Carence martiale : diagnostic et bilan
Diagnostic d'une carence martiale, y compris sans anémie, et orientation du bilan étiologique.
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À quoi sert cet outil ?
La carence martiale précède l'anémie de plusieurs mois : la fatigue, l'intolérance à l'effort et le syndrome des jambes sans repos apparaissent bien avant que l'hémoglobine ne baisse. Et le vrai enjeu n'est pas de supplémenter — c'est de trouver POURQUOI : chez l'homme et la femme ménopausée, une carence martiale est un saignement digestif jusqu'à preuve du contraire.
Comment est-il calculé ?
Le diagnostic repose sur la ferritine, avec une réserve majeure : c'est une protéine de l'INFLAMMATION, faussement normale ou élevée en cas de syndrome inflammatoire. Le coefficient de saturation de la transferrine prend alors le relais. Le bilan étiologique est ensuite guidé par l'âge et le sexe.
Interprétation
- Carence de cause identifiée
Carence martiale avec cause évidente, typiquement des ménorragies chez la femme non ménopausée. Supplémentation orale — un jour sur deux à jeun, l'absorption y est meilleure — et traitement de la cause. Poursuivre plusieurs MOIS après la normalisation de l'hémoglobine pour reconstituer les réserves.
- Carence à confirmer
Éléments compatibles. En cas de syndrome inflammatoire, la ferritine peut être faussement normale : le COEFFICIENT DE SATURATION de la transferrine prend le relais. Une carence SANS anémie est déjà symptomatique et justifie un traitement — attendre l'anémie fait perdre des mois.
- Bilan digestif indiqué
Carence martiale chez un homme ou une femme ménopausée : c'est un SAIGNEMENT DIGESTIF jusqu'à preuve du contraire. Explorations digestives HAUTES ET BASSES, sans se contenter d'une supplémentation. Demander également la sérologie de la maladie cœliaque, cause fréquente et sous-diagnostiquée.
- Carence résistante ou compliquée
Signes digestifs associés, ou résistance au traitement. Explorations digestives complètes, sérologie de maladie cœliaque, et recherche d'une malabsorption ou d'un saignement persistant. Une résistance au fer oral peut aussi traduire une mauvaise observance ou une intolérance : le fer intraveineux est une alternative.
Quand l’utiliser ?
Devant une fatigue, une anémie microcytaire, un syndrome des jambes sans repos, ou une pâleur.
Limites
- La FERRITINE est une protéine de l'inflammation : elle peut être normale ou élevée alors que les réserves sont vides. En cas de syndrome inflammatoire, le COEFFICIENT DE SATURATION de la transferrine prend le relais.
- Chez l'HOMME et la FEMME MÉNOPAUSÉE, une carence martiale est un saignement digestif jusqu'à preuve du contraire : elle impose des explorations digestives HAUTES ET BASSES, pas seulement une supplémentation.
- Une carence martiale SANS anémie est déjà symptomatique — fatigue, intolérance à l'effort, syndrome des jambes sans repos — et justifie un traitement : attendre l'anémie fait perdre des mois.
- La MALADIE CŒLIAQUE est une cause fréquente et sous-diagnostiquée de carence martiale résistante : sa sérologie doit être demandée devant une carence inexpliquée ou récidivante.
- Le fer ORAL est mal absorbé et mal toléré : une prise un jour sur deux, à jeun, améliore l'absorption. Une résistance au traitement doit faire chercher une malabsorption, un saignement persistant ou une mauvaise observance.
- La supplémentation doit se poursuivre plusieurs mois APRÈS la normalisation de l'hémoglobine, pour reconstituer les réserves : l'arrêter dès que l'hémoglobine remonte garantit la récidive.
Questions fréquentes
- Une ferritine normale écarte-t-elle la carence ?
- Non en cas de syndrome inflammatoire : la ferritine est une protéine de l'inflammation et peut être normale ou élevée alors que les réserves sont vides. Le coefficient de saturation de la transferrine prend alors le relais.
- Quand explorer le tube digestif ?
- Chez tout homme et toute femme ménopausée présentant une carence martiale : c'est un saignement digestif jusqu'à preuve du contraire, et les explorations doivent être hautes ET basses.
Références
- Camaschella C. Iron deficiency anaemia. New England Journal of Medicine. 2015. DOI 10.1056/NEJMra1401038
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