Deuil chez l’enfant : accompagnement et alerte
Repérage des situations de deuil de l'enfant nécessitant un accompagnement spécialisé.
9 champs restants
Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.
À quoi sert cet outil ?
Le chagrin d'un enfant ne ressemble pas à celui d'un adulte : il alterne avec des moments de jeu, ce qui fait croire à tort qu'il a « bien surmonté ». Ce qui protège tient à des choses simples — des mots exacts, l'inclusion dans les rituels, la possibilité de poser des questions — et ce qui alerte est la perte durable des acquis et le retrait.
Comment est-il calculé ?
Les idées suicidaires et la perte durable des acquis basculent seules vers l'avis spécialisé. Les mots évasifs employés lors de l'annonce, l'exclusion des rituels, la culpabilité exprimée et le parent survivant en grande difficulté élèvent le total. Un enfant informé avec des mots clairs, qui peut poser ses questions, diminue le total.
Interprétation
- Accompagnement de l’entourage
Enfant informé avec des mots clairs, pouvant poser ses questions. Rappeler que le chagrin d'un enfant ALTERNE avec des moments de jeu : cela ne signifie pas qu'il a surmonté la perte. Soutenir le parent survivant, principal déterminant de l'évolution.
- Corriger et soutenir
Mots évasifs, exclusion des rituels, ou plaintes somatiques. Reprendre l'annonce avec des MOTS EXACTS : les euphémismes créent confusion et angoisse. Proposer à l'enfant de participer aux rituels, en le laissant libre de refuser.
- Accompagnement renforcé
Culpabilité exprimée, décès traumatique, ou parent survivant en difficulté. Rechercher et lever explicitement la CULPABILITÉ : les jeunes enfants se croient souvent responsables et l'expriment rarement seuls. Soutenir le parent survivant fait partie de la prise en charge.
- Avis spécialisé
Idées suicidaires, ou régression durable avec retrait. Avis pédopsychiatrique. Un désir de rejoindre le défunt doit être évalué comme une idéation suicidaire à part entière, et non comme une expression du chagrin.
Quand l’utiliser ?
Après le décès d'un proche, et lors du suivi d'un enfant endeuillé.
Limites
- Le chagrin d'un enfant ALTERNE avec des moments de jeu et d'apparente insouciance : cela ne signifie pas qu'il a surmonté la perte, et conclure trop vite prive l'enfant d'un accompagnement.
- Les MOTS ÉVASIFS — « il est parti », « il dort », « il nous a quittés » — créent de la confusion et de l'angoisse chez le jeune enfant : les mots exacts, dits simplement, protègent mieux que l'euphémisme.
- L'enfant doit pouvoir participer aux RITUELS s'il le souhaite, et être autorisé à ne pas le faire : l'exclure pour le protéger le prive d'un repère et alimente l'imagination.
- Les jeunes enfants se croient souvent RESPONSABLES du décès : cette culpabilité doit être recherchée et levée explicitement, car elle est rarement exprimée spontanément.
- L'état du PARENT SURVIVANT est le principal déterminant de l'évolution de l'enfant : évaluer et soutenir l'adulte fait partie de la prise en charge de l'enfant.
- Cet outil ne pose aucun diagnostic, ne fixe aucune durée « normale » de deuil, et ne remplace pas l'avis pédopsychiatrique.
Questions fréquentes
- Un enfant qui joue après un décès a-t-il surmonté la perte ?
- Pas nécessairement. Le chagrin de l'enfant alterne avec des moments de jeu : conclure trop vite le prive d'un accompagnement.
- Faut-il utiliser des mots doux pour annoncer un décès ?
- Non. « Il est parti » ou « il dort » créent confusion et angoisse chez le jeune enfant. Les mots exacts, dits simplement, protègent mieux.
Références
- Cerel J, Fristad MA, Verducci J, Weller RA, Weller EB. Childhood bereavement: psychopathology in the 2 years postparental death. Journal of the American Academy of Child & Adolescent Psychiatry. 2006. DOI 10.1097/01.chi.0000215327.58799.05
- Schonfeld DJ, Demaria T, American Academy of Pediatrics. Supporting the Grieving Child and Family. Pediatrics. 2016. DOI 10.1542/peds.2016-2147
Outils associés
Crise suicidaire de l’adolescent : évaluation
Évaluation d'une crise suicidaire chez l'adolescent et repérage des éléments imposant une hospitalisation.
Enfant dans un contexte de séparation parentale
Repérage du retentissement d'une séparation parentale chez l'enfant, et cadrage du rôle du soignant.
Sommeil de l’adolescent : repérage
Repérage d'un trouble du sommeil de l'adolescent, entre retard de phase physiologique et cause à explorer.
Enfant adopté ou confié : points de suivi
Points de suivi médical et psychologique d'un enfant adopté ou accueilli hors de sa famille.
Frère ou sœur d’un enfant malade : besoins négligés
Repérage du retentissement chez le frère ou la sœur d'un enfant atteint d'une maladie chronique ou grave.
Phénomènes hallucinatoires de l’enfant : orientation
Orientation devant des phénomènes hallucinatoires rapportés chez l'enfant.
1000 outils publiés sur cette plateforme. Cet outil est une aide à la pratique clinique et ne remplace pas le jugement du professionnel de santé.