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CliniOutils

Épicondylalgie latérale : orientation

Orientation devant une douleur de l'épicondyle latéral, et repérage de ce qui n'est pas une tendinopathie.

Version 1.0.0 — revu le 28/08/2026
Déficit sensitif ou moteur, paresthésies des doigts
Au moins deux infiltrations de corticoïdes déjà réalisées

Résultat moins bon à un an, récidives plus fréquentes.

Instabilité du coude, antécédent de luxation ou de chirurgie
Douleur cervicale associée, irradiation, limitation cervicale
Douleur à l’extension contrariée du poignet ou du majeur
Douleur de l'épicondyle latéral reproduite à la palpation
Perte de force de préhension, gêne pour les gestes quotidiens
Évolution depuis plus de six mois
Geste professionnel ou sportif répétitif en cause
Atteinte bilatérale

10 champs restants

Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.

À quoi sert cet outil ?

L'épicondylalgie latérale guérit spontanément dans la majorité des cas, mais lentement — sur douze à dix-huit mois — et cette lenteur pousse à des gestes qui aggravent le résultat à long terme, au premier rang desquels les infiltrations répétées de corticoïdes. L'autre enjeu est de ne pas confondre avec une compression nerveuse ou une cervicalgie projetée.

Comment est-il calculé ?

Les éléments typiques — douleur épicondylienne reproduite à la palpation et à l'extension contrariée, perte de force de préhension — sont confrontés à ce qui doit faire reconsidérer : signes neurologiques, douleur cervicale associée, instabilité du coude. Les infiltrations déjà répétées sont recueillies comme facteur pronostique défavorable.

Interprétation

  • Tendinopathie débutante

    Tableau récent et peu retentissant. Adapter le geste en cause sans immobiliser, débuter un renforcement progressif, et annoncer d'emblée le DÉLAI : l'évolution est favorable dans la majorité des cas mais s'étale sur douze à dix-huit mois. Cette annonce évite l'escalade thérapeutique.

  • Tendinopathie installée

    Retentissement fonctionnel ou évolution prolongée. Poursuivre le renforcement progressif et adapter le poste ou le geste sportif. Ne pas proposer d'INFILTRATION de corticoïdes comme solution : elle soulage à court terme et donne un résultat moins bon à un an.

  • Reconsidérer le diagnostic

    Signes neurologiques, douleur cervicale ou instabilité. Une PARESTHÉSIE oriente vers une compression du nerf interosseux postérieur ou une radiculopathie C6-C7. Examiner le rachis cervical, et demander électromyogramme ou imagerie selon le tableau : ce n'est plus une tendinopathie simple.

  • Avis spécialisé

    Forme chronique, infiltrations répétées et signes atypiques. Avis spécialisé pour reprendre le diagnostic depuis le début : les échecs prolongés tiennent plus souvent à un diagnostic inexact ou à une rééducation mal conduite qu'à une résistance réelle. Vérifier que le geste ou le poste en cause a été modifié.

Quand l’utiliser ?

Devant une douleur de la face externe du coude, chez un sportif comme dans un contexte professionnel.

Limites

  • Les INFILTRATIONS de corticoïdes soulagent à court terme mais donnent un résultat MOINS BON à un an que l'abstention ou la rééducation, avec un taux de récidive supérieur. Les répéter est délétère, et cette information doit être donnée avant de proposer le geste.
  • Des PARESTHÉSIES ou un déficit orientent vers une compression du nerf interosseux postérieur ou vers une radiculopathie cervicale C6-C7, non vers une tendinopathie. Examiner le cou fait partie de l'examen d'un coude douloureux.
  • L'évolution naturelle est FAVORABLE dans la majorité des cas, mais lente : douze à dix-huit mois. Annoncer ce délai dès le début évite l'escalade thérapeutique et l'abandon du programme de rééducation.
  • Le traitement de référence est le RENFORCEMENT progressif, notamment excentrique, associé à l'adaptation du geste en cause. L'immobilisation prolongée n'a pas sa place.
  • En contexte professionnel, traiter sans modifier le GESTE ou le poste expose à la récidive. L'analyse de l'activité réelle fait partie de la prise en charge, et une déclaration en maladie professionnelle peut être discutée.
  • Cet outil ne remplace ni l'examen clinique du coude et du rachis cervical, ni l'échographie ou l'électromyogramme quand ils sont indiqués.

Questions fréquentes

Faut-il infiltrer une épicondylalgie ?
L'infiltration de corticoïdes soulage à court terme mais donne un résultat moins bon à un an que l'abstention ou la rééducation, avec plus de récidives. Répéter les infiltrations est délétère.
Combien de temps dure une épicondylalgie ?
L'évolution naturelle est favorable dans la majorité des cas, mais lente : douze à dix-huit mois. Annoncer ce délai d'emblée évite l'escalade thérapeutique et l'abandon de la rééducation.

Références

  1. Vicenzino B, de Vos RJ, Alfredson H, et al.. ICON 2019 — International Scientific Tendinopathy Symposium Consensus: There are nine core health-related domains for tendinopathy. British Journal of Sports Medicine. 2020. DOI 10.1136/bjsports-2019-100894
  2. Coombes BK, Bisset L, Vicenzino B. Efficacy and safety of corticosteroid injections and other injections for management of tendinopathy: a systematic review of randomised controlled trials. The Lancet. 2010. DOI 10.1016/S0140-6736(10)61160-9

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