Aller au contenu principal
CliniOutils

Questionnaire SCOFF (troubles du comportement alimentaire)

Dépistage d'un trouble du comportement alimentaire en cinq questions posées en consultation.

Version 1.0.0 — revu le 28/08/2026
Vous faites-vous vomir parce que vous vous sentez mal d'avoir trop mangé ?
Craignez-vous d'avoir perdu le contrôle de ce que vous mangez ?
Avez-vous récemment perdu plus de six kilos en trois mois ?
Pensez-vous que vous êtes gros alors que les autres vous trouvent mince ?
Diriez-vous que la nourriture domine votre vie ?

5 champs restants

Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.

À quoi sert cet outil ?

Les troubles du comportement alimentaire mettent en moyenne plusieurs années à être diagnostiqués, alors que la précocité de la prise en charge est le principal déterminant du pronostic. Le questionnaire SCOFF tient en cinq questions et se pose en consultation ordinaire, ce qui en fait l'outil de dépistage recommandé en soins primaires.

Comment est-il calculé ?

Cinq questions explorent les vomissements provoqués, la perte de contrôle sur l'alimentation, une perte de poids récente, la distorsion de l'image corporelle et la place envahissante de la nourriture. Deux réponses positives ou plus rendent le trouble probable.

Interprétation

  • Dépistage négatif

    Moins de deux réponses positives. Un trouble du comportement alimentaire est peu probable. Un résultat négatif chez un patient qui inquiète ne doit cependant pas rassurer : la dissimulation fait partie du trouble. Rester attentif à l'évolution du poids et du comportement.

  • Dépistage positif

    Deux réponses positives ou plus : un trouble du comportement alimentaire est probable. Entretien approfondi, évaluation SOMATIQUE — poids, indice de masse corporelle, vitesse d'amaigrissement, fréquence cardiaque, pression artérielle, ionogramme, électrocardiogramme —, recherche d'une comorbidité psychiatrique et d'idées suicidaires, puis orientation vers une prise en charge spécialisée.

Quand l’utiliser ?

Chez l'adolescent et l'adulte jeune, devant une variation de poids, une aménorrhée, une fatigue inexpliquée, ou systématiquement lors d'un bilan de santé.

Limites

  • Le questionnaire DÉPISTE : un résultat positif appelle un entretien approfondi, non un diagnostic. À l'inverse, un résultat négatif chez un patient qui inquiète ne doit pas rassurer.
  • Il est moins sensible dans l'hyperphagie boulimique et chez le sportif, où la restriction est valorisée et la plainte absente.
  • La dissimulation est FRÉQUENTE et fait partie du trouble : les réponses peuvent être minimisées, en particulier chez l'adolescent accompagné d'un parent.
  • Le questionnaire ne dit rien de la GRAVITÉ : c'est l'état somatique — indice de masse corporelle, vitesse d'amaigrissement, fréquence cardiaque, ionogramme, électrocardiogramme — qui détermine l'urgence.
  • Une bradycardie, une hypotension, une hypokaliémie ou un amaigrissement rapide imposent une évaluation somatique urgente, quel que soit le score.
  • Il n'évalue ni les comorbidités psychiatriques — dépression, anxiété, idées suicidaires — ni le risque suicidaire, pourtant élevé dans ces troubles.

Questions fréquentes

Un score de 2 pose-t-il le diagnostic ?
Non, il déclenche l'évaluation. Le diagnostic repose sur un entretien approfondi, et l'urgence sur l'état somatique — bradycardie, hypotension, hypokaliémie, amaigrissement rapide — que le questionnaire n'explore pas.
Un score de 0 est-il rassurant ?
Pas toujours. La dissimulation fait partie du trouble, en particulier chez l'adolescent interrogé devant un parent. Un patient qui inquiète mérite un entretien seul à seul et une surveillance du poids.

Références

  1. Morgan JF, Reid F, Lacey JH. The SCOFF questionnaire: assessment of a new screening tool for eating disorders. BMJ. 1999. DOI 10.1136/bmj.319.7223.1467

Outils associés

1000 outils publiés sur cette plateforme. Cet outil est une aide à la pratique clinique et ne remplace pas le jugement du professionnel de santé.