Aller au contenu principal
CliniOutils

Index de pression systolique (index cheville-bras)

Dépistage et gradation de l'artériopathie oblitérante des membres inférieurs par le rapport des pressions systoliques cheville et bras.

Version 1.0.0 — revu le 26/08/2026
mmHg

Valeur la plus élevée entre tibiale postérieure et pédieuse, du côté examiné.

mmHg
mmHg

3 champs restants

Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.

À quoi sert cet outil ?

L'artériopathie oblitérante des membres inférieurs est le plus souvent asymptomatique, alors qu'elle marque un risque cardiovasculaire global majeur. L'index de pression systolique la dépiste au brassard, sans imagerie, et sa valeur pronostique dépasse le seul membre inférieur : un index abaissé prédit l'infarctus et l'accident vasculaire cérébral.

Comment est-il calculé ?

On mesure la pression systolique à la cheville, au Doppler continu, sur l'artère tibiale postérieure et sur la pédieuse, et la pression humérale aux deux bras. L'index est le rapport de la pression de cheville la plus élevée du côté examiné sur la pression humérale la plus élevée des deux bras. Le bras le plus élevé est retenu parce qu'une sténose sous-clavière abaisserait un côté et ferait surestimer l'index.

Interprétation

  • Artériopathie sévère

    Index inférieur à 0,50. Ischémie sévère : rechercher des douleurs de décubitus et des troubles trophiques, qui définiraient une ischémie critique. Avis vasculaire sans délai.

  • Artériopathie oblitérante confirmée

    Index inférieur ou égal à 0,90 : le diagnostic d'artériopathie est retenu. Contrôle des facteurs de risque, antiagrégant plaquettaire, statine et marche régulière sont indiqués, quel que soit le caractère symptomatique.

  • Index limite

    Index de 0,91 à 0,99. Zone d'incertitude : refaire la mesure, et la compléter par une épreuve de marche si la clinique est évocatrice.

  • Index normal

    Index de 1,00 à 1,40. Pas d'argument pour une artériopathie hémodynamiquement significative au repos. Un index normal n'exclut pas une lésion démasquée à l'effort.

  • Artères incompressibles

    Index supérieur à 1,40. Médiacalcose : l'index n'est pas interprétable et ne permet pas d'exclure une artériopathie. Recourir à l'index orteil-bras ou à la pression transcutanée en oxygène.

Quand l’utiliser ?

Devant une claudication intermittente, des troubles trophiques ou l'abolition d'un pouls, et en dépistage systématique chez le diabétique, le patient de plus de 65 ans, le fumeur, ou tout patient à haut risque cardiovasculaire.

Limites

  • Un index supérieur à 1,40 traduit une incompressibilité des artères par médiacalcose : il n'exclut pas l'artériopathie et impose un index orteil-bras ou une mesure de pression transcutanée en oxygène. Ce faux négatif est fréquent chez le diabétique, l'insuffisant rénal dialysé et le sujet très âgé.
  • Un index normal au repos n'exclut pas une artériopathie démasquée par l'effort : la mesure après épreuve de marche est plus sensible chez le claudicant.
  • La mesure est opérateur-dépendante : elle exige un Doppler continu, un brassard adapté et un patient allongé depuis au moins dix minutes.
  • L'index gradue la sévérité hémodynamique mais ne localise pas la lésion : il ne remplace pas l'écho-doppler artériel avant tout geste de revascularisation.

Questions fréquentes

Pourquoi prendre le bras dont la pression est la plus élevée ?
Parce qu'une sténose de l'artère sous-clavière abaisse la pression d'un seul côté. Retenir ce bras-là gonflerait artificiellement l'index et ferait manquer une artériopathie.
Un index supérieur à 1,40 est-il rassurant ?
Non, c'est l'inverse. Il traduit des artères rigides, incompressibles par le brassard, situation fréquente chez le diabétique et le dialysé. L'index perd toute valeur et doit être remplacé par un index orteil-bras.

Références

  1. Aboyans V, Criqui MH, Abraham P, et al.. Measurement and interpretation of the ankle-brachial index: a scientific statement from the American Heart Association. Circulation. 2012. DOI 10.1161/CIR.0b013e318276fbcb
  2. Aboyans V, Ricco JB, Bartelink MEL, et al.. 2017 ESC Guidelines on the Diagnosis and Treatment of Peripheral Arterial Diseases. European Heart Journal. 2018. DOI 10.1093/eurheartj/ehx095

Outils associés

1000 outils publiés sur cette plateforme. Cet outil est une aide à la pratique clinique et ne remplace pas le jugement du professionnel de santé.