Critères de gravité de la prééclampsie
Repérage des signes de gravité d'une prééclampsie, qui imposent une hospitalisation et une naissance.
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À quoi sert cet outil ?
La prééclampsie reste une cause majeure de mortalité maternelle, et son évolution est imprévisible : une patiente peut passer d'une hypertension isolée à une éclampsie ou un HELLP syndrome en quelques heures. Ces critères identifient les formes sévères, chez qui la seule prise en charge curative est la NAISSANCE.
Comment est-il calculé ?
La prééclampsie associe une hypertension apparue après 20 semaines d'aménorrhée et une protéinurie, ou une atteinte d'organe. Les critères de gravité portent sur le niveau tensionnel, les signes neurologiques, l'atteinte hépatique, rénale et hématologique, et le retentissement fœtal.
Interprétation
- Prééclampsie sans critère de gravité
Aucun critère de gravité relevé. Surveillance rapprochée en milieu obstétrical : pression artérielle, protéinurie, bilan hépatique, plaquettes, surveillance fœtale. Informer la patiente des signes devant faire consulter en urgence — céphalées, troubles visuels, douleur épigastrique, diminution des mouvements fœtaux.
- Prééclampsie sévère
Critère de gravité présent : prééclampsie sévère. Hospitalisation en maternité adaptée au terme, traitement antihypertenseur, corticothérapie de maturation fœtale si le terme le justifie, et discussion de la NAISSANCE — seule prise en charge curative. Sulfate de magnésium devant tout signe neurologique.
- Complication constituée
Plusieurs critères, ou complication constituée — éclampsie, HELLP syndrome, œdème aigu du poumon. URGENCE vitale maternelle et fœtale : réanimation, sulfate de magnésium, contrôle tensionnel, et extraction fœtale sans délai. La surveillance se poursuit dans le POST-PARTUM : une éclampsie sur deux survient après l'accouchement.
Quand l’utiliser ?
Devant toute hypertension de la grossesse, une protéinurie, des céphalées, une douleur épigastrique ou des œdèmes d'apparition rapide au deuxième ou troisième trimestre.
Limites
- La BARRE ÉPIGASTRIQUE est le signe le plus trompeur et le plus grave : prise pour une indigestion ou un reflux, elle traduit une distension de la capsule hépatique et annonce le HELLP syndrome. Toute douleur épigastrique chez une femme enceinte impose une pression artérielle, une protéinurie et un bilan hépatique.
- Une prééclampsie peut survenir SANS protéinurie : l'atteinte d'un organe — hépatique, rénale, hématologique, neurologique — suffit au diagnostic depuis les définitions actuelles.
- Le risque persiste dans le POST-PARTUM, jusqu'à six semaines : une éclampsie sur deux survient après l'accouchement, et la surveillance ne s'arrête pas à la naissance.
- Le SULFATE DE MAGNÉSIUM prévient l'éclampsie et doit être administré devant les signes neurologiques, sans attendre la crise — c'est le traitement dont l'omission coûte le plus cher.
- Le traitement antihypertenseur protège la mère de l'accident vasculaire cérébral mais ne modifie pas l'évolution de la maladie : seule la NAISSANCE la guérit.
- Une baisse tensionnelle trop rapide ou trop profonde compromet la perfusion placentaire : l'objectif n'est pas la normalisation mais la mise à l'abri du risque vasculaire maternel.
Questions fréquentes
- Quel signe est le plus souvent méconnu ?
- La barre épigastrique. Prise pour une indigestion ou un reflux, elle traduit une distension de la capsule hépatique et annonce le HELLP syndrome. Toute douleur épigastrique chez une femme enceinte impose pression artérielle, protéinurie et bilan hépatique.
- Le risque cesse-t-il à la naissance ?
- Non. Une éclampsie sur deux survient dans le post-partum, et le risque persiste jusqu'à six semaines. La surveillance tensionnelle et clinique se poursuit après l'accouchement.
Références
- American College of Obstetricians and Gynecologists. Gestational Hypertension and Preeclampsia: ACOG Practice Bulletin. Obstetrics and Gynecology. 2020. DOI 10.1097/AOG.0000000000003891
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