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CliniOutils

Conduite à tenir devant une agitation aiguë

Repères pour distinguer une agitation d'origine organique d'une agitation psychiatrique, et graduer la réponse.

Version 1.0.0 — revu le 28/08/2026
Glycémie capillaire anormale

Premier geste devant toute agitation.

Anomalie des constantes — fièvre, hypoxie, instabilité
Désorientation temporospatiale ou fluctuation de la vigilance
Signe neurologique focal, ou traumatisme crânien récent
Premier épisode après 40 ans, sans antécédent psychiatrique
Prise de toxique ou sevrage suspecté
Danger immédiat pour le patient ou pour autrui

7 champs restants

Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.

À quoi sert cet outil ?

Devant un patient agité, l'erreur qui coûte le plus cher est d'attribuer d'emblée le tableau à une cause psychiatrique : hypoglycémie, hypoxie, sepsis, hématome sous-dural et sevrage se présentent ainsi, et une sédation sans diagnostic les masque. Ces repères imposent la recherche organique avant tout, puis graduent la réponse.

Comment est-il calculé ?

Les éléments orientant vers une cause organique sont recherchés en premier — âge, absence d'antécédent psychiatrique, désorientation, anomalie des constantes, signe neurologique. Le niveau d'agitation détermine ensuite la réponse, de l'apaisement verbal à la sédation.

Interprétation

  • Orientation psychiatrique probable

    Aucun élément fort en faveur d'une cause organique. Une origine psychiatrique est probable — mais la glycémie capillaire et les constantes restent des vérifications systématiques. Privilégier l'apaisement verbal, la réduction des stimulations et la présence d'un proche avant tout traitement médicamenteux. Avis psychiatrique.

  • Cause organique à écarter

    Des éléments orientent vers une cause organique. Bilan : glycémie, constantes complètes, ionogramme, numération, protéine C-réactive, recherche de toxiques, et imagerie cérébrale selon le contexte. Chez la personne âgée, une agitation nouvelle est un délirium jusqu'à preuve du contraire — chercher globe vésical, fécalome, douleur, infection, iatrogénie.

  • Agitation d origine organique probable

    Faisceau d'arguments fort en faveur d'une cause organique. La sédation ne doit pas précéder l'évaluation, sauf danger immédiat : elle masque le tableau neurologique. Traiter la cause. Si une contention s'impose malgré tout, elle relève d'une prescription médicale écrite, de durée limitée, avec surveillance rapprochée et réévaluation.

Quand l’utiliser ?

Devant tout patient agité, aux urgences, en hospitalisation ou en institution, avant toute décision de sédation ou de contention.

Limites

  • La GLYCÉMIE CAPILLAIRE est le premier geste devant toute agitation : l'hypoglycémie est fréquente, immédiatement réversible, et elle tue si elle est méconnue.
  • Une agitation qui débute APRÈS 40 ans chez un patient sans antécédent psychiatrique est organique jusqu'à preuve du contraire.
  • Chez la personne âgée, une agitation nouvelle est un délirium jusqu'à preuve du contraire : chercher globe vésical, fécalome, douleur, infection, iatrogénie — pas un trouble du comportement.
  • La CONTENTION mécanique est un dernier recours, encadré par la loi : prescription médicale écrite, durée limitée, surveillance rapprochée, réévaluation. Elle expose au décès par asphyxie posturale, à la rhabdomyolyse et à la thrombose.
  • La sédation ne doit jamais précéder l'évaluation, sauf danger immédiat : elle masque le tableau neurologique et rend le diagnostic plus difficile.
  • L'apaisement verbal, la réduction des stimulations et la présence d'un proche sont efficaces et trop souvent négligés au profit du médicament.

Questions fréquentes

Quel est le tout premier geste ?
La glycémie capillaire. L'hypoglycémie est une cause fréquente d'agitation, immédiatement réversible, et elle tue si elle est méconnue. Elle se vérifie avant toute autre chose.
Quand la contention est-elle justifiée ?
En dernier recours seulement, devant un danger immédiat, et dans un cadre légal strict : prescription médicale écrite, durée limitée, surveillance rapprochée et réévaluation. Elle expose au décès par asphyxie posturale, à la rhabdomyolyse et à la thrombose.

Références

  1. Haute Autorité de santé. Isolement et contention en psychiatrie générale — recommandation de bonne pratique. Recommandations françaises. 2017.

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