Travailleur indépendant : l’arrêt de travail qu’on ne prend pas
Repérage de ce qui conduit une personne travaillant à son compte à soigner sa maladie tout en continuant à travailler, et de ce qui n'a pas été vérifié autour de cette décision.
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À quoi sert cet outil ?
Prescrire un arrêt de travail à une personne à son compte, c'est souvent prescrire une perte de revenu immédiate et parfois la perte d'un client. La conséquence est connue : le travail se poursuit malade, les examens se reportent, une intervention se repousse de trimestre en trimestre, et les symptômes se gèrent par automédication. S'y ajoutent deux éléments spécifiques. Le premier est que ces personnes ne bénéficient d'aucun suivi de santé au travail : aucun examen systématique ne viendra repérer ce qui n'est pas dit. Le second est la charge administrative que la maladie ajoute, à un moment où elle est le plus difficile à assumer.
Comment est-il calculé ?
La pathologie aiguë traitée en continuant à travailler et la perte de revenu rendant l'arrêt impossible basculent vers l'action immédiate. Les droits et la couverture non connus, l'absence de remplacement envisagée, le report répété d'examens ou d'intervention, les symptômes gérés par automédication et l'absence de tout suivi de santé au travail élèvent le total. Une situation anticipée avec des droits connus diminue le total.
Interprétation
- Situation anticipée
Situation anticipée et droits vérifiés. Programmer les EXAMENS différés à une date précise, sinon ils reculent d'eux-mêmes.
- Alléger l’administratif
Charge administrative ajoutée à la maladie. Elle arrive au pire MOMENT et décourage les démarches les plus utiles.
- Connaître les droits
Droits inconnus, aucun remplacement, examens reportés, automédication ou absence de suivi. Vérifier les DROITS change parfois la décision.
- Action immédiate
Pathologie aiguë traitée en travaillant, ou arrêt rendu impossible par la perte de revenu. Le REVENU décide à la place du soin.
Quand l’utiliser ?
Chaque fois qu'un arrêt de travail est envisagé chez une personne à son compte, et lors des consultations de suivi.
Limites
- L'arrêt de travail se traduit par une perte de REVENU immédiate : le prescrire sans en parler revient à le rendre inapplicable.
- Ces personnes n'ont aucun SUIVI de santé au travail : aucun examen systématique ne viendra repérer ce qui n'a pas été dit en consultation.
- Les DROITS et la couverture sont mal connus, y compris de la personne elle-même : la vérification change parfois complètement la décision.
- Un examen ou une intervention REPORTÉS de trimestre en trimestre finissent par ne plus l'être : ce report se date et se suit.
- La CHARGE administrative que la maladie ajoute arrive au moment où elle est la plus difficile à assumer, et décourage les démarches utiles.
- Cet outil ne dit aucun droit, ne remplace aucune démarche et n'évalue ni l'aptitude ni la nécessité d'un arrêt.
Questions fréquentes
- Faut-il renoncer à prescrire un arrêt ?
- Non, mais en parler : ce qu'il coûte, ce que couvrent les droits réels, et ce qui peut être organisé. Un arrêt non discuté n'est simplement pas pris.
- Pourquoi dater les examens reportés ?
- Parce qu'un report sans date se renouvelle indéfiniment. Fixer une date, même lointaine, est ce qui empêche le report de devenir un abandon.
Références
- Aronsson G, Gustafsson K, Dallner M. Sick but yet at work. An empirical study of sickness presenteeism. Journal of Epidemiology and Community Health. 2000.
- Kivimäki M, Head J, Ferrie JE, et al.. Working while ill as a risk factor for serious coronary events: the Whitehall II study. American Journal of Public Health. 2005.
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