Suivi somatique en psychiatrie : repérage des oublis
Repérage des soins somatiques omis chez les personnes suivies pour un trouble psychiatrique sévère.
9 champs restants
Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.
À quoi sert cet outil ?
L'écart d'espérance de vie des personnes atteintes de troubles psychiatriques sévères tient surtout à des causes somatiques ordinaires, non au trouble lui-même : maladies cardiovasculaires, cancers, diabète — dépistés plus tard et traités moins bien. Un symptôme physique y est trop souvent attribué au trouble psychique.
Comment est-il calculé ?
Le symptôme somatique attribué au trouble psychique et les signes de syndrome métabolique non pris en charge basculent seuls vers l'action. L'absence de surveillance sous antipsychotique, les dépistages non faits et le tabagisme non accompagné élèvent le total. Un suivi somatique complet diminue le total.
Interprétation
- Suivi complet
Suivi somatique complet, surveillance et dépistages à jour. Maintenir. Rester vigilant sur l'attribution des symptômes : un symptôme physique reçoit trop souvent une explication PSYCHIATRIQUE, ce qui retarde l'exploration.
- Compléter les soins
Soins dentaires ou visuels non réalisés, sédentarité non abordée. Ces soins sont nettement moins réalisés dans cette population : les proposer explicitement corrige une part de l'écart d'espérance de vie.
- Organiser le suivi
Surveillance sous antipsychotique absente, dépistages non faits, tabac non accompagné, ou pas de médecin traitant. La surveillance métabolique fait PARTIE de la prescription d'antipsychotique. Le sevrage tabagique est efficace et ne déstabilise pas le trouble.
- Action prioritaire
Symptôme attribué au psychisme sans exploration, ou anomalie métabolique repérée mais non traitée. L'écart d'ESPÉRANCE DE VIE tient à ces causes somatiques ordinaires : explorer le symptôme et traiter l'anomalie comme chez tout autre patient.
Quand l’utiliser ?
Lors du suivi d'une personne traitée par antipsychotique ou suivie pour un trouble psychiatrique sévère.
Limites
- L'écart d'ESPÉRANCE DE VIE tient surtout à des causes somatiques ordinaires — cardiovasculaires, cancers, diabète —, non au trouble psychique lui-même : c'est le suivi somatique qui manque, pas le suivi psychiatrique.
- Un symptôme physique est trop souvent attribué au TROUBLE PSYCHIQUE : douleur, dyspnée ou trouble digestif reçoivent une explication psychiatrique, et l'exploration somatique est retardée.
- Les ANTIPSYCHOTIQUES exposent à une prise de poids, un diabète et une dyslipidémie : la surveillance du poids, de la glycémie et du bilan lipidique fait partie de la prescription, et elle est rarement organisée.
- Les DÉPISTAGES organisés — cancers, dents, vue — sont nettement moins réalisés dans cette population : les proposer explicitement lors du suivi corrige une part importante de l'écart.
- Le TABAGISME est très fréquent et rarement accompagné, sous prétexte que le sevrage serait impossible ou déstabilisant : l'accompagnement est pourtant efficace et ne déstabilise pas le trouble.
- Cet outil ne fixe aucun rythme de surveillance, ne recommande aucun traitement, et ne remplace ni le suivi psychiatrique, ni les recommandations de dépistage.
Questions fréquentes
- Pourquoi l’espérance de vie est-elle réduite ?
- Surtout à cause de causes somatiques ordinaires — cardiovasculaires, cancers, diabète — dépistées plus tard et traitées moins bien, non à cause du trouble psychique lui-même.
- Le sevrage tabagique déstabilise-t-il le trouble ?
- Non. L'accompagnement est efficace dans cette population et ne déstabilise pas le trouble : s'en abstenir est une perte de chance.
Références
- Walker ER, McGee RE, Druss BG. Excess mortality in severe mental disorders: a systematic review and meta-analysis. JAMA Psychiatry. 2015. DOI 10.1001/jamapsychiatry.2014.2502
- Firth J, Siddiqi N, Koyanagi A, et al.. Physical health management in patients with severe mental illness: a Lancet Psychiatry Commission. The Lancet Psychiatry. 2019. DOI 10.1016/S2215-0366(19)30132-4
Outils associés
Prédiabète : conduite à tenir
Repérage du niveau d'intervention devant une glycémie intermédiaire, avant l'apparition d'un diabète.
Arrêt du tabac : niveau d’accompagnement
Repérage du niveau d'accompagnement à proposer pour un arrêt du tabac, du conseil bref au suivi spécialisé.
Allongement du QT médicamenteux : facteurs de risque
Repérage des situations où un médicament allongeant le QT expose réellement à une torsade de pointes.
Indice de masse corporelle (IMC)
Rapport du poids à la taille au carré, utilisé pour classer la corpulence de l'adulte selon les seuils de l'Organisation mondiale de la santé.
Clairance de la créatinine (Cockcroft-Gault)
Estimation de la clairance de la créatinine en mL/min à partir de l'âge, du poids, du sexe et de la créatininémie — référence posologique de nombreux résumés des caractéristiques du produit.
Score CHA₂DS₂-VASc
Score de risque thrombo-embolique de la fibrillation atriale non valvulaire, utilisé pour poser l'indication d'une anticoagulation au long cours.
1000 outils publiés sur cette plateforme. Cet outil est une aide à la pratique clinique et ne remplace pas le jugement du professionnel de santé.