Épicondylalgie latérale : orientation
Orientation devant une douleur de l'épicondyle latéral, et repérage de ce qui n'est pas une tendinopathie.
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À quoi sert cet outil ?
L'épicondylalgie latérale guérit spontanément dans la majorité des cas, mais lentement — sur douze à dix-huit mois — et cette lenteur pousse à des gestes qui aggravent le résultat à long terme, au premier rang desquels les infiltrations répétées de corticoïdes. L'autre enjeu est de ne pas confondre avec une compression nerveuse ou une cervicalgie projetée.
Comment est-il calculé ?
Les éléments typiques — douleur épicondylienne reproduite à la palpation et à l'extension contrariée, perte de force de préhension — sont confrontés à ce qui doit faire reconsidérer : signes neurologiques, douleur cervicale associée, instabilité du coude. Les infiltrations déjà répétées sont recueillies comme facteur pronostique défavorable.
Interprétation
- Tendinopathie débutante
Tableau récent et peu retentissant. Adapter le geste en cause sans immobiliser, débuter un renforcement progressif, et annoncer d'emblée le DÉLAI : l'évolution est favorable dans la majorité des cas mais s'étale sur douze à dix-huit mois. Cette annonce évite l'escalade thérapeutique.
- Tendinopathie installée
Retentissement fonctionnel ou évolution prolongée. Poursuivre le renforcement progressif et adapter le poste ou le geste sportif. Ne pas proposer d'INFILTRATION de corticoïdes comme solution : elle soulage à court terme et donne un résultat moins bon à un an.
- Reconsidérer le diagnostic
Signes neurologiques, douleur cervicale ou instabilité. Une PARESTHÉSIE oriente vers une compression du nerf interosseux postérieur ou une radiculopathie C6-C7. Examiner le rachis cervical, et demander électromyogramme ou imagerie selon le tableau : ce n'est plus une tendinopathie simple.
- Avis spécialisé
Forme chronique, infiltrations répétées et signes atypiques. Avis spécialisé pour reprendre le diagnostic depuis le début : les échecs prolongés tiennent plus souvent à un diagnostic inexact ou à une rééducation mal conduite qu'à une résistance réelle. Vérifier que le geste ou le poste en cause a été modifié.
Quand l’utiliser ?
Devant une douleur de la face externe du coude, chez un sportif comme dans un contexte professionnel.
Limites
- Les INFILTRATIONS de corticoïdes soulagent à court terme mais donnent un résultat MOINS BON à un an que l'abstention ou la rééducation, avec un taux de récidive supérieur. Les répéter est délétère, et cette information doit être donnée avant de proposer le geste.
- Des PARESTHÉSIES ou un déficit orientent vers une compression du nerf interosseux postérieur ou vers une radiculopathie cervicale C6-C7, non vers une tendinopathie. Examiner le cou fait partie de l'examen d'un coude douloureux.
- L'évolution naturelle est FAVORABLE dans la majorité des cas, mais lente : douze à dix-huit mois. Annoncer ce délai dès le début évite l'escalade thérapeutique et l'abandon du programme de rééducation.
- Le traitement de référence est le RENFORCEMENT progressif, notamment excentrique, associé à l'adaptation du geste en cause. L'immobilisation prolongée n'a pas sa place.
- En contexte professionnel, traiter sans modifier le GESTE ou le poste expose à la récidive. L'analyse de l'activité réelle fait partie de la prise en charge, et une déclaration en maladie professionnelle peut être discutée.
- Cet outil ne remplace ni l'examen clinique du coude et du rachis cervical, ni l'échographie ou l'électromyogramme quand ils sont indiqués.
Questions fréquentes
- Faut-il infiltrer une épicondylalgie ?
- L'infiltration de corticoïdes soulage à court terme mais donne un résultat moins bon à un an que l'abstention ou la rééducation, avec plus de récidives. Répéter les infiltrations est délétère.
- Combien de temps dure une épicondylalgie ?
- L'évolution naturelle est favorable dans la majorité des cas, mais lente : douze à dix-huit mois. Annoncer ce délai d'emblée évite l'escalade thérapeutique et l'abandon de la rééducation.
Références
- Vicenzino B, de Vos RJ, Alfredson H, et al.. ICON 2019 — International Scientific Tendinopathy Symposium Consensus: There are nine core health-related domains for tendinopathy. British Journal of Sports Medicine. 2020. DOI 10.1136/bjsports-2019-100894
- Coombes BK, Bisset L, Vicenzino B. Efficacy and safety of corticosteroid injections and other injections for management of tendinopathy: a systematic review of randomised controlled trials. The Lancet. 2010. DOI 10.1016/S0140-6736(10)61160-9
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