Personne accompagnante en consultation : ce qu’elle change à l’entretien
Repérage de ce que la présence d'un tiers modifie dans la consultation : ce qui est dit, ce qui ne l'est plus, et la nécessité d'un temps seul avec la personne.
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À quoi sert cet outil ?
La présence d'un proche est souvent une aide : elle améliore la mémorisation des consignes et apporte des éléments que la personne n'aurait pas donnés. Elle a aussi un coût, rarement mesuré : certains sujets cessent d'être abordés, l'information finit par être adressée à l'accompagnant plutôt qu'à la personne, et une situation d'emprise ou de violence devient indétectable si aucun temps seul n'est ménagé. Le point de bascule n'est pas la présence elle-même mais l'absence de tout moment sans témoin, et l'usage d'un enfant comme traducteur.
Comment est-il calculé ?
La suspicion de violence ou d'emprise et l'absence de tout temps seul avec la personne basculent vers l'action immédiate. L'accompagnant qui répond à la place de la personne, l'accord non vérifié sur sa présence, l'information donnée à l'accompagnant seulement, le rôle non précisé et l'enfant utilisé comme traducteur élèvent le total. Une présence convenue avec un temps seul ménagé diminue le total.
Interprétation
- Présence convenue
Présence convenue et temps seul ménagé. Reposer la question de l'ACCORD à chaque consultation : il n'est pas acquis une fois pour toutes.
- Reprendre la divergence
Avis divergent entre la personne et le proche, non repris. La DIVERGENCE elle-même est une information clinique.
- Clarifier la place du tiers
Réponses à la place de la personne, accord non vérifié, information adressée au proche, rôle non précisé ou enfant traducteur. Le GLISSEMENT se produit sans qu'on le perçoive.
- À traiter d’abord
Violence ou emprise suspectée, ou aucun temps seul avec la personne. Sans temps SEUL, il n'existe aucun moyen de le savoir.
Quand l’utiliser ?
À chaque consultation où une personne est accompagnée, quel que soit le lien avec l'accompagnant.
Limites
- Un temps SEUL avec la personne, même bref, est la seule façon de savoir ce qu'elle dirait sans témoin ; sans lui, une situation d'emprise reste invisible.
- L'accompagnement a un bénéfice réel sur la MÉMORISATION des consignes : l'objectif n'est pas d'écarter le proche mais de nommer sa place.
- Le regard finit par se porter sur l'ACCOMPAGNANT quand il répond : c'est un glissement progressif et rarement perçu par le professionnel.
- Un ENFANT ne doit pas servir de traducteur : il ne peut ni tout dire ni tout entendre, et la fidélité de la traduction n'est pas vérifiable.
- L'ACCORD de la personne sur la présence du tiers se demande à elle, hors de la présence du tiers chaque fois que c'est possible.
- Cet outil ne dépiste aucune violence, n'établit aucune situation d'emprise et ne remplace ni l'entretien dédié ni les dispositifs de protection.
Questions fréquentes
- Faut-il faire sortir systématiquement l’accompagnant ?
- Non. Il s'agit de ménager un temps seul, même court, présenté comme une habitude du cabinet et non comme une suspicion visant le proche.
- Pourquoi ne pas faire traduire par un enfant de la famille ?
- Parce qu'il ne peut ni tout dire ni tout entendre, que la fidélité de la traduction n'est pas vérifiable, et que la charge qui pèse sur lui est durable.
Références
- Wolff JL, Roter DL. Family presence in routine medical visits: a meta-analytical review. Social Science & Medicine. 2011.
- Feldhaus KM, Koziol-McLain J, Amsbury HL, et al.. Accuracy of 3 brief screening questions for detecting partner violence in the emergency department. JAMA. 1997.
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