Reconsultation pour le même symptôme : un signal à traiter comme tel
Repérage de ce qui doit changer lorsqu'une personne revient une nouvelle fois pour le même symptôme.
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À quoi sert cet outil ?
Le retour pour un motif déjà vu est l'un des signaux les plus utiles et les plus négligés. Il signifie que quelque chose n'a pas fonctionné : le diagnostic, le traitement, l'explication, ou la capacité de la personne à faire ce qui était prévu. Le réflexe fréquent — répéter la même démarche en augmentant la dose — est précisément ce qu'il faut éviter. Ce qui aide, c'est de reprendre l'histoire depuis le début plutôt que de relire ses propres notes, et de considérer que le nombre de retours pèse davantage que ce qui a été trouvé à chaque fois.
Comment est-il calculé ?
Le troisième recours pour le même motif et l'apparition d'un signe nouveau basculent vers l'action immédiate. L'histoire non reprise depuis le début, la même conduite répétée, l'échec du traitement non interrogé, l'absence de vérification de ce qui a réellement été fait et l'inquiétude de la personne non entendue élèvent le total. Une démarche reprise à neuf diminue le total.
Interprétation
- Démarche reprise
Histoire reprise à neuf et conduite modifiée. Prévoir explicitement le prochain RECOURS plutôt que de le laisser survenir.
- Rassembler le parcours
Consultations dispersées entre professionnels. Personne ne voit alors la RÉPÉTITION, qui est pourtant le signal principal.
- Changer de démarche
Histoire non reprise, même conduite répétée, échec non interrogé, prise non vérifiée ou inquiétude non entendue. Un traitement non PRIS n'a pas échoué.
- Reprendre d’emblée
Troisième recours pour le même motif, ou signe nouveau apparu. Le NOMBRE de retours pèse plus que chaque consultation isolée.
Quand l’utiliser ?
Dès le deuxième recours pour un même symptôme, quel que soit le professionnel consulté.
Limites
- Le NOMBRE de retours est en soi un argument : il pèse davantage que ce qui a été trouvé à chaque consultation prise isolément.
- Répéter la même conduite en augmentant la DOSE est le réflexe à éviter : l'échec du traitement est une information diagnostique.
- Reprendre l'histoire depuis le DÉBUT vaut mieux que relire ses propres notes : la première version oriente les suivantes.
- Vérifier ce qui a été RÉELLEMENT fait est indispensable : un traitement non pris, mal pris ou non délivré n'a pas échoué.
- L'INQUIÉTUDE persistante de la personne ou de l'entourage, malgré des consultations rassurantes, est un argument à part entière.
- Cet outil ne concerne aucune maladie en particulier, ne pose aucun diagnostic et ne remplace ni l'examen ni les explorations.
Questions fréquentes
- Que faire au troisième recours ?
- Reprendre l'histoire depuis le début plutôt que relire ses notes, et changer de conduite : répéter la même démarche est le réflexe à éviter.
- Un traitement inefficace signifie-t-il que le diagnostic est faux ?
- Pas nécessairement : il faut d'abord vérifier qu'il a été réellement pris. Un traitement non pris ou non délivré n'a pas échoué.
Références
- Heneghan C, Glasziou P, Thompson M, et al.. Diagnostic strategies used in primary care. BMJ. 2009.
- Singh H, Meyer AND, Thomas EJ. The frequency of diagnostic errors in outpatient care: estimations from three large observational studies. BMJ Quality & Safety. 2014.
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