Personne sans hébergement stable : ce que le soin doit intégrer
Repérage des éléments qui rendent une prise en charge inapplicable chez une personne sans hébergement stable.
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À quoi sert cet outil ?
Une ordonnance suppose beaucoup de choses : un endroit où ranger les médicaments, un réfrigérateur, la possibilité de revenir à une date fixée, de se laver, de dormir. Sans hébergement stable, aucune n'est acquise, et une prise en charge conçue sans en tenir compte échoue puis est attribuée à un défaut d'observance. S'ajoutent des atteintes propres à cette situation — pieds, peau, dents, pathologies vues tard — et une consultation qui doit souvent tout traiter d'un coup, parce qu'il n'y aura peut-être pas de suivante.
Comment est-il calculé ?
Le problème aigu non traité faute de suivi possible et le traitement prescrit sans possibilité de le conserver basculent seuls vers l'action immédiate. Les rendez-vous supposés tenables, les pieds et la peau non examinés, l'absence de couverture des droits, la santé mentale et les consommations non abordées et la consultation non traitée comme possiblement unique élèvent le total. Une prise en charge adaptée à la situation diminue le total.
Interprétation
- Prise en charge adaptée
Prise en charge adaptée à la situation réelle. Regarder les PIEDS à chaque fois : l'atteinte est fréquente, silencieuse et évitable.
- Créer le lien
Aucun lien avec un accompagnement social. Le soin seul ne tient pas : c'est le LIEN avec l'accompagnement qui le rend durable.
- Adapter la prescription
Rendez-vous supposés tenables, pieds non examinés, droits non vérifiés, santé mentale non abordée ou consultation non traitée comme unique. L'échec sera imputé à l'OBSERVANCE.
- Traiter en priorité
Problème aigu non traité, ou traitement impossible à conserver. La consultation peut être la DERNIÈRE : faire aujourd'hui ce qui peut l'être.
Quand l’utiliser ?
À toute consultation d'une personne sans hébergement stable, quel qu'en soit le motif.
Limites
- Une ordonnance suppose un LIEU : ranger, conserver au frais, retrouver la boîte. Sans hébergement, la prescription doit être conçue autrement, pas répétée plus fort.
- L'échec sera attribué à un défaut d'OBSERVANCE alors qu'il tient aux conditions : c'est la prescription qui était inapplicable.
- La consultation peut être la DERNIÈRE : ce qui peut être fait aujourd'hui — examen, vaccination, dépistage, ordonnance — se fait aujourd'hui.
- Les PIEDS et la peau se regardent systématiquement : ce sont des atteintes fréquentes, silencieuses et évitables dans cette situation.
- Un rendez-vous à une date fixée suppose un CALENDRIER, un téléphone et un trajet : proposer un créneau ouvert vaut souvent mieux qu'un rendez-vous précis.
- Cet outil n'évalue aucune situation sociale, n'ouvre aucun droit et ne remplace ni l'accompagnement social ni les dispositifs dédiés.
Questions fréquentes
- Pourquoi les traitements échouent-ils ?
- Parce que la prescription suppose un lieu où ranger et conserver, et un rendez-vous tenable. L'échec est ensuite attribué à tort à l'observance.
- Que faire pendant la consultation ?
- Traiter ce qui peut l'être immédiatement : examen, vaccination, dépistage, ordonnance. Il n'y aura peut-être pas de consultation suivante.
Références
- Fazel S, Geddes JR, Kushel M. The health of homeless people in high-income countries. The Lancet. 2014.
- Hwang SW, Burns T. Health interventions for people who are homeless. The Lancet. 2014.
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