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CliniOutils

Critères de Rotterdam (syndrome des ovaires polykystiques)

Diagnostic du syndrome des ovaires polykystiques : deux critères sur trois, après exclusion des diagnostics différentiels.

Version 1.0.0 — revu le 28/08/2026
Oligo-anovulation ou anovulation

Cycles de plus de 35 jours, moins de huit cycles par an, ou aménorrhée.

Hyperandrogénie clinique ou biologique

Hirsutisme, acné persistante, alopécie androgénique, ou testostérone élevée.

Aspect échographique d ovaires polykystiques

Compte folliculaire élevé ou volume ovarien augmenté, par voie endovaginale. Critère NON retenu chez l'adolescente.

Diagnostics différentiels écartés

Bloc en 21-hydroxylase à révélation tardive, hyperprolactinémie, dysthyroïdie, Cushing, tumeur sécrétante.

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Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.

À quoi sert cet outil ?

Le syndrome des ovaires polykystiques est la première cause d'anovulation et touche près d'une femme sur dix, mais il est à la fois surdiagnostiqué — sur une simple image échographique — et sous-diagnostiqué. Les critères de Rotterdam fixent une définition partagée : deux éléments sur trois, et surtout l'exclusion préalable des autres causes.

Comment est-il calculé ?

Trois critères sont recherchés : l'oligo-anovulation, l'hyperandrogénie clinique ou biologique, et l'aspect échographique d'ovaires polykystiques. Deux critères sur trois suffisent, à condition d'avoir écarté les diagnostics différentiels — c'est cette exclusion, et non le comptage, qui fait la qualité du diagnostic.

Interprétation

  • Critères non réunis

    Moins de deux critères diagnostiques. Le syndrome des ovaires polykystiques n'est pas retenu. Poursuivre l'exploration du trouble du cycle ou de l'hyperandrogénie selon son expression, et réévaluer à distance si le tableau se complète.

  • Deux critères, exclusion non documentée

    Deux ou trois critères sont réunis mais l'exclusion des diagnostics différentiels n'est pas documentée. Compléter le bilan avant de retenir le diagnostic : 17-hydroxyprogestérone, prolactine, TSH, et cortisol si le tableau l'évoque. Une hyperandrogénie sévère ou d'installation rapide impose de chercher une tumeur.

  • Syndrome des ovaires polykystiques

    Au moins deux critères réunis, diagnostics différentiels écartés : le diagnostic est retenu. Dépister le risque métabolique — glycémie, hémoglobine glyquée, bilan lipidique —, protéger l'endomètre en cas d'aménorrhée prolongée, et prendre en charge selon le projet : contraception et traitement de l'hyperandrogénie, ou induction de l'ovulation en cas de désir de grossesse.

Quand l’utiliser ?

Devant des cycles irréguliers, une hyperpilosité, une acné persistante, une infertilité ou une découverte échographique fortuite.

Limites

  • Le diagnostic est un diagnostic d'EXCLUSION : hyperplasie congénitale des surrénales à révélation tardive, hyperprolactinémie, dysthyroïdie, syndrome de Cushing et tumeur sécrétante doivent être écartés avant de retenir Rotterdam.
  • Chez l'ADOLESCENTE, le critère échographique n'est pas retenu : les ovaires multifolliculaires et les cycles irréguliers sont physiologiques dans les deux à trois ans suivant les premières règles. Deux critères cliniques sont alors exigés.
  • L'échographie doit être réalisée par voie endovaginale avec une sonde de haute fréquence : un compte folliculaire réalisé par voie sus-pubienne n'est pas interprétable.
  • Une hyperandrogénie sévère ou d'installation rapide, une virilisation, doivent faire chercher une tumeur ovarienne ou surrénalienne, non un syndrome des ovaires polykystiques.
  • Le diagnostic ne se limite pas à la fertilité : le risque métabolique — intolérance au glucose, diabète de type 2, dyslipidémie — et le risque d'hyperplasie endométriale en cas d'aménorrhée prolongée doivent être dépistés.
  • Une contraception hormonale en cours masque les critères cliniques et biologiques : le bilan doit être réalisé à distance de son arrêt.

Questions fréquentes

Peut-on retenir le diagnostic chez une adolescente ?
Oui, mais sans le critère échographique : les ovaires multifolliculaires et les cycles irréguliers sont physiologiques dans les deux à trois ans suivant les premières règles. Deux critères cliniques sont alors exigés.
Une image échographique suffit-elle ?
Non, jamais. C'est la première cause de surdiagnostic. Il faut deux critères sur trois ET l'exclusion des autres causes d'hyperandrogénie et de trouble du cycle.

Références

  1. Rotterdam ESHRE/ASRM-Sponsored PCOS Consensus Workshop Group. Revised 2003 consensus on diagnostic criteria and long-term health risks related to polycystic ovary syndrome. Fertility and Sterility. 2004. DOI 10.1016/j.fertnstert.2003.10.004

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