Quel test de dépression utiliser chez l adulte ?
Le choix d'un instrument dépend de l'objectif poursuivi. Pour repérer, un questionnaire très bref suffit et évite d'allonger la consultation. Pour graduer la sévérité et décider d'un traitement, il faut un instrument couvrant l'ensemble des critères symptomatiques. Pour suivre l'évolution, c'est la répétition du même instrument qui compte, la variation du score étant plus informative que sa valeur absolue. Aucun de ces questionnaires ne pose le diagnostic : ils structurent l'entretien et le rendent traçable.
1.Repérer
Deux questions portant sur la perte d'intérêt et l'humeur dépressive sur les deux dernières semaines. Un résultat positif conduit à approfondir, un résultat négatif ne clôt pas l'évaluation si la présentation reste évocatrice.
2.Graduer la sévérité
Les neuf items reprennent les neuf critères symptomatiques de l'épisode dépressif caractérisé. Le seuil de 10 est le plus utilisé pour le repérage ; au-delà de 15, un traitement actif est habituellement indiqué.
3.Rechercher les comorbidités
L'anxiété et le mésusage d'alcool accompagnent fréquemment un épisode dépressif et modifient la prise en charge.
- Questionnaire GAD-7Auto-questionnaire en sept items mesurant l'intensité des symptômes anxieux au cours des deux dernières semaines.
- Questionnaire AUDIT-CVersion courte en trois questions du test AUDIT de l'Organisation mondiale de la santé, destinée au repérage précoce d'une consommation d'alcool à risque.
Pièges à éviter
- Un score élevé ne signifie pas dépression : les items somatiques sont fréquemment positifs en cas de pathologie évolutive.
- Le trouble bipolaire doit être éliminé avant d'instaurer un antidépresseur : aucun de ces questionnaires ne le dépiste.
- L'item explorant les idées de mort ne suffit pas à évaluer le risque suicidaire, qui relève d'un entretien direct.