Intoxication aiguë aux stimulants
Gravité d'une intoxication aiguë aux stimulants et pièges thérapeutiques à éviter.
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À quoi sert cet outil ?
L'intoxication aux stimulants tue par trois mécanismes : cardiovasculaire, neurologique et hyperthermique. Deux réflexes thérapeutiques y sont délétères — les BÊTABLOQUANTS dans la douleur thoracique cocaïnique, et la contention seule sans sédation dans l'agitation, qui aggrave l'hyperthermie et la rhabdomyolyse.
Comment est-il calculé ?
Les manifestations sont regroupées par système : cardiovasculaire, neurologique et thermique. La température et l'état de conscience déterminent la gravité, et l'hyperthermie est le facteur pronostique dominant.
Interprétation
- Intoxication légère
Manifestations modérées sans retentissement. Surveillance en milieu calme, hydratation prudente, benzodiazépines si agitation. Électrocardiogramme et glycémie systématiques. Aborder la consommation et proposer une orientation en addictologie, sans jugement.
- Intoxication modérée
Agitation, douleur thoracique ou hyperthermie modérée. BENZODIAZÉPINES en première ligne — elles traitent l'agitation, l'hypertension et la douleur thoracique. Éviter les BÊTABLOQUANTS dans la douleur thoracique cocaïnique. Électrocardiogramme, troponine, créatine kinase, ionogramme.
- Intoxication sévère
Anomalie électrocardiographique, convulsion ou rhabdomyolyse. Surveillance continue, sédation par benzodiazépines, hydratation adaptée, et recherche d'une complication — infarctus, dissection aortique, insuffisance rénale. Une CONTENTION seule sans sédation aggrave l'hyperthermie et la rhabdomyolyse.
- Intoxication critique
Hyperthermie majeure ou défaillance. L'HYPERTHERMIE est le facteur pronostique dominant : au-delà de 40 °C, le REFROIDISSEMENT ACTIF est une urgence, avant même l'identification du produit. Réanimation, sédation profonde, éventuelle curarisation. En contexte de MDMA, une hyponatrémie grave peut expliquer convulsions et coma — son traitement est opposé au remplissage.
Quand l’utiliser ?
Devant une agitation, une douleur thoracique, une convulsion ou une hyperthermie chez un sujet jeune, en particulier en contexte festif.
Limites
- Les BÊTABLOQUANTS sont à éviter dans la douleur thoracique cocaïnique : le blocage bêta laisse l'effet alpha sans opposition et peut aggraver le spasme coronaire. Les BENZODIAZÉPINES sont le traitement de première ligne.
- L'HYPERTHERMIE est le facteur pronostique dominant : au-delà de 40 °C, le refroidissement actif est une urgence, avant même l'identification du produit.
- La CONTENTION seule, sans sédation, aggrave l'hyperthermie et la rhabdomyolyse par lutte musculaire : elle ne doit jamais être appliquée sans sédation associée et surveillance.
- Une douleur thoracique sous cocaïne peut correspondre à un infarctus, mais aussi à une DISSECTION AORTIQUE ou à un pneumothorax : l'électrocardiogramme et l'imagerie s'imposent.
- Une HYPONATRÉMIE grave peut compliquer la prise de MDMA, par sécrétion inappropriée d'hormone antidiurétique et hydratation excessive : elle donne convulsions et coma, et son traitement est opposé au remplissage.
- La rhabdomyolyse et l'insuffisance rénale doivent être recherchées systématiquement dans les formes agitées ou hyperthermiques.
Questions fréquentes
- Peut-on donner un bêtabloquant dans une douleur thoracique cocaïnique ?
- À éviter. Le blocage bêta laisse l'effet alpha sans opposition et peut aggraver le spasme coronaire. Les benzodiazépines sont le traitement de première ligne — elles traitent à la fois l'agitation, l'hypertension et la douleur.
- Que faire devant une hyperthermie majeure ?
- Refroidir activement, avant même l'identification du produit. L'hyperthermie est le facteur pronostique dominant de ces intoxications, et chaque degré compte.
Références
- McCord J, Jneid H, Hollander JE, et al.. Management of cocaine-associated chest pain and myocardial infarction. Circulation. 2008. DOI 10.1161/CIRCULATIONAHA.107.188950
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