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CliniOutils

Alcool et grossesse : repérage

Repérage d'une consommation d'alcool pendant la grossesse et orientation de l'accompagnement.

Version 1.0.0 — revu le 28/08/2026
Consommation d'alcool déclarée pendant la grossesse
Épisodes d'alcoolisation ponctuelle importante
Dépendance connue, tentatives d'arrêt infructueuses
Consommation quotidienne
Enfant précédent avec troubles du neurodéveloppement
Consommation poursuivie au troisième trimestre
Précarité, isolement ou violences
Consommation au premier trimestre
Tabac, cannabis ou autres substances associés
Arrêt obtenu et maintenu

10 champs restants

Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.

À quoi sert cet outil ?

L'alcool est la première cause non génétique de handicap intellectuel évitable, et pourtant la question n'est souvent pas posée — par gêne, par présupposé social, ou parce qu'on croit la réponse évidente. Or la consommation ne se devine pas, l'arrêt est bénéfique à n'importe quel terme, et le repérage ne coûte qu'une question posée à toutes.

Comment est-il calculé ?

L'évaluation porte sur le profil de consommation — quotidienne, ponctuelle importante —, sur le terme concerné, et sur les facteurs qui rendent l'arrêt difficile : dépendance, co-consommations, précarité et isolement. Un antécédent d'enfant présentant des troubles du neurodéveloppement pèse à part. Un arrêt obtenu et maintenu diminue le total.

Interprétation

  • Information et prévention

    Pas de consommation rapportée, ou arrêt obtenu et maintenu. Délivrer le message clair — ZÉRO ALCOOL pendant la grossesse — et le reposer aux consultations suivantes. Un message nuancé est interprété comme une autorisation, et la question doit être posée à toutes, sans présupposé.

  • Accompagnement à proposer

    Consommation au premier trimestre ou co-consommations. Rappeler que l'arrêt à N'IMPORTE QUEL MOMENT est bénéfique : il n'est jamais trop tard, et le dire évite le découragement. Proposer un accompagnement et une réévaluation rapprochée, sans culpabiliser.

  • Prise en charge coordonnée

    Consommation déclarée, quotidienne ou poursuivie. Coordination entre l'équipe obstétricale, l'addictologie et, si nécessaire, un accompagnement social. Organiser un suivi rapproché de la grossesse et prévoir une évaluation du nouveau-né, sachant que la majorité des troubles causés par l'alcoolisation fœtale sont SANS dysmorphie.

  • Prise en charge spécialisée

    Dépendance, alcoolisations ponctuelles importantes, ou contexte de vulnérabilité majeure. Prise en charge addictologique spécialisée en lien avec la maternité : le SEVRAGE d'une femme enceinte dépendante ne s'improvise pas, un arrêt brutal exposant à des complications maternelles et fœtales. Prévoir le suivi de l'enfant à long terme.

Quand l’utiliser ?

À la première consultation de grossesse, chez TOUTES les femmes, et à chaque consultation de suivi.

Limites

  • Il n'existe PAS de seuil de consommation sans risque pendant la grossesse. Le message est ZÉRO ALCOOL : un message nuancé — « un verre occasionnel » — est systématiquement interprété comme une autorisation.
  • L'arrêt à n'importe quel moment de la grossesse est BÉNÉFIQUE : il n'est jamais trop tard. Le dire évite le découragement d'une femme qui a bu au premier trimestre et croit le mal déjà fait.
  • La question se pose à TOUTES les femmes, sans présupposé social : la consommation ne se devine pas, et une question posée à certaines seulement stigmatise et fait taire. La formulation neutre et systématique obtient bien plus de réponses.
  • Le sevrage d'une femme enceinte DÉPENDANTE ne s'improvise pas : un sevrage brutal expose à des complications maternelles et fœtales. Il doit être encadré, en lien avec une équipe d'addictologie et l'équipe obstétricale.
  • Les troubles causés par l'alcoolisation fœtale sont majoritairement SANS dysmorphie : ils se révèlent par des difficultés d'apprentissage, d'attention et de comportement, souvent des années plus tard. Attendre un visage caractéristique conduit à ne diagnostiquer qu'une minorité de cas.
  • Cet outil ne fait aucun diagnostic de trouble causé par l'alcoolisation fœtale, qui relève d'une évaluation pluridisciplinaire spécialisée.

Questions fréquentes

Existe-t-il une quantité d’alcool sans risque pendant la grossesse ?
Non. Aucun seuil sans risque n'est établi, et un message nuancé est systématiquement interprété comme une autorisation. Le message est zéro alcool.
Est-il trop tard si la femme a bu au premier trimestre ?
Non. L'arrêt à n'importe quel moment de la grossesse est bénéfique. Le dire évite le découragement, qui conduit souvent à poursuivre la consommation.

Références

  1. Hoyme HE, Kalberg WO, Elliott AJ, et al.. Updated Clinical Guidelines for Diagnosing Fetal Alcohol Spectrum Disorders. Pediatrics. 2016. DOI 10.1542/peds.2015-4256
  2. Popova S, Lange S, Probst C, Gmel G, Rehm J. Estimation of national, regional, and global prevalence of alcohol use during pregnancy and fetal alcohol syndrome. The Lancet Global Health. 2017. DOI 10.1016/S2214-109X(17)30021-9

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