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CliniOutils

Chemsex : repérage et réduction des risques

Repérage d'un usage de produits en contexte sexuel et de ses risques, du plus fréquent au plus grave.

Version 1.0.0 — revu le 28/08/2026
Perte de connaissance, overdose ou passage aux urgences récent
Idées suicidaires ou épisode dépressif
Injection des produits
Usage de GHB ou de GBL

Marge très étroite entre dose active et dose toxique.

Perte de contrôle, sessions prolongées, rapports impossibles sans produit
Partage de matériel d'injection ou d'inhalation
Rapports non protégés, partenaires multiples, absence de prophylaxie
Retentissement professionnel, social, isolement
Infection sexuellement transmissible récente ou répétée
Personne demandeuse d'aide

10 champs restants

Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.

À quoi sert cet outil ?

Le chemsex concentre des risques qui ne relèvent pas des mêmes réponses : infectieux par l'injection et les rapports non protégés, toxicologiques avec des produits dont la marge est étroite, et psychiques avec une souffrance souvent lourde. Le facteur qui conditionne tout est l'accès aux soins, et il dépend d'une seule chose : la possibilité d'en parler sans être jugé.

Comment est-il calculé ?

Les éléments recueillis couvrent le mode d'usage — injection, produits à marge étroite —, les risques infectieux, la perte de contrôle et son retentissement. Deux situations basculent seules la situation : un antécédent récent d'overdose et les idées suicidaires. Une demande d'aide formulée diminue le total, car elle change tout le pronostic.

Interprétation

  • Usage à documenter

    Usage rapporté sans risque majeur identifié, ou demande d'aide déjà formulée. Aborder le sujet SANS JUGEMENT et préciser les produits, les modes d'usage et les contextes. Proposer d'emblée le socle de réduction des risques : dépistage, vaccination contre l'hépatite B, information sur les interactions médicamenteuses.

  • Réduction des risques à renforcer

    Risque infectieux ou sexuel identifié. Dépistage complet et répété, vaccination, prophylaxie préexposition au VIH si elle est indiquée, et information sur les INTERACTIONS avec un éventuel traitement antirétroviral, qui peuvent multiplier les concentrations de produits et provoquer une surdose.

  • Prise en charge spécialisée

    Injection, usage de GHB ou GBL, ou perte de contrôle avec retentissement. Orienter vers une consultation spécialisée, en gardant la réduction des risques comme premier objectif : matériel stérile, information sur le GHB — dont la marge entre dose active et dose toxique est très étroite, surtout avec de l'alcool. L'arrêt n'est pas le préalable au lien.

  • Prise en charge urgente

    Overdose récente ou idées suicidaires. Prise en charge sans délai, avec évaluation psychiatrique. La DÉPRESSION et l'isolement sont fréquents et sous-évalués dans ce contexte : les chercher fait partie de l'évaluation, indépendamment du niveau de consommation.

Quand l’utiliser ?

Lors d'une consultation de santé sexuelle, devant une infection sexuellement transmissible répétée, ou devant une demande d'aide concernant des consommations.

Limites

  • La marge entre dose active et dose toxique du GHB et du GBL est TRÈS ÉTROITE, et l'association avec l'alcool multiplie le risque de coma. C'est la principale cause d'overdose dans ce contexte, et elle survient chez des personnes expérimentées.
  • Aborder le sujet SANS JUGEMENT conditionne tout le reste : une personne qui craint d'être jugée ne reviendra pas, et c'est la principale barrière d'accès aux soins. Le vocabulaire employé par le soignant compte autant que le contenu de la consultation.
  • L'arrêt n'est PAS l'objectif de première intention. La réduction des risques — matériel stérile, dépistage, vaccination contre l'hépatite B, prophylaxie préexposition au VIH, information sur les interactions — précède et rend possible le lien thérapeutique.
  • Les interactions médicamenteuses sont réelles et méconnues : certains antirétroviraux augmentent fortement les concentrations de produits utilisés dans ce contexte, avec un risque de surdose. La question de l'ordonnance en cours fait partie de la réduction des risques.
  • La DÉPRESSION, l'isolement et le risque suicidaire sont fréquents et sous-évalués : les rechercher fait partie de l'évaluation, indépendamment du niveau de consommation.
  • Cet outil ne reproduit aucun questionnaire validé et ne mesure aucune dépendance ; il structure un repérage et une conduite de réduction des risques.

Questions fréquentes

Quel produit est le plus impliqué dans les overdoses ?
Le GHB et le GBL, dont la marge entre dose active et dose toxique est très étroite. L'association avec l'alcool multiplie le risque de coma, y compris chez des personnes expérimentées.
L'arrêt doit-il être l'objectif de première intention ?
Non. La réduction des risques précède et rend possible le lien thérapeutique. Une personne qui craint d'être jugée ne revient pas, et c'est la principale barrière d'accès aux soins.

Références

  1. Bourne A, Reid D, Hickson F, Torres-Rueda S, Weatherburn P. Illicit drug use in sexual settings ('chemsex') and HIV/STI transmission risk behaviour among gay men in South London. Sexually Transmitted Infections. 2015. DOI 10.1136/sextrans-2015-052052
  2. Maxwell S, Shahmanesh M, Gafos M. Chemsex behaviours among men who have sex with men: A systematic review of the literature. International Journal of Drug Policy. 2019. DOI 10.1016/j.drugpo.2018.11.014

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