Piqûre d’hyménoptère : gravité
Évaluation d'une piqûre d'hyménoptère, entre réaction locale banale, anaphylaxie et envenimation par piqûres multiples.
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À quoi sert cet outil ?
Trois situations très différentes se cachent derrière « une piqûre de guêpe » : la réaction locale, même étendue, qui est banale et ne prédit pas l'anaphylaxie ; la réaction systémique, qui est une urgence et impose l'adrénaline intramusculaire ; et l'envenimation par piqûres multiples, qui est une toxicité de dose sans mécanisme allergique.
Comment est-il calculé ?
Les signes systémiques — respiratoires, hémodynamiques, digestifs — sont recherchés en premier car ils basculent seuls la situation. La localisation buccale ou pharyngée est isolée pour son risque obstructif mécanique. Le nombre de piqûres est recueilli à part, car l'envenimation massive relève d'un autre mécanisme. Une réaction locale isolée diminue le total.
Interprétation
- Réaction locale
Douleur et rougeur limitées au site. Retirer le dard si présent, froid local, antalgique. Une réaction locale ÉTENDUE reste une réaction locale : elle est impressionnante mais ne prédit pas d'anaphylaxie ultérieure et ne justifie pas à elle seule une trousse d'urgence.
- Surveillance nécessaire
Réaction étendue, terrain à risque, ou signes de surinfection. Surveillance et traitement symptomatique. Chez un patient à risque — asthme, cardiopathie, bêtabloquant —, la réaction anaphylactique éventuelle serait plus sévère et plus difficile à traiter : en tenir compte pour la durée de surveillance.
- Hospitalisation
Piqûre buccale ou pharyngée, piqûres multiples, ou antécédent de réaction systémique. Une piqûre dans la BOUCHE expose à une obstruction mécanique indépendamment de toute allergie. Des PIQÛRES MULTIPLES relèvent d'une toxicité de dose : surveillance biologique prolongée — rhabdomyolyse, hémolyse, fonction rénale.
- Anaphylaxie : urgence
Signes systémiques. ADRÉNALINE INTRAMUSCULAIRE immédiate dans la face antéro-externe de la cuisse, sans attendre : antihistaminiques et corticoïdes ne traitent pas l'anaphylaxie, et le retard d'adrénaline est la principale cause de décès. Surveillance prolongée — une réaction biphasique est possible —, prescription d'une trousse d'urgence et adressage en allergologie.
Quand l’utiliser ?
Après toute piqûre d'abeille, de guêpe ou de frelon, et devant tout malaise survenant en extérieur.
Limites
- L'ADRÉNALINE INTRAMUSCULAIRE dans la face antéro-externe de la cuisse est le traitement de l'anaphylaxie, et elle ne doit pas être retardée par un antihistaminique ou un corticoïde : ceux-ci ne traitent pas l'anaphylaxie et le retard est la principale cause de décès.
- Une réaction locale ÉTENDUE — plusieurs dizaines de centimètres, persistant plusieurs jours — reste une réaction locale : elle est impressionnante mais ne prédit PAS une anaphylaxie ultérieure et ne justifie pas de trousse d'urgence à elle seule.
- Des PIQÛRES MULTIPLES relèvent d'une toxicité de dose, non d'une allergie : rhabdomyolyse, hémolyse, atteinte rénale et hépatique. La surveillance est biologique et prolongée, même en l'absence de tout signe allergique.
- Une piqûre dans la BOUCHE ou le pharynx expose à une obstruction mécanique par œdème, indépendamment de toute allergie : c'est une situation de surveillance rapprochée en milieu hospitalier.
- Après une réaction systémique, prescrire une TROUSSE d'urgence avec adrénaline auto-injectable, montrer son utilisation, et adresser en allergologie : l'immunothérapie au venin est très efficace et transforme le pronostic.
- Cet outil ne remplace ni la surveillance hospitalière après anaphylaxie — une réaction biphasique est possible —, ni le bilan allergologique.
Questions fréquentes
- Une réaction locale étendue annonce-t-elle une anaphylaxie ?
- Non. Une réaction locale, même de plusieurs dizaines de centimètres et durant plusieurs jours, ne prédit pas d'anaphylaxie ultérieure et ne justifie pas à elle seule une trousse d'urgence.
- Que donner en premier devant une anaphylaxie ?
- De l'adrénaline intramusculaire dans la face antéro-externe de la cuisse, immédiatement. Antihistaminiques et corticoïdes ne traitent pas l'anaphylaxie, et le retard d'adrénaline est la principale cause de décès.
Références
- Sturm GJ, Varga EM, Roberts G, et al.. EAACI guidelines on allergen immunotherapy: Hymenoptera venom allergy. Allergy. 2018. DOI 10.1111/all.13262
- Shaker MS, Wallace DV, Golden DBK, et al.. Anaphylaxis: a 2020 practice parameter update. Journal of Allergy and Clinical Immunology. 2020. DOI 10.1016/j.jaci.2020.01.017
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