Aller au contenu principal
CliniOutils

Suivi somatique en psychiatrie : repérage des oublis

Repérage des soins somatiques omis chez les personnes suivies pour un trouble psychiatrique sévère.

Version 1.0.0 — revu le 29/08/2026
Symptôme physique attribué au trouble psychique sans exploration
Diabète, dyslipidémie ou hypertension repérés mais non pris en charge
Antipsychotique sans surveillance du poids, de la glycémie et des lipides

La surveillance fait partie de la prescription.

Dépistages organisés non réalisés
Tabagisme jamais accompagné
Aucun médecin traitant, suivi somatique inexistant
Soins dentaires ou visuels non réalisés depuis des années
Sédentarité et alimentation non abordées
Suivi somatique complet, surveillance et dépistages à jour

9 champs restants

Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.

À quoi sert cet outil ?

L'écart d'espérance de vie des personnes atteintes de troubles psychiatriques sévères tient surtout à des causes somatiques ordinaires, non au trouble lui-même : maladies cardiovasculaires, cancers, diabète — dépistés plus tard et traités moins bien. Un symptôme physique y est trop souvent attribué au trouble psychique.

Comment est-il calculé ?

Le symptôme somatique attribué au trouble psychique et les signes de syndrome métabolique non pris en charge basculent seuls vers l'action. L'absence de surveillance sous antipsychotique, les dépistages non faits et le tabagisme non accompagné élèvent le total. Un suivi somatique complet diminue le total.

Interprétation

  • Suivi complet

    Suivi somatique complet, surveillance et dépistages à jour. Maintenir. Rester vigilant sur l'attribution des symptômes : un symptôme physique reçoit trop souvent une explication PSYCHIATRIQUE, ce qui retarde l'exploration.

  • Compléter les soins

    Soins dentaires ou visuels non réalisés, sédentarité non abordée. Ces soins sont nettement moins réalisés dans cette population : les proposer explicitement corrige une part de l'écart d'espérance de vie.

  • Organiser le suivi

    Surveillance sous antipsychotique absente, dépistages non faits, tabac non accompagné, ou pas de médecin traitant. La surveillance métabolique fait PARTIE de la prescription d'antipsychotique. Le sevrage tabagique est efficace et ne déstabilise pas le trouble.

  • Action prioritaire

    Symptôme attribué au psychisme sans exploration, ou anomalie métabolique repérée mais non traitée. L'écart d'ESPÉRANCE DE VIE tient à ces causes somatiques ordinaires : explorer le symptôme et traiter l'anomalie comme chez tout autre patient.

Quand l’utiliser ?

Lors du suivi d'une personne traitée par antipsychotique ou suivie pour un trouble psychiatrique sévère.

Limites

  • L'écart d'ESPÉRANCE DE VIE tient surtout à des causes somatiques ordinaires — cardiovasculaires, cancers, diabète —, non au trouble psychique lui-même : c'est le suivi somatique qui manque, pas le suivi psychiatrique.
  • Un symptôme physique est trop souvent attribué au TROUBLE PSYCHIQUE : douleur, dyspnée ou trouble digestif reçoivent une explication psychiatrique, et l'exploration somatique est retardée.
  • Les ANTIPSYCHOTIQUES exposent à une prise de poids, un diabète et une dyslipidémie : la surveillance du poids, de la glycémie et du bilan lipidique fait partie de la prescription, et elle est rarement organisée.
  • Les DÉPISTAGES organisés — cancers, dents, vue — sont nettement moins réalisés dans cette population : les proposer explicitement lors du suivi corrige une part importante de l'écart.
  • Le TABAGISME est très fréquent et rarement accompagné, sous prétexte que le sevrage serait impossible ou déstabilisant : l'accompagnement est pourtant efficace et ne déstabilise pas le trouble.
  • Cet outil ne fixe aucun rythme de surveillance, ne recommande aucun traitement, et ne remplace ni le suivi psychiatrique, ni les recommandations de dépistage.

Questions fréquentes

Pourquoi l’espérance de vie est-elle réduite ?
Surtout à cause de causes somatiques ordinaires — cardiovasculaires, cancers, diabète — dépistées plus tard et traitées moins bien, non à cause du trouble psychique lui-même.
Le sevrage tabagique déstabilise-t-il le trouble ?
Non. L'accompagnement est efficace dans cette population et ne déstabilise pas le trouble : s'en abstenir est une perte de chance.

Références

  1. Walker ER, McGee RE, Druss BG. Excess mortality in severe mental disorders: a systematic review and meta-analysis. JAMA Psychiatry. 2015. DOI 10.1001/jamapsychiatry.2014.2502
  2. Firth J, Siddiqi N, Koyanagi A, et al.. Physical health management in patients with severe mental illness: a Lancet Psychiatry Commission. The Lancet Psychiatry. 2019. DOI 10.1016/S2215-0366(19)30132-4

Outils associés

1000 outils publiés sur cette plateforme. Cet outil est une aide à la pratique clinique et ne remplace pas le jugement du professionnel de santé.