Traitement de substitution aux opiacés
Repères pour l'instauration d'un traitement de substitution aux opiacés et le repérage des situations à risque.
8 champs restants
Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.
À quoi sert cet outil ?
Les traitements de substitution réduisent massivement la mortalité par surdose et la transmission virale : leur bénéfice est l'un des mieux établis en addictologie. Deux moments concentrent le risque — l'INDUCTION, où un sevrage précipité ou une surdose peuvent survenir, et la REPRISE après une période d'abstinence, où la tolérance a chuté.
Comment est-il calculé ?
Les éléments recherchés portent sur l'existence d'une dépendance avérée, le stade de sevrage au moment de l'induction, les co-consommations qui majorent le risque respiratoire, et les situations de vulnérabilité — sortie d'incarcération, sortie d'hospitalisation, reprise après abstinence.
Interprétation
- Cadre favorable
Sevrage installé, naloxone prescrite, pas de co-consommation majeure : l'induction peut être conduite dans de bonnes conditions. Ne pas sous-doser — le SOUS-DOSAGE entretient le manque et le recours aux produits, et c'est la première cause d'échec. Associer dépistage des hépatites et du VIH, vaccination et accompagnement social.
- Vigilance requise
Éléments de vulnérabilité. Renforcer l'accompagnement, aborder explicitement et sans jugement les co-consommations, et PRESCRIRE LA NALOXONE à domicile avec éducation du patient et de l'entourage — sa prescription réduit la mortalité par surdose et reste trop rare.
- Situation à risque de surdose
Reprise après abstinence, co-consommation de benzodiazépines ou d'alcool, ou induction sans sevrage installé. Ce sont les situations les plus mortelles : la TOLÉRANCE chute après une période d'abstinence, et l'association aux dépresseurs respiratoires est la principale cause de décès sous traitement. Reprendre à dose RÉDUITE, prescrire la naloxone, et rapprocher le suivi. La buprénorphine administrée sans sevrage installé provoque un sevrage précipité.
Quand l’utiliser ?
À l'instauration d'un traitement de substitution, et lors de toute réévaluation d'un patient substitué.
Limites
- La buprénorphine, agoniste PARTIEL, provoque un SEVRAGE PRÉCIPITÉ si elle est administrée trop tôt après la dernière prise d'opiacé : l'induction exige un sevrage déjà installé, objectivé par un score de sevrage.
- La REPRISE après une période d'abstinence — sortie d'incarcération, d'hospitalisation, de sevrage — est la situation la plus mortelle : la TOLÉRANCE a chuté, et la dose antérieure devient une surdose.
- L'association aux BENZODIAZÉPINES et à l'alcool est la principale cause de décès sous traitement de substitution : elle doit être recherchée et abordée explicitement, sans jugement.
- La NALOXONE à domicile, remise au patient et à son entourage avec une éducation à son usage, réduit la mortalité par surdose : sa prescription est trop rare.
- Un traitement de substitution ne se limite pas à l'ordonnance : l'accompagnement, le dépistage des hépatites et du VIH, la vaccination et la prise en charge sociale en font partie.
- Une dose insuffisante entretient le manque et le recours aux produits : le sous-dosage est plus fréquent que le surdosage, et il est la première cause d'échec.
Questions fréquentes
- Quelle est la situation la plus mortelle ?
- La reprise après une période d'abstinence — sortie d'incarcération, d'hospitalisation, de sevrage. La tolérance a chuté, et la dose antérieurement supportée devient une surdose mortelle.
- Pourquoi prescrire de la naloxone à domicile ?
- Parce qu'elle réduit la mortalité par surdose lorsqu'elle est remise au patient et à son entourage avec une éducation à son usage. Sa prescription reste trop rare, alors que le bénéfice est direct.
Références
- Organisation mondiale de la santé. Guidelines for the psychosocially assisted pharmacological treatment of opioid dependence. OMS, Genève. 2009.
Outils associés
Score COWS (sevrage aux opiacés)
Sévérité du syndrome de sevrage aux opiacés sur onze signes cliniques, pour guider le moment de l'induction par buprénorphine.
Reconnaissance du surdosage en opioïdes
Reconnaissance d'un surdosage en opioïdes et repères pour l'antagonisation par la naloxone.
Continuité des soins en détention et à la sortie
Repérage des ruptures de traitement à l'entrée en détention et, surtout, à la sortie, période de surrisque documenté.
Antalgiques opioïdes : repérage du mésusage
Repérage d'un mésusage d'antalgiques opioïdes prescrits et des situations imposant une réévaluation.
Prévention de la rechute : situations à risque
Repérage des situations exposant à la rechute et au surdosage au décours d'une prise en charge addictologique.
Réduction des risques et des dommages
Repérage des besoins en réduction des risques chez l'usager de drogues, indépendamment de tout projet d'arrêt.
1000 outils publiés sur cette plateforme. Cet outil est une aide à la pratique clinique et ne remplace pas le jugement du professionnel de santé.