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Facteur R (type d'atteinte hépatique)

Caractérisation d'une anomalie du bilan hépatique en atteinte cytolytique, cholestatique ou mixte.

Version 1.0.0 — revu le 28/08/2026
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À quoi sert cet outil ?

Devant un bilan hépatique perturbé, la première question n'est pas la cause mais le TYPE d'atteinte : cytolyse et cholestase n'appellent ni les mêmes hypothèses ni les mêmes examens. Le facteur R répond à cette question par un rapport simple, et c'est lui qui classe les hépatites médicamenteuses dans la littérature et les recommandations.

Comment est-il calculé ?

Le facteur R est le rapport de l'alanine aminotransférase exprimée en multiples de la limite supérieure de la normale, sur les phosphatases alcalines exprimées de la même façon. Un rapport supérieur ou égal à 5 définit une atteinte cytolytique, un rapport inférieur ou égal à 2 une atteinte cholestatique, et l'intervalle une atteinte mixte.

Interprétation

  • Atteinte cholestatique

    Facteur R inférieur ou égal à 2. L'atteinte est cholestatique. Rechercher d'abord un obstacle par échographie des voies biliaires, puis une cause médicamenteuse, une cholangite biliaire primitive ou une cholangite sclérosante. L'imagerie prime sur la biologie à ce stade.

  • Atteinte mixte

    Facteur R entre 2 et 5. L'atteinte est mixte. Ce profil est fréquent dans les hépatites médicamenteuses : reprendre l'historique complet des prises, y compris automédication, phytothérapie et compléments alimentaires, dont le rôle est souvent négligé.

  • Atteinte cytolytique

    Facteur R supérieur ou égal à 5. L'atteinte est cytolytique. Rechercher une hépatite virale, une cause médicamenteuse ou toxique, une hépatite auto-immune, une atteinte ischémique ou métabolique. Vérifier sans délai le taux de prothrombine et la bilirubine : c'est là que se joue le pronostic.

Quand l’utiliser ?

Devant toute perturbation du bilan hépatique, en particulier lorsqu'une origine médicamenteuse ou toxique est suspectée.

Limites

  • Le facteur R doit être calculé sur le bilan INITIAL : le profil évolue au fil du temps, et un calcul tardif reclasse à tort l'atteinte.
  • Les limites supérieures de la normale varient d'un laboratoire à l'autre : utiliser celles du compte rendu, non des valeurs mémorisées.
  • Les phosphatases alcalines sont d'origine osseuse chez l'enfant, l'adolescent et la femme enceinte : le rapport y est faussé et doit être confronté aux gamma-glutamyl-transférases.
  • Le facteur R caractérise le TYPE d'atteinte, jamais sa cause ni sa gravité : c'est le taux de prothrombine et la bilirubine qui portent le pronostic.
  • Une bilirubine élevée avec un taux de prothrombine abaissé signe une insuffisance hépatocellulaire et impose un avis spécialisé urgent, quel que soit le facteur R.

Questions fréquentes

À quel moment calculer le facteur R ?
Sur le bilan INITIAL, celui qui a révélé l'anomalie. Le profil évolue au fil du temps : une atteinte cytolytique qui se prolonge se cholestatise, et un calcul tardif reclasse à tort l'atteinte.
Le facteur R renseigne-t-il sur la gravité ?
Non. Il ne dit que le TYPE d'atteinte. La gravité se lit sur le taux de prothrombine et la bilirubine : leur altération conjointe signe une insuffisance hépatocellulaire et impose un avis spécialisé urgent.

Références

  1. Bénichou C. Criteria of drug-induced liver disorders. Report of an international consensus meeting. Journal of Hepatology. 1990. DOI 10.1016/0168-8278(90)90124-a

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