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CliniOutils

Intoxication au lithium : gravité

Évaluation d'une intoxication au lithium, où la clinique prime sur la lithiémie.

Version 1.0.0 — revu le 29/08/2026
Convulsions, coma ou état de mal
Confusion, myoclonies, ataxie marquée
Intoxication chronique, sans prise massive récente

Plus grave à taux égal qu’une intoxication aiguë.

Insuffisance rénale aiguë ou chronique
Lithiémie élevée sur un prélèvement interprétable
Déshydratation, diurétique, anti-inflammatoire, canicule
Tremblements majorés, dysarthrie
Âge avancé ou comorbidités
Nausées, vomissements, diarrhée

9 champs restants

Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.

À quoi sert cet outil ?

Dans l'intoxication au lithium, la lithiémie corrèle mal avec la gravité : une intoxication chronique modérément élevée est bien plus dangereuse qu'une intoxication aiguë à taux élevé, parce que le lithium a eu le temps de pénétrer le système nerveux. La décision se prend donc sur la clinique et sur le mécanisme, pas sur le chiffre.

Comment est-il calculé ?

Les signes neurologiques — tremblements, ataxie, confusion, myoclonies, convulsions — pèsent le plus car ils traduisent la pénétration cérébrale. Le mécanisme est distingué : une intoxication chronique, souvent déclenchée par une déshydratation ou un médicament interférant, est plus grave à taux égal. L'insuffisance rénale et le grand âge aggravent.

Interprétation

  • Surveillance et contrôle

    Signes digestifs isolés sans atteinte neurologique. Contrôler la lithiémie en précisant l'HEURE de la dernière prise — un dosage réalisé peu après surestime l'imprégnation —, vérifier la fonction rénale et l'hydratation, et rechercher un facteur déclenchant.

  • Adapter le traitement et corriger la cause

    Tremblements, dysarthrie, ou facteur déclenchant identifié. Suspendre temporairement le lithium, réhydrater, et corriger la cause : sans elle, la lithiémie remonte. Revoir l'ordonnance — diurétiques, anti-inflammatoires et bloqueurs du système rénine-angiotensine élèvent la lithiémie.

  • Hospitalisation

    Atteinte neurologique installée, insuffisance rénale, ou intoxication chronique. Hospitalisation avec surveillance neurologique et rénale rapprochée. Ne pas se rassurer sur une lithiémie qui baisse : un syndrome neurologique SÉQUELLAIRE peut persister, ce qui justifie de traiter tôt.

  • Épuration extrarénale à discuter

    Convulsions, coma, ou atteinte neurologique sévère. Prise en charge en réanimation et discussion de l'ÉPURATION EXTRARÉNALE, dont le lithium est un excellent candidat. L'indication repose sur la clinique et la fonction rénale, non sur le seul chiffre de lithiémie.

Quand l’utiliser ?

Devant tout signe neurologique chez un patient traité par lithium, et devant toute lithiémie élevée.

Limites

  • La LITHIÉMIE corrèle mal avec la gravité : une intoxication CHRONIQUE à taux modérément élevé est plus dangereuse qu'une intoxication aiguë à taux élevé, car le lithium a diffusé dans le système nerveux. La décision se prend sur la clinique et le mécanisme.
  • Chercher systématiquement le FACTEUR DÉCLENCHANT : déshydratation, canicule, vomissements, diurétique, anti-inflammatoire non stéroïdien, inhibiteur du système rénine-angiotensine, insuffisance rénale aiguë. Sans correction de la cause, la lithiémie remonte.
  • L'ÉPURATION EXTRARÉNALE est le traitement des formes graves, et le lithium en est un excellent candidat. Son indication repose sur la clinique neurologique et la fonction rénale bien plus que sur le seul chiffre de lithiémie.
  • Un SYNDROME NEUROLOGIQUE SÉQUELLAIRE peut persister après correction de la lithiémie, en particulier après une intoxication chronique méconnue : c'est l'argument principal pour traiter tôt et ne pas se rassurer sur un taux qui baisse.
  • Le prélèvement doit être interprété en fonction de l'heure de la dernière prise : un dosage réalisé peu après la prise surestime l'imprégnation tissulaire et fait porter à tort un diagnostic de surdosage.
  • Cet outil ne fixe aucun seuil de lithiémie et ne remplace ni le dosage, ni l'avis du centre antipoison, ni celui du néphrologue.

Questions fréquentes

La lithiémie suffit-elle à juger de la gravité ?
Non. Une intoxication chronique à taux modérément élevé est plus dangereuse qu'une intoxication aiguë à taux élevé, car le lithium a diffusé dans le système nerveux. La clinique décide.
Que chercher systématiquement devant un surdosage ?
Le facteur déclenchant : déshydratation, canicule, vomissements, diurétique, anti-inflammatoire, bloqueur du système rénine-angiotensine, insuffisance rénale. Sans le corriger, la lithiémie remonte.

Références

  1. Decker BS, Goldfarb DS, Dargan PI, et al.. Extracorporeal Treatment for Lithium Poisoning: Systematic Review and Recommendations from the EXTRIP Workgroup. Clinical Journal of the American Society of Nephrology. 2015. DOI 10.2215/CJN.10021014
  2. Baird-Gunning J, Lea-Henry T, Hoegberg LCG, Gosselin S, Roberts DM. Lithium toxicity. Journal of Intensive Care Medicine. 2017. DOI 10.1177/0885066616651582

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