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CliniOutils

Reconnaissance du surdosage en opioïdes

Reconnaissance d'un surdosage en opioïdes et repères pour l'antagonisation par la naloxone.

Version 1.0.0 — revu le 28/08/2026
Trouble de la conscience — somnolence, stupeur ou coma
Fréquence respiratoire inférieure à 12 /min
Myosis serré bilatéral
Traitement opioïde en cours, ou prise suspectée
Association à une benzodiazépine, à l alcool ou à un autre sédatif
Augmentation récente de dose, ou insuffisance rénale

6 champs restants

Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.

À quoi sert cet outil ?

Le surdosage en opioïdes tue par dépression respiratoire, et l'antidote est immédiatement disponible et efficace. Encore faut-il reconnaître le tableau : la triade coma, myosis serré, bradypnée est simple, mais elle est régulièrement attribuée à une autre cause, en particulier chez le patient hospitalisé sous morphine dont on suit le score de douleur et non la fréquence respiratoire.

Comment est-il calculé ?

La triade caractéristique est recherchée — dépression de la conscience, myosis serré, fréquence respiratoire abaissée — avec les éléments de contexte : traitement opioïde, augmentation récente de dose, association à un sédatif, insuffisance rénale.

Interprétation

  • Surdosage improbable

    Peu d'arguments. Un surdosage en opioïdes est improbable : chercher une autre cause au trouble de conscience — hypoglycémie, hypoxie, sepsis, cause neurologique, autre toxique. Chez un patient sous opioïdes, poursuivre la surveillance de la FRÉQUENCE RESPIRATOIRE, plus précoce que la saturation.

  • Surdosage possible

    Arguments présents sans le tableau complet. Suspendre l'opioïde, stimuler, oxygéner, surveiller la fréquence respiratoire de façon rapprochée, et préparer la naloxone. Chercher les facteurs favorisants : association sédative, insuffisance rénale, augmentation récente de dose.

  • Surdosage probable — antagoniser

    Tableau évocateur de surdosage. Libérer les voies aériennes, ventiler, et administrer la NALOXONE en titration par petites fractions — l'objectif est de restaurer la VENTILATION, non la conscience : réveiller complètement un patient dépendant déclenche un sevrage aigu. La naloxone ayant une demi-vie plus courte que la plupart des opioïdes, surveiller de façon prolongée et envisager une perfusion continue.

Quand l’utiliser ?

Devant tout trouble de conscience chez un patient recevant des opioïdes, et devant tout coma d'origine indéterminée.

Limites

  • La FRÉQUENCE RESPIRATOIRE est le paramètre à surveiller sous opioïdes, avant la saturation : sous oxygène, la saturation reste normale alors que la ventilation s'effondre déjà.
  • La naloxone a une DEMI-VIE COURTE, plus courte que celle de la plupart des opioïdes : le patient peut se re-dépresser après une amélioration initiale. Une surveillance prolongée est indispensable, et une perfusion continue parfois nécessaire.
  • Chez le patient dépendant, une dose trop élevée de naloxone déclenche un syndrome de sevrage aigu avec agitation : titrer par petites fractions pour restaurer la ventilation, non la conscience.
  • Le myosis peut MANQUER en cas de co-intoxication, d'hypoxie profonde ou avec certains opioïdes de synthèse : son absence n'écarte pas le diagnostic.
  • Une intoxication aux opioïdes de synthèse puissants peut nécessiter des doses de naloxone bien supérieures aux doses habituelles.
  • L'antagonisation ne dispense ni de la ventilation, ni de la recherche des complications — inhalation, rhabdomyolyse, hypothermie, traumatisme lié à la chute.

Questions fréquentes

Que surveiller sous opioïdes : saturation ou fréquence respiratoire ?
La FRÉQUENCE RESPIRATOIRE. Sous oxygène, la saturation reste normale alors que la ventilation s'effondre déjà : elle rassure faussement jusqu'à l'arrêt.
Peut-on arrêter la surveillance après la naloxone ?
Non. Sa demi-vie est plus courte que celle de la plupart des opioïdes : le patient peut se re-dépresser après une amélioration initiale. La surveillance doit être prolongée, et une perfusion continue est parfois nécessaire.

Références

  1. Boyer EW. Management of opioid analgesic overdose. New England Journal of Medicine. 2012. DOI 10.1056/NEJMra1202561

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