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CliniOutils

Classification de Killip

Gravité hémodynamique à la phase aiguë d'un infarctus du myocarde, en quatre classes fondées sur l'examen clinique seul.

Version 1.0.0 — revu le 26/08/2026
État hémodynamique à l admission

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À quoi sert cet outil ?

Établie avant l'ère de la reperfusion, la classification de Killip reste l'un des marqueurs pronostiques les plus robustes de l'infarctus. Elle repose uniquement sur l'auscultation et la pression artérielle, ce qui la rend utilisable immédiatement, au lit du patient, avant tout examen complémentaire. Elle est intégrée comme variable dans les scores GRACE et TIMI.

Comment est-il calculé ?

Quatre classes décrivent le retentissement de la nécrose sur la fonction ventriculaire gauche : absence de signe congestif, râles crépitants aux bases ou galop, œdème aigu du poumon franc, puis choc cardiogénique. La classe se détermine à l'admission.

Interprétation

  • Classe I — pas de défaillance cardiaque

    Aucun signe clinique de congestion. C'est la classe au meilleur pronostic. La stratégie de reperfusion suit les recommandations habituelles.

  • Classe II — défaillance modérée

    Crépitants des bases, galop ou turgescence jugulaire. Surveillance rapprochée, évaluation de la fonction ventriculaire gauche par échographie et prudence sur le remplissage.

  • Classe III — œdème aigu du poumon

    Œdème pulmonaire franc. Oxygénothérapie, ventilation non invasive et dérivés nitrés si la pression le permet. Reperfusion en urgence et transfert en unité de soins intensifs cardiologiques.

  • Classe IV — choc cardiogénique

    Choc cardiogénique : c'est la classe à la mortalité la plus élevée. Revascularisation en urgence absolue, support hémodynamique, et discussion d'une assistance circulatoire en centre spécialisé.

Quand l’utiliser ?

À l'admission de tout syndrome coronarien aigu, pour orienter le niveau de surveillance et alimenter le calcul du score GRACE. La réévaluation au cours des premières heures est utile : une aggravation de classe est un signal fort.

Limites

  • La classification a été établie en 1967, avant la reperfusion : la mortalité absolue observée aujourd'hui dans chaque classe est nettement plus basse, même si la hiérarchie du risque demeure.
  • L'auscultation pulmonaire est peu reproductible et peut être prise en défaut chez le patient obèse, bronchopathe ou déjà traité par diurétique.
  • Elle ne s'applique qu'à l'infarctus du myocarde : l'utiliser dans une insuffisance cardiaque chronique décompensée n'a pas de fondement.
  • Une classe I n'exclut pas une nécrose étendue : elle décrit l'état hémodynamique à un instant donné, pas la taille de l'infarctus.

Questions fréquentes

La mortalité annoncée en 1967 est-elle toujours valable ?
Non. Les chiffres d'origine datent d'avant la reperfusion et surestiment largement la mortalité actuelle. Ce qui reste valide, c'est la hiérarchie : le pronostic s'aggrave nettement de la classe I à la classe IV.

Références

  1. Killip T, Kimball JT. Treatment of myocardial infarction in a coronary care unit: a two year experience with 250 patients. American Journal of Cardiology. 1967. DOI 10.1016/0002-9149(67)90023-9

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