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CliniOutils

Inhalation de fumées d’incendie : gravité

Évaluation de la gravité après inhalation de fumées d'incendie, entre monoxyde de carbone et cyanure.

Version 1.0.0 — revu le 29/08/2026
Troubles de conscience, arrêt circulatoire ou instabilité hémodynamique

Évoquer le cyanure et traiter sans attendre le dosage.

Détresse respiratoire, cyanose
Suies péribuccales ou dans les crachats, dysphonie, stridor
Brûlure de la face, vibrisses brûlées
Exposition en espace clos ou prolongée
Céphalées, nausées, vertiges
Grossesse, nourrisson, insuffisance coronarienne ou respiratoire
Conduite fondée sur une saturation au doigt jugée normale
Exposition brève en extérieur, sujet asymptomatique

9 champs restants

Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.

À quoi sert cet outil ?

Une victime d'incendie inhale deux toxiques à la fois : le monoxyde de carbone et le cyanure, produit par la combustion des matériaux synthétiques. Le second est le plus meurtrier et le moins recherché — troubles de conscience et instabilité hémodynamique chez une victime enfumée doivent le faire évoquer sans attendre le moindre dosage.

Comment est-il calculé ?

Les troubles de conscience, l'arrêt circulatoire et l'instabilité hémodynamique basculent seuls vers l'antidote et la réanimation. Les suies péribuccales, la dysphonie, l'espace clos et la brûlure de la face élèvent le total. Une exposition brève en extérieur, asymptomatique, diminue le total.

Interprétation

  • Surveillance simple

    Exposition brève en extérieur, sujet asymptomatique. Surveillance et information sur les signes différés. Rappeler que la SATURATION au doigt est faussement normale en cas d'intoxication au monoxyde de carbone et ne doit jamais rassurer.

  • Évaluation médicale

    Céphalées, nausées, ou exposition en espace clos. Évaluation médicale avec oxygénothérapie et mesure adaptée : les symptômes du MONOXYDE DE CARBONE sont banals et régulièrement attribués au stress de l'événement. C'est le contexte qui fait le diagnostic.

  • Hospitalisation

    Suies, dysphonie, brûlure de la face, ou terrain fragile. Des SUIES ou une dysphonie annoncent une atteinte des voies aériennes qui peut s'aggraver en quelques heures : l'intubation se discute AVANT l'œdème, non pendant. Hospitalisation et surveillance rapprochée.

  • Urgence vitale

    Troubles de conscience, instabilité hémodynamique ou détresse respiratoire. Évoquer le CYANURE et administrer l'antidote sans attendre de dosage : le résultat arrive après le décès. Oxygénothérapie à haute concentration et réanimation.

Quand l’utiliser ?

Devant toute victime extraite d'un incendie, même sans brûlure cutanée.

Limites

  • Des troubles de conscience ou une instabilité hémodynamique chez une victime enfumée doivent faire évoquer une intoxication au CYANURE et conduire à l'antidote sans attendre de dosage : le résultat arrive après le décès.
  • La saturation mesurée au doigt est FAUSSEMENT NORMALE en cas d'intoxication au monoxyde de carbone : elle ne distingue pas l'hémoglobine oxygénée de la carboxyhémoglobine, et ne doit jamais rassurer.
  • Des SUIES péribuccales ou dans les crachats, une dysphonie ou une brûlure de la face annoncent une atteinte des voies aériennes qui peut s'aggraver en quelques heures : l'intubation se discute AVANT l'œdème, non pendant.
  • L'exposition en ESPACE CLOS et la durée d'exposition sont des éléments majeurs de l'évaluation : une victime asymptomatique extraite d'un espace clos justifie une surveillance.
  • Les céphalées, nausées et vertiges d'une intoxication au monoxyde de carbone sont banals et régulièrement attribués au stress de l'événement : c'est le contexte, non le symptôme, qui fait le diagnostic.
  • Cet outil ne fixe aucun seuil, ne prescrit aucune dose d'antidote, et ne remplace ni la prise en charge préhospitalière, ni l'avis du centre antipoison.

Questions fréquentes

Une saturation normale est-elle rassurante après un incendie ?
Non. La mesure au doigt ne distingue pas l'hémoglobine oxygénée de la carboxyhémoglobine : elle est faussement normale en cas d'intoxication au monoxyde de carbone.
Faut-il attendre un dosage avant de traiter une suspicion de cyanure ?
Non. Devant des troubles de conscience ou une instabilité chez une victime enfumée, l'antidote est administré sans attendre : le résultat du dosage arrive après le décès.

Références

  1. Rehberg S, Maybauer MO, Enkhbaatar P, Maybauer DM, Yamamoto Y, Traber DL. Smoke inhalation. Expert Review of Respiratory Medicine. 2009. DOI 10.1586/ers.09.21
  2. Baud FJ, Barriot P, Toffis V, et al.. Elevated blood cyanide concentrations in victims of smoke inhalation. New England Journal of Medicine. 1991. DOI 10.1056/NEJM199111073251902

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