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CliniOutils

Évaluation du risque suicidaire (risque, urgence, dangerosité)

Évaluation structurée d'une crise suicidaire selon trois axes : risque, urgence et dangerosité du moyen.

Version 1.0.0 — revu le 28/08/2026
Facteurs de risque

Antécédent de tentative, trouble psychiatrique, addiction, isolement, deuil, perte récente.

Urgence — élaboration du scénario
Dangerosité — létalité et accès au moyen
Tentative de suicide dans l année écoulée
Amélioration brutale et inexpliquée de l humeur

Peut traduire la décision prise : signe d'alarme, non de guérison.

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Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.

À quoi sert cet outil ?

Devant des idées suicidaires, la question n'est pas de savoir si le patient « va vraiment le faire » — personne ne peut le prédire — mais d'apprécier trois choses distinctes : les facteurs de risque, l'imminence du passage à l'acte, et la létalité du moyen envisagé. Ce cadre structure l'entretien et la décision d'hospitalisation.

Comment est-il calculé ?

Trois axes sont explorés séparément. Le RISQUE regroupe les facteurs prédisposants — antécédent de tentative, trouble psychiatrique, isolement, addiction. L'URGENCE apprécie l'élaboration du scénario et son échéance. La DANGEROSITÉ porte sur la létalité du moyen et son accessibilité immédiate.

Interprétation

  • Crise suicidaire de faible intensité

    Peu d'éléments de gravité. Un suivi rapproché en ambulatoire est envisageable : consultation programmée à brève échéance, coordonnées d'un dispositif de crise remises au patient, implication de l'entourage avec son accord, et sécurisation des moyens accessibles. Réévaluer — l'état peut changer en quelques heures.

  • Crise suicidaire installée

    Éléments de gravité présents. Avis psychiatrique nécessaire, si possible le jour même. Sécuriser l'accès aux moyens — retrait des armes, des médicaments —, mobiliser l'entourage, et ne pas laisser le patient repartir sans qu'un suivi soit effectivement organisé et daté.

  • Risque suicidaire élevé

    Scénario élaboré, moyen létal accessible, ou antécédent récent de tentative. Le risque est élevé : ne pas laisser le patient seul, avis psychiatrique en urgence, et hospitalisation à discuter — y compris sans consentement si l'état le justifie et que le patient refuse les soins. Sécuriser immédiatement l'accès aux moyens.

Quand l’utiliser ?

Dès que des idées suicidaires sont évoquées ou suspectées, en consultation, aux urgences ou en hospitalisation.

Limites

  • Aucun outil ne PRÉDIT le suicide : ce cadre structure l'entretien et la décision, il ne classe pas les patients en dangereux ou non. Une évaluation rassurante n'autorise jamais à se dispenser du suivi.
  • Parler du suicide n'induit PAS le passage à l'acte : c'est une idée fausse tenace qui conduit à ne pas poser la question, alors que l'aborder directement est protecteur.
  • L'apparente amélioration brutale d'un patient déprimé peut traduire la décision prise et le soulagement qui l'accompagne : c'est un signe d'alarme, non de guérison.
  • L'ACCESSIBILITÉ du moyen est le facteur sur lequel on peut agir immédiatement : retrait des armes, sécurisation des médicaments, implication de l'entourage. C'est la mesure la plus efficace et la plus souvent omise.
  • L'évaluation doit être RÉPÉTÉE : l'état d'un patient en crise évolue en quelques heures, dans les deux sens.
  • Chez l'adolescent et la personne âgée, les présentations sont trompeuses : irritabilité, troubles du comportement, plaintes somatiques ou retrait peuvent remplacer l'expression directe.

Questions fréquentes

Poser la question du suicide risque-t-il de la provoquer ?
Non. C'est une idée fausse tenace, et elle conduit à ne pas poser la question. Aborder directement le sujet est au contraire protecteur : cela permet au patient d'en parler et ouvre la porte à l'aide.
Que faire en priorité ?
Sécuriser l'accès aux moyens — retrait des armes, des médicaments, implication de l'entourage. C'est l'action la plus immédiatement efficace, et la plus souvent omise.

Références

  1. Fédération française de psychiatrie, Haute Autorité de santé. La crise suicidaire : reconnaître et prendre en charge — conférence de consensus. Recommandations françaises. 2000.

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