage auditif lorsqu'il existe une surdité associée — l'appareillage améliore souvent l'acouphène en même temps que l'audition.
- Le retentissement psychologique peut être SÉVÈRE : évaluer l'humeur et poser la question des idées suicidaires fait partie de la consultation, d'autant que la plainte est fréquemment banalisée par l'entourage et par les soignants.
- Cet outil ne mesure ni l'intensité ni la gêne selon une échelle validée, et ne remplace ni l'examen otologique, ni l'audiométrie.
Questions fréquentes
- Quels acouphènes imposent une imagerie ?
- Les acouphènes pulsatiles, synchrones du pouls, qui appellent une imagerie vasculaire, et les acouphènes strictement unilatéraux, surtout avec surdité, qui appellent une IRM.
- Existe-t-il un médicament efficace contre les acouphènes ?
- Aucun dont l'efficacité soit établie sur l'acouphène chronique. Ce qui a la meilleure démonstration porte sur le retentissement : thérapies cognitivo-comportementales et appareillage auditif quand il existe une surdité.
Références
- Tunkel DE, Bauer CA, Sun GH, et al.. Clinical practice guideline: tinnitus. Otolaryngology–Head and Neck Surgery. 2014. DOI 10.1177/0194599814545325
- Baguley D, McFerran D, Hall D. Tinnitus. The Lancet. 2013. DOI 10.1016/S0140-6736(13)60142-7
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