Reconnaissance des toxidromes
Orientation d'une intoxication d'origine inconnue à partir des constantes, des pupilles et de la peau.
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Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.
À quoi sert cet outil ?
Devant une intoxication dont le toxique est inconnu, l'analyse toxicologique arrive trop tard pour guider les premières heures. Les toxidromes — associations caractéristiques de signes — permettent d'orienter au lit du patient, à partir de trois éléments : les constantes, les pupilles, et l'état de la peau et des muqueuses.
Comment est-il calculé ?
Les éléments les plus discriminants sont recueillis : diamètre pupillaire, fréquence cardiaque, température, sécheresse ou hypersécrétion, état de conscience et tonus. Leur combinaison oriente vers un toxidrome, et donc vers les antidotes et la surveillance à mettre en place.
Interprétation
- Tableau peu évocateur
Peu d'éléments caractéristiques. Cela n'écarte pas une intoxication : les poly-intoxications brouillent les toxidromes, et certaines expressions sont retardées — paracétamol, formes à libération prolongée, champignons, antivitamines K. Glycémie capillaire, électrocardiogramme, et appel du centre antipoison.
- Toxidrome évocateur
Association évocatrice d'un toxidrome. Confronter le tableau aux profils classiques — opioïde : myosis, bradypnée, coma calme ; anticholinergique : mydriase, tachycardie, peau sèche et chaude, délire ; cholinergique : myosis, bradycardie, hypersécrétions ; sympathomimétique : mydriase, tachycardie, sueurs, agitation. Centre antipoison, mesures de support, antidote si indiqué.
- Intoxication grave
Tableau riche, ou anomalie électrocardiographique. Réanimation : voies aériennes, ventilation, hémodynamique, correction de la température. Un QRS élargi ou un QT allongé impose une prise en charge immédiate — bicarbonate molaire, magnésium selon le contexte — et un avis spécialisé. Contacter le centre antipoison sans attendre l'identification du toxique.
Quand l’utiliser ?
Devant tout trouble de conscience ou tout tableau aigu d'origine indéterminée, en particulier chez un sujet jeune.
Limites
- La GLYCÉMIE CAPILLAIRE et l'électrocardiogramme sont les deux premiers examens devant toute intoxication : l'hypoglycémie mime tous les toxidromes, et l'élargissement du QRS ou l'allongement du QT changent immédiatement la prise en charge.
- Les POLY-INTOXICATIONS sont la règle et brouillent les toxidromes : un tableau mixte ou atypique est fréquent et ne doit pas faire écarter l'hypothèse toxique.
- Le toxidrome oriente, il ne diagnostique pas : la confirmation repose sur l'anamnèse, l'entourage, les emballages retrouvés et l'analyse toxicologique.
- Un toxidrome ne dispense jamais d'appeler un CENTRE ANTIPOISON, qui dispose des données actualisées sur les produits et les antidotes.
- Certaines intoxications sont d'expression RETARDÉE — paracétamol, formes à libération prolongée, champignons, antivitamines K : un patient asymptomatique à l'admission peut se dégrader.
- Les mesures de support — voies aériennes, ventilation, hémodynamique, correction de la température — priment toujours sur l'identification du toxique et l'antidote.
Questions fréquentes
- Quels sont les deux premiers examens ?
- La glycémie capillaire et l'électrocardiogramme. L'hypoglycémie mime tous les toxidromes, et un QRS élargi ou un QT allongé change immédiatement la prise en charge.
- Un tableau atypique écarte-t-il une intoxication ?
- Non, au contraire : les poly-intoxications sont la règle et brouillent les toxidromes. Un tableau mixte est fréquent, et certaines intoxications s'expriment avec retard.
Références
- Boyle JS, Bechtel LK, Holstege CP. Approach to the poisoned patient. Disease-a-Month. 2009. DOI 10.1016/j.disamonth.2009.06.002
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