Équivalences des corticoïdes
Conversion entre corticoïdes selon leur puissance anti-inflammatoire relative.
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À quoi sert cet outil ?
Le passage d'un corticoïde à un autre — changement de voie, rupture d'approvisionnement, sortie d'hospitalisation — est un moment à risque : une erreur d'équivalence conduit soit à un sous-dosage avec rechute, soit à un surdosage. Les puissances varient d'un facteur trente entre l'hydrocortisone et la dexaméthasone.
Comment est-il calculé ?
Chaque corticoïde est rapporté à une puissance anti-inflammatoire relative de référence. La dose équivalente est obtenue en multipliant la dose par le rapport des puissances. L'effet minéralocorticoïde, lui, ne suit pas la même échelle.
Interprétation
- Dose équivalente calculée
Dose équivalente en puissance ANTI-INFLAMMATOIRE, avec l'équivalent en prednisone affiché en détail. Attention : l'effet minéralocorticoïde et la durée d'action ne suivent PAS cette échelle. Ne pas utiliser cette conversion pour une substitution surrénalienne, ni pour les formes inhalées ou topiques.
Quand l’utiliser ?
Lors d'un changement de molécule ou de voie d'administration, et pour évaluer une corticothérapie antérieure.
Limites
- L'équivalence porte sur l'effet ANTI-INFLAMMATOIRE seul. L'effet MINÉRALOCORTICOÏDE ne suit pas la même échelle : la dexaméthasone en est dépourvue, l'hydrocortisone en a beaucoup. Convertir une substitution surrénalienne avec cette table est une erreur dangereuse.
- Les DURÉES D'ACTION diffèrent : quelques heures pour l'hydrocortisone, plus de trente-six heures pour la dexaméthasone. Une équivalence de dose n'est pas une équivalence de rythme d'administration ni de freinage de l'axe corticotrope.
- L'équivalence ne s'applique pas aux corticoïdes INHALÉS, topiques ou infiltrés, dont la biodisponibilité systémique et la puissance locale suivent d'autres échelles.
- Un arrêt brutal après une corticothérapie prolongée expose à une insuffisance surrénalienne aiguë : la décroissance doit être progressive, quelle que soit la molécule.
- Chez un patient sous corticothérapie au long cours, toute agression — infection, chirurgie, traumatisme — impose d'augmenter transitoirement la dose, et l'équivalence ne dit rien de cette adaptation.
- La biodisponibilité orale varie, et la prednisone doit être transformée en prednisolone par le foie : chez l'insuffisant hépatocellulaire sévère, la prednisolone lui est préférée.
Questions fréquentes
- Peut-on utiliser cette table pour une insuffisance surrénalienne ?
- Non, jamais. L'équivalence porte sur l'effet anti-inflammatoire ; l'effet minéralocorticoïde suit une tout autre échelle. La dexaméthasone en est dépourvue et ne peut pas remplacer l'hydrocortisone en substitution.
- Une équivalence de dose suffit-elle pour changer de molécule ?
- Non. Les durées d'action vont de quelques heures à plus de trente-six heures : le rythme d'administration et le freinage de l'axe corticotrope changent aussi, ce que l'équivalence de dose ne dit pas.
Références
- Buttgereit F, da Silva JAP, Boers M, et al.. Glucocorticoid therapy in inflammatory and rheumatic diseases. Annals of the Rheumatic Diseases. 2002. DOI 10.1136/ard.61.8.718
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