Aller au contenu principal
CliniOutils

Alopécie : orientation étiologique

Orientation devant une chute de cheveux, en séparant d'abord les alopécies cicatricielles, irréversibles, des alopécies non cicatricielles.

Version 1.0.0 — revu le 28/08/2026
Disparition des orifices pilaires, cuir chevelu lisse et brillant

Destruction folliculaire définitive : avis rapide.

Plaque squameuse avec cheveux cassés courts chez l'enfant

Teigne jusqu'à preuve du contraire : prélèvement avant traitement.

Érythème, squames, pustules, douleur ou prurit du cuir chevelu
Hirsutisme, troubles du cycle, acné ou voix grave
Plaques rondes bien limitées, cuir chevelu d’aspect normal
Coiffures serrées, tressages, tractions répétées
Carence martiale, dysthyroïdie, régime restrictif ou médicament en cause
Chute diffuse apparue 2 à 4 mois après un facteur déclenchant
Recul frontotemporal ou éclaircissement du vertex, évolution lente

9 champs restants

Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.

À quoi sert cet outil ?

La question qui commande tout, devant une alopécie, est de savoir si les orifices pilaires sont encore présents. Une alopécie cicatricielle détruit définitivement le follicule : chaque semaine perdue avant le traitement est une repousse définitivement perdue. Toutes les autres questions — cause hormonale, carentielle, infectieuse — viennent après, et n'ont pas la même urgence.

Comment est-il calculé ?

Le premier tri est l'examen du cuir chevelu : disparition des orifices pilaires, cuir chevelu lisse et brillant, qui signe une alopécie cicatricielle et bascule seule la situation. Ensuite viennent les motifs de la chute — plaques bien limitées, chute diffuse récente, recul progressif — et les causes générales, carentielles, hormonales ou iatrogènes.

Interprétation

  • Alopécie non cicatricielle banale

    Tableau d'alopécie androgénétique ou d'effluvium télogène. L'effluvium télogène, apparu deux à quatre mois après un accouchement, une infection ou un régime, est RÉVERSIBLE et ne demande aucun traitement — mais il demande une explication claire, car l'inquiétude est ici le principal symptôme. Doser ferritine et TSH devant une chute diffuse.

  • Bilan étiologique

    Plaques bien limitées évoquant une pelade, cause générale, ou tableau infectieux. Chez l'ENFANT, une plaque squameuse avec cheveux cassés est une TEIGNE : prélèvement mycologique AVANT traitement, traitement systémique — le local seul ne suffit pas — et examen de l'entourage. Devant des signes de virilisation, bilan d'hyperandrogénie.

  • Avis dermatologique

    Cuir chevelu inflammatoire, ou association de signes. L'examen en dermoscopie oriente et peut guider une biopsie. Une inflammation persistante du cuir chevelu doit faire craindre l'évolution vers une alopécie cicatricielle : ne pas temporiser, car ce qui est détruit ne repousse pas.

  • Alopécie cicatricielle

    Disparition des orifices pilaires : ALOPÉCIE CICATRICIELLE. Avis dermatologique rapide et biopsie du cuir chevelu en zone active — jamais en zone déjà cicatricielle, qui ne renseigne plus. Le traitement ne fait pas repousser ce qui est détruit : il vise à arrêter la progression, et chaque semaine perdue est une surface définitivement perdue.

Quand l’utiliser ?

Devant toute plainte de chute de cheveux ou de plaque sans cheveux, à tout âge.

Limites

  • L'ALOPÉCIE CICATRICIELLE — disparition des orifices pilaires, cuir chevelu lisse et brillant — est une urgence relative : la destruction du follicule est DÉFINITIVE, et seule la zone encore active peut être sauvée. Elle impose un avis dermatologique rapide et souvent une biopsie.
  • Chez l'ENFANT, une plaque squameuse avec des cheveux cassés courts est une TEIGNE jusqu'à preuve du contraire. Elle impose un prélèvement mycologique AVANT tout traitement, un traitement systémique — le traitement local seul ne suffit pas —, et l'examen de l'entourage.
  • Une chute diffuse survenant deux à quatre mois après un accouchement, une infection, une intervention ou un régime est un effluvium télogène : elle est réversible et ne justifie aucun traitement, mais elle justifie une explication claire — l'inquiétude est ici le principal symptôme.
  • Devant une alopécie féminine avec HIRSUTISME, troubles du cycle ou acné, chercher une hyperandrogénie. Devant une chute diffuse, doser la ferritine et la TSH : ce sont les causes générales les plus fréquemment retrouvées.
  • Cet outil ne pose aucun diagnostic et ne remplace ni l'examen du cuir chevelu à la loupe ou en dermoscopie, ni le prélèvement mycologique, ni la biopsie quand elle est indiquée.

Questions fréquentes

Quelle est la première question devant une alopécie ?
Les orifices pilaires sont-ils encore visibles ? Leur disparition signe une alopécie cicatricielle, où la destruction du follicule est définitive et où chaque semaine perdue est une repousse perdue.
Un traitement local suffit-il pour une teigne ?
Non. La teigne du cuir chevelu impose un traitement systémique, précédé d'un prélèvement mycologique, ainsi que l'examen de l'entourage. Le traitement local seul ne stérilise pas le follicule.

Références

  1. Wolff H, Fischer TW, Blume-Peytavi U. The Diagnosis and Treatment of Hair and Scalp Diseases. Deutsches Ärzteblatt International. 2016. DOI 10.3238/arztebl.2016.0377
  2. Olsen EA, Bergfeld WF, Cotsarelis G, et al.. Summary of North American Hair Research Society (NAHRS)-sponsored Workshop on Cicatricial Alopecia. Journal of the American Academy of Dermatology. 2003. DOI 10.1067/mjd.2003.68

Outils associés

1000 outils publiés sur cette plateforme. Cet outil est une aide à la pratique clinique et ne remplace pas le jugement du professionnel de santé.