Traitements habituels avant une intervention : arrêter, continuer, relayer
Repérage des erreurs de gestion des traitements habituels autour d'une intervention, dans les deux sens : arrêts inutiles et poursuites dangereuses.
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À quoi sert cet outil ?
Autour d'une intervention, les erreurs vont dans les deux sens. Arrêter par précaution des traitements qui devaient être poursuivis expose à une décompensation ; poursuivre sans réflexion ceux qui augmentent le risque hémorragique ou métabolique expose à l'inverse. Le point faible n'est pas la décision elle-même mais sa transmission : la consigne circule mal entre le prescripteur, l'anesthésiste, le chirurgien et le patient, et personne ne vérifie ce qui a réellement été fait.
Comment est-il calculé ?
L'arrêt d'un traitement dont l'interruption est dangereuse et l'anticoagulant ou antiagrégant géré sans consigne claire basculent seuls vers la reprise immédiate. La liste complète non recueillie, l'automédication et les compléments non recensés, la consigne non écrite, la reprise après l'intervention non planifiée et l'absence de vérification de ce qui a été fait élèvent le total. Une gestion documentée et transmise diminue le total.
Interprétation
- Gestion maîtrisée
Gestion documentée, écrite et transmise. Planifier aussi la REPRISE : sans cela, des traitements restent suspendus par oubli.
- Informer le médecin traitant
Médecin traitant non informé. C'est lui qui verra le patient APRÈS, et qui rétablira ou non ce qui a été suspendu.
- Sécuriser la transmission
Liste incomplète, automédication non recensée, consigne non écrite, reprise non planifiée ou aucune vérification. Le point faible est la TRANSMISSION, pas la décision.
- Reprendre sans attendre
Arrêt d'un traitement dangereux à interrompre, ou antithrombotique sans consigne claire. Les erreurs vont dans les DEUX SENS.
Quand l’utiliser ?
À la consultation préopératoire, et à l'entrée pour toute intervention programmée.
Limites
- Les erreurs vont dans les DEUX SENS : arrêter par précaution un traitement qui devait être poursuivi est aussi risqué que poursuivre ce qui devait être arrêté.
- Certains traitements ne se suspendent PAS sans conséquence : leur arrêt par prudence expose à une décompensation qui n'a rien à voir avec l'intervention.
- Le point faible est la TRANSMISSION : la consigne circule mal entre le prescripteur, l'anesthésiste, le chirurgien et le patient.
- L'AUTOMÉDICATION, les compléments alimentaires et les plantes ne figurent sur aucune ordonnance et sont rarement recensés, alors que certains modifient l'hémostase.
- La REPRISE après l'intervention se planifie en même temps que l'arrêt : sans cela, des traitements restent suspendus des semaines par oubli.
- Cet outil ne donne aucune règle par classe médicamenteuse, ne propose aucun schéma de relais et ne remplace ni la consultation d'anesthésie ni l'avis du prescripteur.
Questions fréquentes
- Faut-il arrêter les traitements par précaution ?
- Non : l'arrêt par précaution d'un traitement qui devait être poursuivi expose à une décompensation sans rapport avec l'intervention.
- Que faut-il recenser en plus des ordonnances ?
- L'automédication, les compléments alimentaires et les plantes : ils ne figurent sur aucune ordonnance et certains modifient l'hémostase.
Références
- European Society of Cardiology. ESC guidelines on cardiovascular assessment and management of patients undergoing non-cardiac surgery. European Heart Journal. 2022.
- Douketis JD, Spyropoulos AC, Murad MH, et al.. Perioperative management of antithrombotic therapy: an American College of Chest Physicians clinical practice guideline. Chest. 2022.
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