Troubles du sommeil de l'enfant
Orientation devant un trouble du sommeil de l'enfant, entre difficulté d'endormissement, parasomnie et apnées.
8 champs restants
Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.
À quoi sert cet outil ?
Le trouble du sommeil est un motif de consultation majeur en pédiatrie, et l'essentiel se résout par les règles d'hygiène du sommeil. Mais deux situations doivent être identifiées : les apnées obstructives, dont le RONFLEMENT est le signal et qui retentissent sur le comportement et les apprentissages, et les parasomnies, dont le caractère bénin doit être expliqué plutôt que traité.
Comment est-il calculé ?
Les éléments sont regroupés selon leur orientation : les difficultés d'endormissement et les réveils, les manifestations nocturnes évoquant une parasomnie, les signes respiratoires nocturnes, et le retentissement diurne — qui est ce qui décide de l'exploration.
Interprétation
- Trouble comportemental du sommeil
Difficultés d'endormissement ou réveils, sans signe respiratoire ni retentissement marqué. Règles d'hygiène du sommeil : horaires réguliers, rituel du coucher, arrêt des écrans en soirée, chambre fraîche et sombre. La MÉLATONINE et les hypnotiques n'ont pas leur place en première intention chez l'enfant.
- Parasomnie probable
Épisodes nocturnes évoquant une parasomnie. Les terreurs nocturnes et le somnambulisme sont BÉNINS : l'enfant n'en garde aucun souvenir, il ne faut pas le réveiller, et l'essentiel du traitement est l'explication aux parents et la sécurisation de l'environnement. Des cauchemars répétés et stéréotypés font en revanche chercher un événement traumatique.
- Orientation respiratoire
Signes respiratoires nocturnes. Chercher un syndrome d'apnées obstructives : examen ORL avec évaluation des amygdales et des végétations, et enregistrement du sommeil selon le contexte. Le retentissement chez l'enfant se manifeste par une AGITATION et des troubles de l'attention plutôt que par une somnolence — d'où les diagnostics de trouble du comportement portés à tort.
- Exploration du sommeil indiquée
Signes respiratoires avec retentissement diurne, ou somnolence franche. Exploration du sommeil et avis spécialisé. Une somnolence diurne franche chez l'enfant est anormale : elle peut révéler une narcolepsie, souvent diagnostiquée avec des années de retard.
Quand l’utiliser ?
Devant une plainte de sommeil de l'enfant, un ronflement, une somnolence diurne, ou des troubles du comportement inexpliqués.
Limites
- Un RONFLEMENT habituel chez l'enfant n'est pas banal : il impose de chercher un syndrome d'apnées obstructives, dont le retentissement se manifeste par une agitation et des troubles de l'attention plutôt que par une somnolence — d'où les diagnostics de trouble du comportement portés à tort.
- Les TERREURS nocturnes et le somnambulisme sont des parasomnies bénignes du sommeil profond : l'enfant n'en garde aucun souvenir, il ne faut pas le réveiller, et l'essentiel du traitement est l'explication aux parents et la sécurisation de l'environnement.
- Les CAUCHEMARS sont différents : ils surviennent en fin de nuit, l'enfant se réveille, se souvient et est consolable. Répétés et stéréotypés, ils doivent faire chercher un événement traumatique.
- Chez l'ADOLESCENT, le retard de phase est physiologique et aggravé par les écrans du soir : le tableau n'est pas une insomnie, et le traitement passe par les horaires et la lumière, non par un hypnotique.
- La MÉLATONINE et les hypnotiques n'ont pas leur place en première intention chez l'enfant : les mesures comportementales et les règles d'hygiène du sommeil font l'essentiel.
- Une somnolence diurne franche chez l'enfant est anormale et doit être explorée : elle peut révéler une narcolepsie, souvent diagnostiquée avec des années de retard.
Questions fréquentes
- Faut-il réveiller un enfant en terreur nocturne ?
- Non. Les terreurs nocturnes surviennent en sommeil profond, l'enfant n'en garde aucun souvenir, et le réveiller ne fait que prolonger la confusion. Sécuriser l'environnement et rassurer les parents suffit.
- Comment se manifestent les apnées chez l'enfant ?
- Par une agitation et des troubles de l'attention diurnes, plutôt que par une somnolence comme chez l'adulte. C'est pourquoi tant d'enfants apnéiques reçoivent un diagnostic de trouble du comportement — alors que le ronflement était le signal.
Références
- Marcus CL, Brooks LJ, Draper KA, et al.. Diagnosis and Management of Childhood Obstructive Sleep Apnea Syndrome. Pediatrics. 2012. DOI 10.1542/peds.2012-1671
Outils associés
Classification de Friedman (obstruction pharyngée)
Gradation de l'obstruction pharyngée par la position du palais et le volume amygdalien.
Score STOP-BANG
Dépistage du syndrome d'apnées obstructives du sommeil en huit questions, dont quatre cliniques et quatre morphologiques.
Amygdalectomie chez l'enfant : indications
Évaluation des indications d'amygdalectomie chez l'enfant, entre obstruction respiratoire et angines à répétition.
Trouble anxieux de l'enfant : repérage
Repérage d'un trouble anxieux chez l'enfant, dont la présentation la plus fréquente est somatique et non verbale.
Couchage du nourrisson : ce qui réduit réellement le risque
Repérage des conditions de couchage d'un nourrisson associées à un surrisque, et des situations les plus dangereuses souvent ignorées.
Sommeil de l’adolescent : repérage
Repérage d'un trouble du sommeil de l'adolescent, entre retard de phase physiologique et cause à explorer.
1000 outils publiés sur cette plateforme. Cet outil est une aide à la pratique clinique et ne remplace pas le jugement du professionnel de santé.