Déficit énergétique relatif du sportif
Repérage d'un déficit énergétique relatif chez un sportif, à partir de ses conséquences osseuses, hormonales et cardiovasculaires.
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À quoi sert cet outil ?
Quand les apports ne couvrent pas la dépense de l'entraînement, l'organisme ferme des fonctions coûteuses : reproduction, formation osseuse, immunité, croissance. Le tableau touche les deux sexes et n'est pas réservé aux sports esthétiques. Il est important à repérer parce que ses conséquences osseuses s'accumulent silencieusement et que le pic de masse osseuse manqué à l'adolescence ne se rattrape pas.
Comment est-il calculé ?
Le repérage part des conséquences plutôt que du calcul des apports, difficile à obtenir de façon fiable : troubles du cycle ou baisse de la libido, fractures de fatigue, bradycardie et frilosité, ralentissement de la croissance chez l'adolescent. Le contexte — sport à catégorie de poids ou d'endurance, conduites de contrôle du poids — pondère l'ensemble.
Interprétation
- Faible risque
Pas d'argument marquant pour un déficit énergétique. Rappeler que les apports doivent suivre l'augmentation de la charge d'entraînement, en particulier lors des périodes de préparation, et que la collation d'après-entraînement fait partie de l'entraînement.
- Risque modéré
Un signe d'appel présent. Évaluer les apports avec un diététicien, et explorer toute AMÉNORRHÉE — qui n'est jamais physiologique chez une sportive et impose un bilan étiologique, grossesse comprise. Ne pas prescrire de contraception hormonale dans le seul but de restaurer des saignements.
- Risque élevé
Plusieurs conséquences installées. Bilan hormonal, densitométrie osseuse et évaluation diététique. Une fracture de fatigue associée à un trouble du cycle traduit une atteinte osseuse déjà constituée : la charge d'entraînement doit être réduite pendant que les apports sont corrigés, et non l'inverse.
- Prise en charge pluridisciplinaire urgente
Déficit énergétique sévère, souvent associé à un trouble des conduites alimentaires. Prise en charge coordonnée médecin, diététicien et psychologue, avec limitation de l'entraînement jusqu'à correction des apports. Chez l'ADOLESCENT, un retard de croissance ou pubertaire impose d'agir sans délai : la fenêtre de récupération osseuse est limitée dans le temps.
Quand l’utiliser ?
Devant une aménorrhée, une fracture de fatigue, des blessures répétées ou une perte de poids chez un sportif, quel que soit son sexe.
Limites
- Le déficit énergétique n'est PAS réservé aux femmes ni aux sports esthétiques. Chez l'homme, il se manifeste par une baisse de la libido, une fatigue et des fractures de fatigue, et il est très largement sous-repéré.
- Une AMÉNORRHÉE chez une sportive n'est jamais physiologique et ne doit pas être mise sur le compte de l'entraînement. Elle impose un bilan étiologique — grossesse comprise — et une évaluation de la disponibilité énergétique.
- La CONTRACEPTION HORMONALE restaure des saignements de privation et masque l'aménorrhée sans corriger le déficit : elle ne traite pas la perte osseuse et supprime le signal d'alerte le plus utile.
- Chez l'ADOLESCENT, un ralentissement de la croissance ou un retard pubertaire est une urgence relative : le pic de masse osseuse manqué ne se rattrape pas, et la fenêtre de correction est limitée.
- Cet outil n'évalue pas la disponibilité énergétique par le calcul et ne remplace ni l'évaluation diététique, ni la densitométrie osseuse, ni le bilan hormonal.
Questions fréquentes
- La contraception hormonale corrige-t-elle le problème ?
- Non. Elle restaure des saignements de privation sans corriger le déficit énergétique ni la perte osseuse, et elle supprime le signal d'alerte le plus utile — le trouble du cycle lui-même.
- Le déficit énergétique concerne-t-il aussi les hommes ?
- Oui, et il y est largement sous-repéré. Il se manifeste par une baisse de la libido, une fatigue, des blessures répétées et des fractures de fatigue.
Références
- Mountjoy M, Sundgot-Borgen J, Burke L, et al.. The IOC consensus statement: beyond the Female Athlete Triad — Relative Energy Deficiency in Sport (RED-S). British Journal of Sports Medicine. 2014. DOI 10.1136/bjsports-2014-093502
- Mountjoy M, Ackerman KE, Bailey DM, et al.. 2023 International Olympic Committee's (IOC) consensus statement on Relative Energy Deficiency in Sport (REDs). British Journal of Sports Medicine. 2023. DOI 10.1136/bjsports-2023-106994
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