Indice de performance ECOG (OMS)
Cotation de l'état général en six niveaux, de l'activité normale au décès, référence des essais cliniques en oncologie.
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À quoi sert cet outil ?
L'état général pèse souvent plus lourd que le stade tumoral dans la décision thérapeutique et dans le pronostic. L'indice ECOG le résume en un chiffre de 0 à 5, langage commun des réunions de concertation pluridisciplinaire et critère d'inclusion de la quasi-totalité des essais cliniques.
Comment est-il calculé ?
Six niveaux décrivent une dégradation continue de l'autonomie. Le niveau 0 correspond à une activité normale sans restriction ; le niveau 1 à une limitation pour les efforts physiques mais une autonomie complète ; le niveau 2 à une incapacité de travailler avec un alitement de moins de la moitié de la journée ; le niveau 3 à un alitement de plus de la moitié de la journée ; le niveau 4 à un alitement permanent ; le niveau 5 au décès.
Interprétation
- État général conservé
Indice 0 ou 1. Activité normale ou peu limitée. Les traitements spécifiques, y compris les protocoles intensifs et l'inclusion dans un essai clinique, sont envisageables sur ce critère.
- État général altéré
Indice 2. Charnière décisionnelle : la plupart des essais cliniques excluent ce niveau, et la tolérance des chimiothérapies intensives est nettement moins bonne. Discuter un protocole adapté et renforcer les soins de support.
- État général très altéré
Indice 3 ou 4. Autonomie très réduite. Les traitements spécifiques apportent rarement un bénéfice à ce niveau : privilégier les soins de support et rediscuter le projet de soins avec le patient et ses proches.
Quand l’utiliser ?
À l'évaluation initiale de tout patient atteint de cancer, avant chaque décision de traitement spécifique, lors de l'inclusion dans un essai et dans le suivi pour objectiver une dégradation.
Limites
- La cotation est subjective et sa reproductibilité entre observateurs est modérée, en particulier entre les niveaux 1 et 2, qui séparent pourtant les patients éligibles à un traitement intensif de ceux qui ne le sont pas.
- Le patient et le soignant cotent souvent différemment, le soignant ayant tendance à sous-estimer les capacités.
- L'indice ne distingue pas la limitation due au cancer de celle due aux comorbidités, à l'arthrose ou à une pathologie respiratoire.
- Chez le sujet âgé, il ne remplace pas une évaluation gériatrique standardisée, qui prédit bien mieux la tolérance des traitements.
- Il ne mesure ni la qualité de vie, ni les symptômes : un patient coté 1 peut avoir des douleurs mal contrôlées.
Questions fréquentes
- Quelle correspondance avec l indice de Karnofsky ?
- Approximativement : ECOG 0 correspond à 90-100 %, ECOG 1 à 70-80 %, ECOG 2 à 50-60 %, ECOG 3 à 30-40 %, ECOG 4 à 10-20 %. La correspondance n'est qu'indicative, les deux échelles ne mesurant pas exactement la même chose.
- Pourquoi le niveau 2 est-il si important ?
- Parce qu'il sépare les patients éligibles aux traitements intensifs de ceux qui ne le sont pas. C'est aussi le niveau où la reproductibilité entre observateurs est la plus faible, ce qui en fait le point le plus délicat de l'échelle.
Références
- Oken MM, Creech RH, Tormey DC, et al.. Toxicity and response criteria of the Eastern Cooperative Oncology Group. American Journal of Clinical Oncology. 1982. PMID 7165009
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