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Prurit sans lésion cutanée : orientation

Orientation devant un prurit généralisé sans lésion cutanée primitive, entre cause locale, générale et médicamenteuse.

Version 1.0.0 — revu le 29/08/2026
Amaigrissement, sueurs nocturnes, adénopathies
Ictère, urines foncées, selles décolorées
Insuffisance rénale connue ou dialyse
Médicament introduit dans les semaines précédentes
Prurit intense, insomniant, avec lésions de grattage profondes
Aucun bilan biologique simple réalisé
Évolution depuis plus de six semaines
Prurit dans l’entourage, atteinte des espaces interdigitaux
Xérose évidente chez une personne âgée

9 champs restants

Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.

À quoi sert cet outil ?

Un prurit généralisé sans lésion primitive est d'abord une plainte dermatologique — le plus souvent une xérose, surtout chez la personne âgée — mais il peut révéler une maladie générale : cholestase, insuffisance rénale, dysthyroïdie, carence martiale, hémopathie. Le tri se fait sur l'examen de la peau et sur quelques examens simples, pas sur un bilan exhaustif.

Comment est-il calculé ?

L'existence de lésions de grattage seules, sans lésion primitive, oriente la démarche. Les signes généraux — altération de l'état général, sueurs nocturnes, adénopathies — et les éléments d'orientation viscérale sont recueillis séparément. Une xérose évidente chez une personne âgée diminue le total, car elle explique la majorité des cas.

Interprétation

  • Xérose probable

    Sécheresse cutanée évidente, sans signe général. Traiter d'abord la XÉROSE : émollients quotidiens en quantité, douches tièdes et courtes, savons surgras, humidification de l'air. Réévaluer après quelques semaines — un bilan lancé avant d'avoir traité la sécheresse est prématuré.

  • Bilan simple orienté

    Évolution prolongée, prurit intense, ou médicament récent. Bilan SIMPLE : numération, fonction rénale, bilan hépatique avec cholestase, TSH, ferritine, glycémie. Revoir l'ORDONNANCE : de nombreux médicaments donnent un prurit sans éruption, parfois des semaines après l'introduction.

  • Orientation étiologique

    Cholestase, insuffisance rénale, ou contexte évocateur de gale. Devant un prurit familial avec atteinte des espaces interdigitaux, traiter une gale sans attendre de confirmation. Devant une cholestase, l'exploration hépatique prime et le prurit s'améliorera avec la cause.

  • Rechercher une cause générale grave

    Amaigrissement, sueurs nocturnes ou adénopathies. Chercher une HÉMOPATHIE : le prurit peut précéder de plusieurs mois le diagnostic d'un lymphome. Examen des aires ganglionnaires, imagerie et avis spécialisé. Ne pas retenir d'étiquette psychogène dans ce contexte.

Quand l’utiliser ?

Devant un prurit généralisé persistant sans éruption primitive visible.

Limites

  • Chercher d'abord la XÉROSE : c'est la cause la plus fréquente, surtout après 65 ans et en hiver, et son traitement — émollients quotidiens, douches tièdes et courtes, savons surgras — suffit souvent. Un bilan lancé avant d'avoir traité la sécheresse est prématuré.
  • Un prurit avec ALTÉRATION de l'état général, sueurs nocturnes, amaigrissement ou adénopathies doit faire chercher une hémopathie : le prurit peut précéder de plusieurs mois le diagnostic d'un lymphome.
  • Le bilan initial reste SIMPLE et orienté : numération, fonction rénale, bilan hépatique avec cholestase, TSH, ferritine, glycémie. Un bilan exhaustif d'emblée est coûteux, anxiogène et rarement plus contributif.
  • Revoir l'ORDONNANCE : de nombreux médicaments donnent un prurit sans éruption, parfois plusieurs semaines après l'introduction. L'imputabilité chronologique se cherche activement, elle ne saute pas aux yeux.
  • Un prurit résistant sans cause retrouvée doit être RÉÉVALUÉ à distance plutôt que classé psychogène : la cause apparaît parfois secondairement, et l'étiquette psychogène ferme la porte à cette réévaluation.
  • Cet outil ne remplace ni l'examen complet du revêtement cutané, ni le bilan biologique, ni l'avis dermatologique.

Questions fréquentes

Que traiter en premier devant un prurit sans lésion ?
La xérose : c'est la cause la plus fréquente, surtout après 65 ans et en hiver. Émollients quotidiens, douches tièdes et courtes, savons surgras — un bilan lancé avant est prématuré.
Quand craindre une cause grave ?
Devant un amaigrissement, des sueurs nocturnes ou des adénopathies : le prurit peut précéder de plusieurs mois le diagnostic d'un lymphome.

Références

  1. Yosipovitch G, Bernhard JD. Chronic Pruritus. New England Journal of Medicine. 2013. DOI 10.1056/NEJMcp1208814
  2. Weisshaar E, Szepietowski JC, Dalgard FJ, et al.. European S2k Guideline on Chronic Pruritus. Acta Dermato-Venereologica. 2019. DOI 10.2340/00015555-3164

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