Nausées et vomissements de la grossesse : gravité
Évaluation de la gravité de nausées et vomissements de la grossesse, et repérage de ce qui n'en relève pas.
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À quoi sert cet outil ?
Les nausées de la grossesse concernent la majorité des femmes, mais une minorité développe une hyperémèse — avec dénutrition, déshydratation et, dans les formes négligées, une encéphalopathie de Gayet-Wernicke par carence en thiamine, complication grave et évitable. L'outil sépare l'inconfort banal de la situation qui impose une hospitalisation, et signale ce qui ne doit pas être mis sur le compte de la grossesse.
Comment est-il calculé ?
Les éléments recueillis portent sur le retentissement objectif — perte de poids, déshydratation, intolérance totale —, sur l'échec d'un traitement bien conduit, et sur les signes qui font sortir du cadre : troubles neurologiques évoquant une carence en thiamine, début tardif ou tableau douloureux et fébrile orientant vers un autre diagnostic.
Interprétation
- Nausées de la grossesse
Tableau habituel du premier trimestre, sans retentissement objectif. Mesures simples : fractionnement des repas, éviction des odeurs déclenchantes, hydratation en dehors des repas. Un traitement antiémétique adapté à la grossesse est possible et ne doit pas être refusé au motif du terme : le confort compte, et il évite l'escalade.
- Forme modérée
Vomissements fréquents avec retentissement sur la vie quotidienne. Traitement antiémétique, arrêt de travail si nécessaire, et réévaluation rapprochée avec pesée. Contrôler la cétonurie et le ionogramme : la déshydratation s'installe plus vite que la plainte ne le laisse penser.
- Hyperémèse : hospitalisation à discuter
Perte de poids, déshydratation ou intolérance totale. Hospitalisation pour réhydratation intraveineuse, correction ionique et traitement antiémétique par voie parentérale. Administrer la THIAMINE avant tout apport glucosé. Rechercher une grossesse multiple, une môle et une hyperthyroïdie gestationnelle.
- Urgence : complication neurologique
Signes neurologiques évoquant une encéphalopathie de GAYET-WERNICKE par carence en thiamine. Administration immédiate de thiamine par voie parentérale, AVANT tout apport glucosé, et avis spécialisé sans délai. La complication est réversible si elle est traitée tôt, et laisse des séquelles définitives si elle ne l'est pas.
Quand l’utiliser ?
Devant des vomissements chez une femme enceinte, en particulier au premier trimestre.
Limites
- Devant des vomissements prolongés, la THIAMINE doit être administrée AVANT tout apport glucosé : une perfusion de glucose chez une femme carencée peut déclencher une encéphalopathie de Gayet-Wernicke. C'est une complication grave, réversible si elle est prévenue, et souvent définitive si elle est constituée.
- Un début APRÈS 9 semaines d'aménorrhée, ou une aggravation tardive, ne correspond pas au profil habituel : chercher une autre cause — infection urinaire, pathologie digestive, hyperthyroïdie, pathologie neurologique — plutôt que d'attribuer le tableau à la grossesse.
- Une DOULEUR abdominale, une fièvre ou des céphalées ne font pas partie du tableau : elles imposent une exploration propre. Attribuer une douleur à des vomissements gravidiques fait manquer une urgence chirurgicale.
- Rechercher une grossesse MULTIPLE et une môle hydatiforme devant une forme sévère, ainsi qu'une hyperthyroïdie gestationnelle transitoire, fréquente et le plus souvent spontanément résolutive.
- Cet outil n'est pas le score PUQE et n'en reproduit pas la cotation. Il ne remplace ni l'évaluation biologique — ionogramme, fonction rénale, cétonurie —, ni l'échographie.
Questions fréquentes
- Pourquoi donner de la thiamine avant le glucose ?
- Parce qu'un apport glucosé chez une femme carencée en thiamine peut déclencher une encéphalopathie de Gayet-Wernicke. L'ordre compte : thiamine d'abord, glucose ensuite.
- Faut-il éviter tout traitement antiémétique au premier trimestre ?
- Non. Des antiémétiques utilisables pendant la grossesse existent et sont recommandés quand les mesures simples ne suffisent pas. Les refuser au motif du terme laisse s'installer une déshydratation évitable.
Références
- Koren G, Boskovic R, Hard M, Maltepe C, Navioz Y, Einarson A. Motherisk-PUQE (pregnancy-unique quantification of emesis and nausea) scoring system for nausea and vomiting of pregnancy. American Journal of Obstetrics and Gynecology. 2002. DOI 10.1067/mob.2002.123054
- Royal College of Obstetricians and Gynaecologists. The Management of Nausea and Vomiting of Pregnancy and Hyperemesis Gravidarum (Green-top Guideline No. 69). 2016.
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