Aller au contenu principal
CliniOutils

Intoxication au monoxyde de carbone

Repérage d'une intoxication au monoxyde de carbone et des situations relevant d'une oxygénothérapie hyperbare.

Version 1.0.0 — revu le 28/08/2026
Perte de connaissance, confusion, convulsion ou coma
Femme enceinte

L'hémoglobine fœtale fixe le CO plus avidement et l'élimine plus lentement.

Douleur thoracique, anomalie électrocardiographique ou troponine élevée
Carboxyhémoglobine mesurée élevée
Plusieurs personnes ou animaux symptomatiques dans le même lieu
Chauffage d'appoint, groupe électrogène, brasero, incendie
Symptômes s'améliorant hors du lieu d'exposition
Céphalées, nausées ou vertiges
Enfant ou personne âgée

9 champs restants

Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.

À quoi sert cet outil ?

Le monoxyde de carbone tue sans odeur ni couleur, et ses symptômes — céphalées, nausées, vertiges — ressemblent à ceux d'une grippe ou d'une intoxication alimentaire. Le diagnostic se fait rarement sur le tableau clinique seul : il se fait sur le contexte, et surtout sur deux indices que l'interrogatoire peut seul apporter — plusieurs personnes atteintes dans le même lieu, et des symptômes qui s'amendent dehors.

Comment est-il calculé ?

L'orientation repose sur le contexte d'exposition, sur le caractère collectif des symptômes et sur leur amélioration hors du lieu, plus que sur la sémiologie elle-même. Les critères de gravité — troubles de la conscience, signes cardiaques — et la grossesse, qui expose le fœtus à un risque propre, orientent vers l'oxygénothérapie hyperbare.

Interprétation

  • Intoxication peu probable

    Peu d'arguments contextuels. Rester attentif en période de chauffage : le diagnostic se fait sur le contexte plus que sur les symptômes. Demander systématiquement si d'autres personnes du foyer sont atteintes et si les symptômes s'améliorent dehors — ce sont les deux questions qui font le diagnostic.

  • Suspicion : mesurer et oxygéner

    Contexte évocateur. Débuter l'OXYGÉNOTHÉRAPIE normobare à haute concentration immédiatement, sans attendre le dosage, et doser la carboxyhémoglobine. Ne pas se fier à la SpO₂, faussement normale. Alerter pour la vérification de l'installation et le dépistage des autres occupants.

  • Intoxication confirmée

    Intoxication établie ou fortement suspectée. Oxygénothérapie normobare à haute concentration, électrocardiogramme, dosage de troponine, et évaluation neurologique. Chez la FEMME ENCEINTE, discuter systématiquement l'oxygénothérapie hyperbare quel que soit le taux maternel. Prévenir du risque de syndrome post-intervallaire et organiser un suivi.

  • Indication d’oxygénothérapie hyperbare à discuter en urgence

    Troubles de la conscience, signes cardiaques ou grossesse avec exposition marquée. Oxygène à haute concentration sans délai et contact immédiat avec un centre d'oxygénothérapie hyperbare et le centre antipoison. La décision se prend sur la CLINIQUE : un taux de carboxyhémoglobine bas chez un patient déjà oxygéné n'écarte rien.

Quand l’utiliser ?

Devant des céphalées ou des malaises collectifs, en période de chauffage, et devant tout tableau neurologique inexpliqué au domicile.

Limites

  • La SpO₂ mesurée par oxymètre de pouls est FAUSSEMENT NORMALE dans l'intoxication au CO : l'appareil ne distingue pas la carboxyhémoglobine de l'oxyhémoglobine. Ne jamais se rassurer sur une saturation normale.
  • Le taux de CARBOXYHÉMOGLOBINE ne prédit pas la gravité et se normalise vite sous oxygène : un taux bas chez un patient déjà oxygéné n'écarte pas l'intoxication, et la décision se prend sur la clinique.
  • Chez la FEMME ENCEINTE, l'hémoglobine fœtale fixe le CO plus avidement et l'élimine plus lentement : le fœtus est exposé à un risque supérieur à celui de la mère, quel que soit le taux maternel. C'est une indication à discuter systématiquement l'oxygénothérapie hyperbare.
  • L'oxygénothérapie NORMOBARE à haute concentration doit être débutée immédiatement, sur les lieux, sans attendre le dosage : c'est le geste qui compte le plus, et il précède tout transport.
  • Un SYNDROME POST-INTERVALLAIRE — troubles cognitifs, troubles de l'humeur, syndrome parkinsonien — peut apparaître des jours à des semaines après l'exposition, y compris chez des patients initialement peu symptomatiques. Prévoir un suivi et en informer le patient.
  • L'intoxication au CO impose de faire vérifier l'installation en cause avant tout retour au domicile : sans cela, la récidive est probable et elle touchera l'ensemble du foyer.

Questions fréquentes

Une saturation normale écarte-t-elle l'intoxication au CO ?
Non. L'oxymètre de pouls ne distingue pas la carboxyhémoglobine de l'oxyhémoglobine : la SpO₂ reste faussement normale même dans les intoxications graves.
Le taux de carboxyhémoglobine mesure-t-il la gravité ?
Non. Il ne prédit pas la gravité et se normalise rapidement sous oxygène. La décision, y compris celle de l'oxygénothérapie hyperbare, se prend sur la clinique et le contexte.

Références

  1. Weaver LK. Clinical practice: Carbon monoxide poisoning. New England Journal of Medicine. 2009. DOI 10.1056/NEJMcp0808891
  2. Hampson NB, Piantadosi CA, Thom SR, Weaver LK. Practice recommendations in the diagnosis, management, and prevention of carbon monoxide poisoning. American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine. 2012. DOI 10.1164/rccm.201207-1284CI

Outils associés

1000 outils publiés sur cette plateforme. Cet outil est une aide à la pratique clinique et ne remplace pas le jugement du professionnel de santé.