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CliniOutils

Classification de Salter et Harris (fracture du cartilage de croissance)

Classification des fractures intéressant le cartilage de croissance, selon leur trait et leur pronostic.

Version 1.0.0 — revu le 28/08/2026
Trajet du trait de fracture

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À quoi sert cet outil ?

Chez l'enfant, une fracture qui traverse le cartilage de croissance peut entraîner une épiphysiodèse : arrêt de croissance localisé, avec inégalité de longueur ou déviation d'axe qui se révèle des mois ou des années plus tard. La classification de Salter et Harris décrit le trait et, avec lui, ce risque — c'est elle qui commande la réduction et le suivi prolongé.

Comment est-il calculé ?

Cinq types décrivent le trajet du trait par rapport au cartilage de croissance : décollement pur, trait remontant vers la métaphyse, trait descendant vers l'épiphyse, trait traversant les deux, et compression axiale du cartilage. Le risque d'épiphysiodèse croît du type I au type V.

Interprétation

  • Type I — décollement épiphysaire pur

    Décollement sans trait osseux. Pronostic généralement favorable. Traitement orthopédique, immobilisation et suivi. Une radiographie normale n'écarte pas ce type : la douleur élective sur le cartilage de croissance suffit à l'évoquer et à immobiliser.

  • Type II — trait métaphysaire

    Type le plus fréquent, avec un fragment métaphysaire triangulaire. Pronostic habituellement bon. Réduction si déplacement, immobilisation, et contrôle radiographique. Le remodelage est plus limité que dans une fracture diaphysaire : le déplacement accepté est faible.

  • Type III — fracture articulaire épiphysaire

    Le trait traverse l'épiphyse et atteint l'articulation. Réduction ANATOMIQUE nécessaire, le plus souvent chirurgicale, pour éviter à la fois l'incongruence articulaire et l'épiphysiodèse. Avis orthopédique pédiatrique et suivi prolongé.

  • Type IV — trait traversant métaphyse et épiphyse

    Le trait traverse la métaphyse, le cartilage et l'épiphyse. Risque élevé de pont d'épiphysiodèse et d'incongruence articulaire. Chirurgie avec réduction anatomique et fixation, puis suivi radiologique prolongé sur un à deux ans.

  • Type V — compression du cartilage de croissance

    Écrasement axial du cartilage de croissance, de pronostic le plus sévère. Le diagnostic est presque toujours rétrospectif : la radiographie initiale est peu parlante et c'est l'arrêt de croissance qui le révèle. Devant un mécanisme de compression, prévenir la famille du risque et organiser un suivi prolongé.

Quand l’utiliser ?

Devant toute fracture de l'enfant siégeant à proximité d'un cartilage de croissance, à la lecture des radiographies.

Limites

  • Le type V est presque toujours méconnu au moment du traumatisme : la radiographie initiale est normale ou peu parlante, et le diagnostic se fait rétrospectivement sur l'arrêt de croissance.
  • Le pronostic dépend aussi du SIÈGE et de l'ÂGE : une atteinte du genou est plus grave qu'une atteinte du poignet, et une fracture proche de la fin de croissance a moins de conséquences.
  • Les types III et IV sont des fractures ARTICULAIRES : ils exigent une réduction anatomique, le plus souvent chirurgicale, sous peine d'incongruence articulaire en plus du risque de croissance.
  • Le déplacement résiduel accepté est bien plus faible que dans une fracture diaphysaire : le remodelage ne corrige pas une atteinte du cartilage de croissance.
  • Toute fracture intéressant un cartilage de croissance impose un SUIVI PROLONGÉ, de un à deux ans, pour dépister une épiphysiodèse qui apparaît à distance.
  • Chez le jeune enfant, une fracture métaphysaire ou un décollement épiphysaire sans mécanisme cohérent doit faire évoquer une maltraitance.

Questions fréquentes

Pourquoi un suivi prolongé est-il nécessaire ?
Parce que l'épiphysiodèse — arrêt de croissance localisé — se révèle des mois voire des années plus tard, par une inégalité de longueur ou une déviation d'axe. Un contrôle sur un à deux ans est nécessaire pour la dépister.
Le remodelage corrige-t-il un déplacement résiduel ?
Beaucoup moins que dans une fracture diaphysaire, et pas du tout pour l'atteinte du cartilage lui-même. Le déplacement accepté est donc bien plus faible, et les types III et IV exigent une réduction anatomique.

Références

  1. Salter RB, Harris WR. Injuries involving the epiphyseal plate. Journal of Bone and Joint Surgery. 1963.

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