Évaluation du risque suicidaire (risque, urgence, dangerosité)
Évaluation structurée d'une crise suicidaire selon trois axes : risque, urgence et dangerosité du moyen.
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Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.
À quoi sert cet outil ?
Devant des idées suicidaires, la question n'est pas de savoir si le patient « va vraiment le faire » — personne ne peut le prédire — mais d'apprécier trois choses distinctes : les facteurs de risque, l'imminence du passage à l'acte, et la létalité du moyen envisagé. Ce cadre structure l'entretien et la décision d'hospitalisation.
Comment est-il calculé ?
Trois axes sont explorés séparément. Le RISQUE regroupe les facteurs prédisposants — antécédent de tentative, trouble psychiatrique, isolement, addiction. L'URGENCE apprécie l'élaboration du scénario et son échéance. La DANGEROSITÉ porte sur la létalité du moyen et son accessibilité immédiate.
Interprétation
- Crise suicidaire de faible intensité
Peu d'éléments de gravité. Un suivi rapproché en ambulatoire est envisageable : consultation programmée à brève échéance, coordonnées d'un dispositif de crise remises au patient, implication de l'entourage avec son accord, et sécurisation des moyens accessibles. Réévaluer — l'état peut changer en quelques heures.
- Crise suicidaire installée
Éléments de gravité présents. Avis psychiatrique nécessaire, si possible le jour même. Sécuriser l'accès aux moyens — retrait des armes, des médicaments —, mobiliser l'entourage, et ne pas laisser le patient repartir sans qu'un suivi soit effectivement organisé et daté.
- Risque suicidaire élevé
Scénario élaboré, moyen létal accessible, ou antécédent récent de tentative. Le risque est élevé : ne pas laisser le patient seul, avis psychiatrique en urgence, et hospitalisation à discuter — y compris sans consentement si l'état le justifie et que le patient refuse les soins. Sécuriser immédiatement l'accès aux moyens.
Quand l’utiliser ?
Dès que des idées suicidaires sont évoquées ou suspectées, en consultation, aux urgences ou en hospitalisation.
Limites
- Aucun outil ne PRÉDIT le suicide : ce cadre structure l'entretien et la décision, il ne classe pas les patients en dangereux ou non. Une évaluation rassurante n'autorise jamais à se dispenser du suivi.
- Parler du suicide n'induit PAS le passage à l'acte : c'est une idée fausse tenace qui conduit à ne pas poser la question, alors que l'aborder directement est protecteur.
- L'apparente amélioration brutale d'un patient déprimé peut traduire la décision prise et le soulagement qui l'accompagne : c'est un signe d'alarme, non de guérison.
- L'ACCESSIBILITÉ du moyen est le facteur sur lequel on peut agir immédiatement : retrait des armes, sécurisation des médicaments, implication de l'entourage. C'est la mesure la plus efficace et la plus souvent omise.
- L'évaluation doit être RÉPÉTÉE : l'état d'un patient en crise évolue en quelques heures, dans les deux sens.
- Chez l'adolescent et la personne âgée, les présentations sont trompeuses : irritabilité, troubles du comportement, plaintes somatiques ou retrait peuvent remplacer l'expression directe.
Questions fréquentes
- Poser la question du suicide risque-t-il de la provoquer ?
- Non. C'est une idée fausse tenace, et elle conduit à ne pas poser la question. Aborder directement le sujet est au contraire protecteur : cela permet au patient d'en parler et ouvre la porte à l'aide.
- Que faire en priorité ?
- Sécuriser l'accès aux moyens — retrait des armes, des médicaments, implication de l'entourage. C'est l'action la plus immédiatement efficace, et la plus souvent omise.
Références
- Fédération française de psychiatrie, Haute Autorité de santé. La crise suicidaire : reconnaître et prendre en charge — conférence de consensus. Recommandations françaises. 2000.
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