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Dépression de l'adolescent : repérage

Repérage d'une dépression chez l'adolescent, dont la présentation par l'irritabilité fait manquer le diagnostic.

Version 1.0.0 — revu le 28/08/2026
Idées suicidaires, plan ou geste

Question à poser directement : la poser n induit rien.

Conduites d'automutilation
Perte d'intérêt et de plaisir pour ce qui plaisait avant
Retrait, abandon des activités et des amis
Chute des résultats scolaires ou absentéisme
Harcèlement, violences, ou difficultés liées à l'identité
Irritabilité, colères, hostilité inhabituelles

Présentation fréquente à cet âge, et principale cause de méconnaissance.

Consommation d’alcool, de cannabis ou d’autres substances
Troubles du sommeil ou de l'appétit
Évolution depuis plus de deux semaines

10 champs restants

Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.

À quoi sert cet outil ?

À l'adolescence, la dépression se présente plus souvent par l'irritabilité, les colères et le retrait que par la tristesse exprimée — ce qui la fait passer pour une « crise d'adolescence » et retarde la prise en charge de mois. Or c'est un âge où le risque suicidaire est élevé, et où le repérage précoce change réellement la trajectoire.

Comment est-il calculé ?

Les éléments réunis privilégient ce qui distingue une dépression d'un passage difficile : l'anhédonie, le retrait des activités et des amis, la chute des résultats, la durée, et les conduites associées — substances, automutilation. Le contexte de harcèlement ou de violences pèse à part, et les idées suicidaires basculent seules la situation.

Interprétation

  • Fluctuation d’humeur réactionnelle

    Manifestations isolées, sans perte d'intérêt ni retrait. Réévaluer plutôt que de conclure : proposer une consultation à distance, et donner à l'adolescent un moyen de reprendre contact directement. Une fluctuation qui dure et qui fait perdre des activités n'est plus une fluctuation.

  • Dépression à évaluer

    Signes évocateurs, notamment IRRITABILITÉ persistante — ne pas la mettre sur le compte de l'âge. Prévoir un entretien avec un temps SEUL sans les parents, poser directement la question des idées suicidaires, et rechercher un harcèlement, des consommations et un trouble anxieux associé.

  • Dépression caractérisée probable

    Anhédonie, retrait et retentissement scolaire. Prise en charge pédopsychiatrique avec psychothérapie structurée en première intention. Un traitement médicamenteux ne s'envisage pas d'emblée dans les formes légères à modérées, et impose chez un mineur une surveillance rapprochée les premières semaines.

  • Urgence : risque suicidaire

    Idées suicidaires, plan ou geste. Évaluation psychiatrique en urgence, adolescent non laissé seul, retrait des moyens et information de la famille sur la conduite à tenir. Un antécédent d'automutilation associé majore encore le risque : la sécurité immédiate ne se délègue pas sans consigne explicite ni relais organisé.

Quand l’utiliser ?

Devant un adolescent irritable, en retrait, en chute scolaire, ou lors de toute consultation où quelque chose ne va pas sans être nommé.

Limites

  • La présentation par l'IRRITABILITÉ, les colères et l'hostilité est la principale cause de méconnaissance : un adolescent déprimé est souvent décrit comme insupportable, pas comme triste. Ne pas attribuer à la « crise d'adolescence » un changement qui dure et qui fait perdre des activités.
  • La question du SUICIDE se pose DIRECTEMENT — « avez-vous pensé à mourir ? ». La poser n'induit rien, c'est l'une des données les mieux établies, et c'est le seul moyen d'obtenir la réponse.
  • L'entretien doit comporter un temps SEUL avec l'adolescent, sans les parents : le harcèlement, les violences, la consommation de substances et les questions d'identité ne se disent pas devant l'entourage.
  • Les ANTIDÉPRESSEURS ne sont pas le traitement de première intention des formes légères à modérées, et leur instauration chez un mineur impose une surveillance rapprochée les premières semaines, période où le risque suicidaire peut transitoirement augmenter.
  • Rechercher systématiquement les consommations de substances et un trouble anxieux associé : ils modifient la prise en charge et sont rarement rapportés spontanément.
  • Cet outil n'est ni le PHQ-9 ni aucune échelle validée et n'en reproduit pas la cotation.

Questions fréquentes

Comment distinguer une dépression d’une crise d’adolescence ?
Par la durée et par la perte : une dépression fait abandonner des activités et des amis, fait chuter les résultats et dure. L'irritabilité seule ne tranche pas, mais elle ne doit pas rassurer — c'est une présentation fréquente de la dépression à cet âge.
Faut-il voir l'adolescent sans ses parents ?
Oui, au moins un temps. Le harcèlement, les violences, les consommations et les questions d'identité ne se disent pas devant l'entourage, et ce sont souvent ces éléments qui expliquent le tableau.

Références

  1. Zuckerbrot RA, Cheung A, Jensen PS, Stein REK, Laraque D. Guidelines for Adolescent Depression in Primary Care (GLAD-PC): Part I — Practice Preparation, Identification, Assessment, and Initial Management. Pediatrics. 2018. DOI 10.1542/peds.2017-4081
  2. Thapar A, Collishaw S, Pine DS, Thapar AK. Depression in adolescence. The Lancet. 2012. DOI 10.1016/S0140-6736(11)60871-4

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