Aller au contenu principal
CliniOutils

Classification PEDIS (plaie du pied diabétique)

Description standardisée d'une plaie du pied diabétique selon cinq dimensions, dont le grade infectieux.

Version 1.0.0 — revu le 28/08/2026
Perfusion
Profondeur
Infection

Grade déterminant pour la décision d hospitalisation et l antibiothérapie.

Perte de la sensibilité protectrice

Monofilament de 10 g ou diapason.

4 champs restants

Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.

À quoi sert cet outil ?

Le pronostic d'une plaie du pied diabétique dépend moins de son aspect que de trois éléments souvent négligés : la perfusion artérielle, la profondeur réelle et le grade infectieux. La classification PEDIS impose de documenter les cinq dimensions, et son grade infectieux commande directement la décision d'hospitaliser et l'antibiothérapie.

Comment est-il calculé ?

Cinq dimensions forment l'acronyme : perfusion, étendue, profondeur, infection et sensibilité. Le grade infectieux, coté de 1 à 4, est celui qui conditionne la prise en charge : de la plaie non infectée à l'infection avec retentissement systémique.

Interprétation

  • Plaie simple

    Plaie superficielle, sans infection ni artériopathie significative. La DÉCHARGE est le traitement essentiel : sans elle, aucun pansement ne fera cicatriser. Soins locaux, éducation, chaussage adapté et réévaluation hebdomadaire.

  • Plaie à risque

    Infection superficielle, atteinte profonde ou artériopathie. Prélèvement profond après détersion, antibiothérapie adaptée, recherche d'un contact osseux au stylet et radiographie. Avis vasculaire si les pouls sont abolis, et décharge stricte.

  • Plaie sévère

    Infection profonde ou systémique, atteinte osseuse ou ischémie critique. Hospitalisation, avis chirurgical et vasculaire, imagerie osseuse, antibiothérapie parentérale et discussion d'une revascularisation. Attention : la neuropathie atténue les signes — une infection sévère peut être peu douloureuse et peu fébrile.

Quand l’utiliser ?

Devant toute plaie du pied chez un patient diabétique, à la première évaluation et à chaque réévaluation.

Limites

  • L'ARTÉRIOPATHIE est le déterminant pronostique majeur : une plaie ischémique ne cicatrisera pas sans revascularisation, quelle que soit l'antibiothérapie. Rechercher les pouls, mesurer l'index de pression systolique et demander un avis vasculaire.
  • Le contact osseux au stylet et une radiographie doivent être réalisés systématiquement : l'ostéite est fréquente, souvent méconnue, et change entièrement la durée du traitement.
  • Les signes inflammatoires sont ATTÉNUÉS par la neuropathie et l'artériopathie : une infection sévère peut se présenter sans douleur, sans fièvre et sans élévation franche de la protéine C-réactive.
  • La décharge de la plaie est le geste thérapeutique le plus efficace et le plus souvent omis : sans elle, aucun pansement ni antibiotique ne fait cicatriser un mal perforant plantaire.
  • Un prélèvement superficiel par écouvillon reflète la colonisation, non l'infection : le prélèvement profond après détersion est le seul valable.
  • La classification décrit, elle ne pronostique pas la cicatrisation ni le risque d'amputation, pour lesquels d'autres systèmes existent.

Questions fréquentes

Quel est le geste le plus efficace ?
La DÉCHARGE de la plaie. C'est le traitement le plus efficace et le plus souvent omis : sans elle, aucun pansement ni antibiotique ne fait cicatriser un mal perforant plantaire.
Comment prélever ?
En profondeur, après détersion. Un écouvillon superficiel reflète la colonisation et non l'infection : il conduit à traiter des germes qui ne sont pas en cause tout en manquant les vrais pathogènes.

Références

  1. Schaper NC, van Netten JJ, Apelqvist J, et al.. IWGDF Guidelines on the prevention and management of diabetes-related foot disease. Diabetes/Metabolism Research and Reviews. 2024. DOI 10.1002/dmrr.3657

Outils associés

1000 outils publiés sur cette plateforme. Cet outil est une aide à la pratique clinique et ne remplace pas le jugement du professionnel de santé.