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Trou anionique urinaire

Estimation indirecte de l'excrétion urinaire d'ammonium, pour distinguer les causes d'acidose métabolique hyperchlorémique.

Version 1.0.0 — revu le 28/08/2026
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Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.

À quoi sert cet outil ?

Devant une acidose métabolique à trou anionique plasmatique normal, la question est de savoir si le rein répond correctement en excrétant de l'ammonium — auquel cas la perte de bicarbonates est digestive — ou s'il est lui-même en cause. L'ammoniurie n'étant pas dosée en routine, le trou anionique urinaire l'estime indirectement et tranche cette question à moindre coût.

Comment est-il calculé ?

Le trou anionique urinaire est la somme du sodium et du potassium urinaires, diminuée du chlore urinaire. L'ammonium, cation non mesuré, s'accompagne de chlore : plus il est excrété, plus le chlore urinaire est élevé et plus le trou anionique devient négatif.

Interprétation

  • Trou négatif — réponse rénale conservée

    Trou anionique urinaire négatif. L'excrétion d'ammonium est abondante : le rein répond correctement à l'acidose. La perte de bicarbonates est donc extrarénale — diarrhée, fistule digestive, dérivation urinaire — et c'est cette cause qu'il faut traiter.

  • Trou proche de zéro

    Trou anionique urinaire nul. Le résultat n'oriente pas de façon décisive. Vérifier que le sodium urinaire dépasse 20 mmol/L, rechercher un anion non mesuré — cétonurie, toxique —, et compléter par le pH urinaire et la kaliémie.

  • Trou positif — réponse rénale insuffisante

    Trou anionique urinaire positif. L'excrétion d'ammonium est insuffisante : le rein ne répond pas à l'acidose. Évoquer une acidose tubulaire rénale et la typer par le pH urinaire et la kaliémie — distale de type 1, proximale de type 2, ou hyperkaliémique de type 4.

Quand l’utiliser ?

Devant une acidose métabolique hyperchlorémique, c'est-à-dire à trou anionique plasmatique normal, pour distinguer une cause rénale d'une cause digestive.

Limites

  • Le calcul n'a de sens que dans une acidose métabolique HYPERCHLORÉMIQUE : il n'apporte rien dans les acidoses à trou anionique plasmatique augmenté, comme l'acidocétose ou l'acidose lactique.
  • Il est faussé par la présence d'un anion non mesuré dans les urines : cétonurie, pénicillines à forte dose, toxiques, ou excrétion de bicarbonates.
  • Il n'est pas interprétable si le sodium urinaire est très bas, inférieur à environ 20 mmol/L, situation d'avidité sodée où l'excrétion d'ammonium n'est plus reflétée.
  • Il ne remplace pas la mesure du pH urinaire et de la kaliémie, indispensables pour typer une acidose tubulaire rénale.
  • Le résultat s'interprète à contresens de l'intuition : c'est un trou NÉGATIF qui traduit une réponse rénale NORMALE.

Questions fréquentes

Pourquoi un trou négatif est-il rassurant ?
Parce qu'il s'interprète à contresens de l'intuition. L'ammonium excrété s'accompagne de chlore : plus le rein répond, plus le chlore urinaire est élevé et plus le trou devient négatif. Un trou négatif signe donc une réponse rénale normale.
Quand ce calcul est-il inutile ?
Dans les acidoses à trou anionique PLASMATIQUE augmenté — acidocétose, acidose lactique, intoxications. Le trou anionique urinaire ne se calcule que devant une acidose hyperchlorémique.

Références

  1. Kraut JA, Madias NE. The urine anion gap: the key to the diagnosis of distal renal tubular acidosis. Nephron Physiology. 2012. DOI 10.1159/000341593

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