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CliniOutils

Intoxication par champignons : délai et gravité

Orientation devant une intoxication par champignons, fondée avant tout sur le délai entre le repas et les premiers symptômes.

Version 1.0.0 — revu le 28/08/2026
Délai entre le repas et les premiers symptômes
Élévation des transaminases ou chute du taux de prothrombine
Élévation de la créatinine
Diarrhée profuse avec déshydratation
Cueillette personnelle non identifiée par un professionnel
Plusieurs espèces mélangées dans le même repas
Confusion, hallucinations, sueurs, myosis ou mydriase
Plusieurs convives symptomatiques

8 champs restants

Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.

À quoi sert cet outil ?

Devant une intoxication par champignons, une seule donnée oriente le pronostic avec force : le délai entre le repas et les premiers symptômes. Un délai court annonce presque toujours un syndrome bénin ; un délai supérieur à six heures fait craindre un syndrome phalloïdien, dont la mortalité tient au retard de prise en charge — d'autant qu'une phase de rémission trompeuse suit la phase digestive.

Comment est-il calculé ?

Le délai d'incubation est le déterminant principal et pèse le plus lourd. S'y ajoutent les conséquences déjà constituées — cytolyse hépatique, insuffisance rénale —, la sémiologie, et le contexte de cueillette, en particulier le mélange d'espèces qui rend une identification rassurante inutilisable.

Interprétation

  • Syndrome à incubation courte

    Délai court : les syndromes à incubation brève sont le plus souvent bénins et résolutifs, essentiellement digestifs. Réhydratation et surveillance. Appeler tout de même le CENTRE ANTIPOISON et vérifier qu'aucun convive n'a présenté de symptômes plus tardifs : un délai court chez l'un n'exclut pas un délai long chez un autre.

  • Surveillance hospitalière

    Retentissement digestif marqué ou délai imprécis. Hospitalisation pour réhydratation et surveillance biologique — transaminases, taux de prothrombine, créatinine — répétée. Conserver les restes du repas pour identification mycologique, et contacter le centre antipoison.

  • Incubation longue : craindre un syndrome phalloïdien

    Délai SUPÉRIEUR À SIX HEURES : syndrome phalloïdien jusqu'à preuve du contraire. Hospitalisation systématique, réhydratation, surveillance hépatique et rénale rapprochée. Ne pas se laisser tromper par la PHASE DE RÉMISSION qui suit les troubles digestifs : l'amélioration clinique accompagne l'installation de l'atteinte hépatique.

  • Atteinte constituée : urgence

    Cytolyse hépatique ou atteinte rénale constituée. Prise en charge en réanimation, contact du centre antipoison et d'un centre de TRANSPLANTATION HÉPATIQUE sans attendre l'évolution : le pronostic dépend de la précocité du transfert. Surveiller le taux de prothrombine et le facteur V, qui guident la décision.

Quand l’utiliser ?

Devant tout trouble digestif survenant après un repas de champignons de cueillette.

Limites

  • Un délai d'incubation SUPÉRIEUR À SIX HEURES fait craindre un syndrome phalloïdien jusqu'à preuve du contraire et impose une hospitalisation, même si les symptômes paraissent modérés.
  • Le syndrome phalloïdien comporte une PHASE DE RÉMISSION trompeuse : après la phase digestive, le patient s'améliore franchement pendant que l'atteinte hépatique s'installe. Une amélioration clinique ne doit jamais autoriser la sortie dans ce contexte.
  • Un MÉLANGE d'espèces dans le même repas rend toute identification partiellement rassurante inutilisable : il suffit d'un exemplaire toxique. De même, un délai court chez un convive n'exclut pas un délai long chez un autre.
  • CONSERVER les restes du repas, les épluchures et les champignons non consommés, ou à défaut les photographier : l'identification mycologique change la prise en charge, et elle n'est possible que sur pièces.
  • Le CENTRE ANTIPOISON doit être appelé dans tous les cas : il oriente l'identification, la surveillance biologique et le transfert éventuel vers un centre de transplantation hépatique.
  • Cet outil ne permet aucune identification d'espèce et ne remplace ni l'expertise mycologique, ni la surveillance biologique hépatique et rénale.

Questions fréquentes

Pourquoi le délai d’incubation est-il si important ?
Parce qu'il sépare les syndromes bénins, à incubation courte, des syndromes graves à incubation longue. Au-delà de six heures, il faut craindre un syndrome phalloïdien et hospitaliser, même si les symptômes paraissent modérés.
Une amélioration clinique est-elle rassurante ?
Pas dans le syndrome phalloïdien. Une phase de rémission trompeuse suit les troubles digestifs, pendant que l'atteinte hépatique s'installe : l'amélioration n'autorise pas la sortie.

Références

  1. Diaz JH. Evolving global epidemiology, syndromic classification, general management, and prevention of unknown mushroom poisonings. Critical Care Medicine. 2005. DOI 10.1097/01.ccm.0000153530.32162.b7
  2. Ye Y, Liu Z. Management of Amanita phalloides poisoning: a literature review and update. Journal of Critical Care. 2018. DOI 10.1016/j.jcrc.2018.03.028

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