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CliniOutils

Épistaxis : gravité et conduite

Gradation d'une épistaxis et repérage des formes postérieures ou graves.

Version 1.0.0 — revu le 28/08/2026
Écoulement pharyngé malgré un tamponnement antérieur bien posé

Signe une épistaxis POSTÉRIEURE.

Saignement abondant ou prolongé au-delà de 20 minutes
Pâleur, malaise, tachycardie ou hypotension
Traitement anticoagulant ou antiagrégant
Trouble de l hémostase connu
Épistaxis unilatérale récidivante avec obstruction nasale

Faire chercher une tumeur, ou un fibrome chez l adolescent.

Traumatisme facial ou chirurgie nasale récente

7 champs restants

Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.

À quoi sert cet outil ?

La grande majorité des épistaxis s'arrête par une compression bidigitale correctement faite — dix minutes, sans relâcher, tête penchée en AVANT. Le premier problème est que le geste est mal expliqué ; le second, qu'une épistaxis postérieure est prise pour une épistaxis antérieure et traitée par un tamponnement qui ne l'atteint pas.

Comment est-il calculé ?

Les éléments recherchés distinguent l'épistaxis antérieure bénigne — la plus fréquente, issue de la tache vasculaire — de la forme postérieure, qui s'écoule dans le pharynx, résiste au tamponnement antérieur et survient sur un terrain vasculaire. La tolérance et les traitements en cours pondèrent la gravité.

Interprétation

  • Épistaxis bénigne

    Épistaxis antérieure bien tolérée. COMPRESSION BIDIGITALE dix minutes sans relâcher, tête penchée en AVANT — non en arrière, qui fait déglutir le sang. Mouchage préalable pour évacuer les caillots. Conseils de prévention : humidification, éviction du grattage, arrêt des vasoconstricteurs locaux prolongés.

  • Épistaxis nécessitant un geste

    Saignement persistant ou terrain à risque. Tamponnement antérieur, contrôle de la pression artérielle, bilan d'hémostase si le contexte le justifie. Rappel : une épistaxis n'est presque jamais expliquée par la seule hypertension — chercher un anticoagulant, un antiagrégant ou une cause locale.

  • Épistaxis postérieure ou mal tolérée

    Écoulement pharyngé ou mauvaise tolérance. Une épistaxis POSTÉRIEURE relève d'un tamponnement postérieur ou d'un geste spécialisé — un nouveau tamponnement antérieur n'atteint pas la source. Avis ORL, voie veineuse, numération et bilan d'hémostase. L'abondance est sous-estimée quand le sang est dégluti.

  • Épistaxis grave

    Retentissement hémodynamique ou terrain hémorragique. Prise en charge en urgence : remplissage, groupage, correction de l'hémostase, avis ORL immédiat, et discussion d'une embolisation ou d'une ligature artérielle. Une épistaxis unilatérale récidivante avec obstruction impose en outre une exploration à la recherche d'une tumeur.

Quand l’utiliser ?

Devant tout saignement de nez, dès le premier contact.

Limites

  • La COMPRESSION BIDIGITALE doit durer dix minutes sans relâcher, tête penchée en AVANT — non en arrière, qui fait déglutir le sang et masque l'abondance. Ce geste, correctement fait, suffit dans la grande majorité des cas.
  • Un écoulement dans le PHARYNX malgré un tamponnement antérieur bien posé signe une épistaxis POSTÉRIEURE : elle relève d'un tamponnement postérieur ou d'un geste spécialisé, non d'un nouveau tamponnement antérieur.
  • L'abondance est SOUS-ESTIMÉE lorsque le sang est dégluti : nausées, vomissements de sang noirâtre et malaise doivent alerter, en particulier chez la personne âgée.
  • Une épistaxis UNILATÉRALE récidivante chez l'adulte, surtout avec obstruction nasale, doit faire chercher une tumeur ; chez l'adolescent de sexe masculin, un fibrome nasopharyngien.
  • Un tamponnement laissé en place expose à l'infection et aux complications : sa durée doit être limitée et le patient réévalué. Un tamponnement bilatéral peut provoquer des apnées chez le sujet âgé.
  • Une épistaxis n'est presque jamais expliquée par la seule hypertension : chercher un traitement anticoagulant ou antiagrégant, un trouble de l'hémostase, une cause locale.

Questions fréquentes

Faut-il pencher la tête en arrière ?
Non, en AVANT. Pencher la tête en arrière fait déglutir le sang : cela masque l'abondance réelle, provoque des nausées et des vomissements, et donne l'illusion que le saignement s'est arrêté.
Comment reconnaître une épistaxis postérieure ?
Par l'écoulement dans le pharynx malgré un tamponnement antérieur bien posé. Elle relève d'un tamponnement postérieur ou d'un geste spécialisé : refaire un tamponnement antérieur n'atteint pas la source.

Références

  1. Tunkel DE, Anne S, Payne SC, et al.. Clinical Practice Guideline: Nosebleed (Epistaxis). Otolaryngology–Head and Neck Surgery. 2020. DOI 10.1177/0194599819890327

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