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Automutilation de l'adolescent : évaluation du risque

Évaluation d'un geste auto-infligé chez un adolescent : distinguer l'intention suicidaire du geste de régulation émotionnelle.

Version 1.0.0 — revu le 28/08/2026
Intention de mourir déclarée, ou regret d'avoir survécu

Question à poser directement : la poser n induit rien.

Moyen de haute létalité (pendaison, arme, intoxication massive)
Violences, maltraitance ou harcèlement en cours
Gestes répétés, de fréquence croissante
Isolement, aucun adulte de confiance identifié
Alcool ou substances au moment du geste
Suicide ou tentative de suicide dans l'entourage proche
Dépression, trouble des conduites alimentaires ou trouble anxieux connu
Geste décrit comme soulageant une tension, sans intention de mourir

9 champs restants

Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.

À quoi sert cet outil ?

Une scarification n'est pas une tentative de suicide, et la confusion des deux nuit dans les deux sens : elle affole les familles devant un geste de régulation, et elle banalise un geste réellement suicidaire. L'outil sépare ces deux registres tout en rappelant qu'ils coexistent souvent : un antécédent d'automutilation est l'un des facteurs de risque suicidaire les mieux établis chez l'adolescent.

Comment est-il calculé ?

L'évaluation repose sur trois axes : l'intention du geste — mourir, ou faire cesser une tension —, la létalité du moyen employé, et le contexte de vulnérabilité, notamment les violences en cours et l'isolement relationnel. Une intention suicidaire déclarée, ou un regret d'avoir survécu, suffit seule à porter la situation au niveau le plus élevé.

Interprétation

  • Geste sans intention suicidaire apparente

    Geste de régulation émotionnelle, sans intention de mourir et sans facteur de vulnérabilité marqué. Ce n'est PAS une situation banale : proposer un suivi, nommer la fonction du geste sans le dramatiser ni le banaliser, et convenir d'une réévaluation rapprochée. Aborder l'accès aux moyens avec la famille dès maintenant.

  • Vulnérabilité identifiée

    Répétition, comorbidité ou contexte fragile. Consultation pédopsychiatrique à organiser, sans attendre le geste suivant. Chercher activement ce qui alimente les gestes : harcèlement, violences, difficultés d'identité, trouble de l'humeur. Un temps d'entretien SEUL avec l'adolescent est indispensable.

  • Risque élevé

    Faisceau de facteurs de risque, ou violences en cours. Avis pédopsychiatrique rapide, mise en sécurité de l'environnement, retrait des moyens, et information de la famille sur la conduite à tenir. Une situation de maltraitance ou de harcèlement en cours peut justifier une mesure de protection indépendamment de la prise en charge psychiatrique.

  • Urgence psychiatrique

    INTENTION SUICIDAIRE déclarée, regret d'avoir survécu, ou moyen de haute létalité. Avis psychiatrique en urgence, adolescent non laissé seul, retrait immédiat des moyens. L'hospitalisation se discute au cas par cas mais la sécurité immédiate ne se délègue pas à la famille sans consigne explicite et sans relais organisé.

Quand l’utiliser ?

Devant toute lésion auto-infligée découverte ou rapportée chez un adolescent, en consultation comme aux urgences.

Limites

  • L'INTENTION doit être demandée directement : « vouliez-vous mourir ? ». Poser la question n'induit rien et n'augmente pas le risque — c'est l'une des données les mieux établies de la littérature sur le suicide, et c'est le seul moyen d'obtenir la réponse.
  • Un geste SANS intention suicidaire n'est pas un geste bénin : l'automutilation répétée est l'un des principaux facteurs prédictifs de tentative de suicide ultérieure chez l'adolescent. Un score bas signifie « pas d'urgence immédiate », jamais « pas de suivi ».
  • L'entretien doit comporter un temps SEUL avec l'adolescent, sans les parents. Les violences intrafamiliales, le harcèlement et les questions liées à l'identité ne se disent pas devant l'entourage — et ils figurent parmi les motifs les plus fréquents.
  • Cet outil n'est pas un instrument de prédiction du suicide. Aucun score ne prédit un passage à l'acte individuel : il structure l'entretien et documente la décision, il ne la remplace pas.
  • L'accès aux MOYENS doit être abordé avec la famille dans tous les cas : rangement des médicaments, retrait des armes. C'est l'une des rares mesures dont l'effet préventif est démontré.

Questions fréquentes

Demander à un adolescent s'il veut mourir peut-il lui en donner l'idée ?
Non. Poser la question directement n'induit pas d'idées suicidaires — c'est l'un des points les mieux documentés de la littérature. C'est en revanche le seul moyen de connaître l'intention réelle du geste.
Une scarification sans intention de mourir est-elle sans gravité ?
Non. Elle traduit une souffrance réelle, et l'automutilation répétée est l'un des principaux facteurs de risque de tentative de suicide ultérieure. Elle justifie un suivi même quand l'urgence n'est pas là.

Références

  1. National Institute for Health and Care Excellence. Self-harm: assessment, management and preventing recurrence (NG225). 2022. Consulter
  2. Hawton K, Saunders KEA, O’Connor RC. Self-harm and suicide in adolescents. The Lancet. 2012. DOI 10.1016/S0140-6736(12)60322-5

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