Repérage de la maltraitance chez l'enfant
Repérage des situations devant faire évoquer une maltraitance et rappel de la conduite à tenir.
8 champs restants
Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.
À quoi sert cet outil ?
Les lésions de maltraitance sont souvent vues plusieurs fois avant d'être reconnues, et chaque occasion manquée expose l'enfant à une récidive plus grave. Le repérage tient à quelques signes précis — l'incohérence entre la lésion et l'explication, les ecchymoses chez un nourrisson qui ne se déplace pas — et à la levée d'un blocage : signaler n'est pas accuser.
Comment est-il calculé ?
Les éléments les plus prédictifs sont recherchés : l'incohérence entre la lésion et le mécanisme rapporté, la topographie et l'âge — une ecchymose chez un nourrisson qui ne se déplace pas seul est hautement suspecte —, le retard de consultation, et les signes de négligence.
Interprétation
- Aucun signe d alerte
Aucun signe d'alerte relevé. Rester attentif : les lésions de maltraitance sont souvent vues plusieurs fois avant d'être reconnues. Devant toute lésion de l'enfant, examiner l'enfant DÉSHABILLÉ et décrire précisément les lésions dans le dossier.
- Vigilance — évaluation approfondie
Éléments d'inquiétude sans certitude. Examen complet de l'enfant déshabillé, description écrite et datation des lésions, entretien séparé avec l'enfant selon son âge. En cas de doute persistant, une INFORMATION PRÉOCCUPANTE peut être transmise : le doute suffit, il n'est pas nécessaire d'être certain.
- Suspicion de maltraitance
Signes évocateurs. Hospitalisation pour protection et bilan lésionnel — imagerie du squelette, fond d'œil et imagerie cérébrale selon l'âge et le tableau. Transmettre une information préoccupante ou un SIGNALEMENT selon la gravité. Signaler n'est pas accuser : l'évaluation revient aux autorités compétentes.
- Forte suspicion — protection immédiate
Faisceau d'arguments fort, ou signes évoquant un traumatisme crânien infligé. Protection IMMÉDIATE de l'enfant, hospitalisation, bilan lésionnel complet et signalement au procureur. La récidive d'un traumatisme crânien infligé est fréquente et souvent mortelle : laisser repartir l'enfant expose à un décès. Le secret professionnel n'est pas opposable et le professionnel qui signale de bonne foi est protégé.
Quand l’utiliser ?
Devant toute lésion traumatique de l'enfant, en particulier du nourrisson, et devant tout tableau dont l'explication ne convainc pas.
Limites
- Une ECCHYMOSE chez un nourrisson qui ne se déplace pas seul est hautement suspecte : « qui ne marche pas ne se fait pas de bleus ». C'est le signe le plus discriminant, et le plus souvent négligé.
- L'INCOHÉRENCE entre la lésion et le mécanisme rapporté, ou une explication qui change d'une version à l'autre, est le second élément déterminant.
- Un traumatisme crânien INFLIGÉ du nourrisson peut se présenter sans lésion externe : vomissements, somnolence, convulsions, augmentation du périmètre crânien. La récidive est fréquente et souvent mortelle.
- Signaler n'est PAS accuser : l'information préoccupante et le signalement visent la protection de l'enfant, et l'évaluation revient aux autorités compétentes. Le doute suffit — il n'est pas nécessaire d'être certain.
- Le secret professionnel n'est pas opposable dans ces situations, et le professionnel qui signale de bonne foi est protégé : ce point est régulièrement méconnu et retarde les signalements.
- L'examen doit être COMPLET et l'enfant entièrement déshabillé, avec description précise et datation des lésions ; les photographies et le compte rendu écrit ont une valeur pour la suite.
Questions fréquentes
- Quel est le signe le plus discriminant ?
- Une ecchymose chez un nourrisson qui ne se déplace pas seul : « qui ne marche pas ne se fait pas de bleus ». C'est le signe le plus prédictif, et l'un des plus souvent négligés.
- Faut-il être certain pour signaler ?
- Non. Le doute suffit. Signaler n'est pas accuser : l'évaluation revient aux autorités compétentes. Le secret professionnel n'est pas opposable et le professionnel qui signale de bonne foi est protégé — deux points régulièrement méconnus.
Références
- Haute Autorité de santé. Repérage et signalement de l'inceste, de la pédocriminalité et de la maltraitance intrafamiliale. Recommandations françaises. 2021.
Outils associés
Périmètre crânien du nourrisson
Situation d'un périmètre crânien par rapport aux valeurs attendues, et vitesse de croissance crânienne.
Classification de Salter et Harris (fracture du cartilage de croissance)
Classification des fractures intéressant le cartilage de croissance, selon leur trait et leur pronostic.
Automutilation de l'adolescent : évaluation du risque
Évaluation d'un geste auto-infligé chez un adolescent : distinguer l'intention suicidaire du geste de régulation émotionnelle.
Enfant adopté ou confié : points de suivi
Points de suivi médical et psychologique d'un enfant adopté ou accueilli hors de sa famille.
Enfant d’un parent souffrant d’un trouble psychique
Repérage de la situation d'un enfant dont un parent souffre d'un trouble psychique, et des besoins qui ne sont presque jamais évalués.
Enfant dans un contexte de séparation parentale
Repérage du retentissement d'une séparation parentale chez l'enfant, et cadrage du rôle du soignant.
1000 outils publiés sur cette plateforme. Cet outil est une aide à la pratique clinique et ne remplace pas le jugement du professionnel de santé.